DEFAUTS DU VERRE
ment obligé de l'argile et on rencontre quelquefois des pierres qui ne contiennent que du silicate d’alumine déshydraté sur l’origine duquel il n’y a aucun doute à avoir.
Ce cas se rencontre surtout dans les défauts sous forme de grains que l'on trouve dans le cristal ou le demi-cristal, le quartz devant être exclu des terres servant à faire les creusets dans lesquels on les fond ; ceux-ci se perceraient rapidement en effet par suite de l’attaque que ferait l’oxyde de plomb qui entre dans la composition.
La présence du quartz à l’état de grains non dissous dans le verre amène d’une façon infaillible la fêlure d'abord et la rupture ultérieure de la pièce dans laquelle il est incorporé.
Quand il est allié à de l'argile ou quand l’argile est seule, la rupture de la pièce est moins certaine, le coefficient de dilatation de l’argile ôtant sensiblement le même que celui du verre.
Ce dernier défaut est celui qu’on rencontre le plus fréquemment dans les fours à bassins employés presque exclusivement pour la fabrication des verres à vitres et des bouteilles ; il provient de l’attaque des parois à la hauteur de la flottaison.
Si ce sont des corps cristallisés auxquels on a affaire, leur composition chimique dépend essentiellement de celle du verre lui-même.
Quand le verre est entièrement sodique et calcique, c’est de la wollastonite qui se produit.
Quand le verre est magnésien et ferrugineux, c’est un pyroxène magnésien de la formule du diopside qui se forme.
Si le verre contient de l’alumine en même temps que de la potasse, de l’oxvde de fer et de la magnésie, c’est de la mélilite à la variété artificielle de laquelle on donne le nom de Humboldtilite.
Enfin, dans certains cas particuliers plus rares, on voit se développer des cristaux de feldspaths, de la variété connue sous le nom d’oligoclase et de labrador.
Dans tous les cas, surtout en même temps que la humboldtilite, on voit se produire un minéral réfringent et très biréfringent en longues aiguilles prismatiques très étroites dont la détermination minéralogique n’a pu encore être faite rigoureusement .
Parmi les minéraux précités, la wollastonite est celui que l’on rencontre le plus communément dans les verres. C’est un bisilicate de chaux (CaO, SiO*) appartenant à la famille des pyroxènes ; elle cristallise dans le système monoclinique, les cristaux sont allongés parallèlement à l’orthodiagonale ; dans les verres, elle forme de longues aiguilles pris-
matiques très étroites qui ont quelquefois plusieurs centimètres de longueur, mais dont la largeur dépasse rarement 0,005 m et l’épaisseur 0,001 m ; elle est incolore et transparente, cependant elle se distingue déjà en lumière naturelle au microscope à cause de sa réfringence voisine de 1,63 et très légèrement supérieure à celle du verre ambiant.
Quand on l’observe en lumière polarisée, parallèle, entre les niçois croisés, on constate les faits suivants :
Les sections longitudinales polarisent dans les teintes qui varient du bleu grisâtre au jaune pâle ; toutes s’éteignent rigoureusement en long; le signe d’allongement n’est pas constant, la plupart de ces sections présentent un allongement de signe positif, les autres qui sont en général les moins brillantes ont un allongement de signe négatif.
Les sections transversales sont courtes et très étroites, tout en demeurant encore légèrement allongées.
Entre les niçois croisés, elles se colorent de teintes d’un rose violacé, elles s’éteignent obliquement sous des angles dont nous donnons ci-après la valeur.
Ces propriétés suffisent pour montrer que, comme la wollastonite naturelle, les cristaux en question appartiennent au système monoclinique et que le plan des axes optiques est perpendiculaire à la direction d’allongement.
Les observations en lumière convergente confirment ces données de l’observation en lumière parallèle : on s’assure, en effet, que le plan des axes optiques est parallèle aux sections transversales, que la bissectrice aiguë est assez rapprochée de la normale aux sections longitudinales dont l’allongement est de signe négatif et la bissectrice obtuse peu éloignée de la normale aux sections longitudinales dont l’allongement est de signe positif; dans les deux cas on observe, d’ailleurs, des images symétriques par rapport à la direction d’allongement ; on constate en même temps que la bissectrice est négative et que l’écartement des axes est d’environ de 40 degrés.
Un essai chimique confirme encore la détermination des cristaux en question, comme wollastonite.
En effet, si, après avoir découvert une préparation et l’avoir nettoyée à la benzine, on la laisse séjourner vingt-quatre heures à froid dans l’acide chlorhydrique, on s’assure aisément que les cristaux sont attaqués, tandis que le verre ambiant est inaltéré.
La préparation lavée à l’eau distillée donne un liquide où l’oxalate d’ammoniaque décèle la présence de la chaux, et la préparation elle-