‹ La verrerie depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos joursChapitre 46 sur 66 · VERRE DÉPOLI— VERRE MOUSSELINE · texte numérisé non relu

VERRE DÉPOLI— VERRE MOUSSELINE

Dans un précédent article (page 65), nous avons parlé des vitres qui, au moyen de canelures, laissent entrer le jour à l'intérieur, sans permettre de voir de l'extérieur ce qui s'y passe. Tout en reconnaissant les services que ce genre de vitres peut rendre, il faut cependant reconnaître qu'il est loin de répondre à l'élégance tant recherchée de nos jours. On chercha, et on lui substitua le verre dépoli, qu'on obtient en frottant un verre ordinaire avec du grès en poudre très-fine humectée au moyen d'un morceau de tôle. Le pas, certes, était déjà important, mais le blanc laiteux et terne du verre dépoli faisant tache, car il n'harmonisait presque jamais soit avec le papier, soit avec les tentures de l'appartement, on chercha encore et on finit par employer la peinture à l'émail qui présente toutes les ressources artistiques , puisqu'il permet de représenter des arabesques, des bouquets, des fleurs, des oiseaux, etc., etc.

Ne pouvant trouver un guide plus sûr et meilleur que

M. Bontemps, nous allons encore puiser dans son excellent Guide du verrier.

« L'opération la plus simple est celle qui consiste à revêtir la surface du verre d'une couche d'émail, qui, comme ou sait, est le produit d'un cristal blanc ou coloré, broyé aussi fin que possible. Quand on a obtenu cette poudre impalpable, on la délaye soit à l'eau, soit à l'essence. Si on ne veut produire qu'une teinte très-légère, on ne met sur le verre qu'une couche d'émail à l'eau (cette eau doit toujours être légèrement gommée). Si on veut une plus grande opacité, on pose une première couche à l'eau; puis, quand elle est sèche, on pose une seconde couche d'émail délayée à l'essence. Si on veut des feuilles unies, il n'y a plus qu'à les passer au feu du moufle ou au four. Nous devons dire comment on couche sur le verre la poudre d'émail, soit à l'eau, soit à l'essence. On se sert, à cet effet, d'une brosse plate molle, d'environ 0m,12 de largeur, avec laquelle on prend l'émail à consistance très-liquide, et on barbouille la feuille en long et en large, puis aussitôt, prenant une autre brosse sèche de môme forme, on la promène régulièrement sur toute la surface de la feuille, en large d'abord, puis eu long; cette deuxième brosse laisse la trace de son passage, mais déjà l'émail est réparti plus également; on fait la même opération avec une troisième brosse sèche semblable, et enfin, la même manœuvre ayant été faite avec une quatrième brosse, l'émail se trouve non-seulement réparti très-également, mais on ne voit pas trace du passage de la brosse. Quelquefois, pour un douci plus parfait encore, on fait passer de nouveau une brosse de même forme très-douce en blaireau.

« Si, au lieu d'une couche unie, on veut réserver sur cette couche d'émail un dessin transparent, c'est-à-dire

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