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FOURS CHAUFFÉS PAR LE GAZ NATUREL

L'époque n'est pas éloignée où dans certains pays le chauffage au charbon, au gaz, sera remplacé par les huiles ou essences de pétrole, parles gaz naturels même ; c'est ce qui a lieu actuellement à Pittsbourg, à 1 50 kilomètres environ de New- York, où toutes les industries implantées en ce pays, et elles sont fort nombreuses, emploient ce moyen de chauffage.

Le gaz naturel de Pittsbourg a réduit de moitié la consommation du charbon dans cette ville, et il est probable qu'il le remplacera tout à fait dans l'avenir. On s'en sert aujourd'hui dans les fabriques principales, dans les hôtels, dans les établissements publics, et son emploi se généralise, même dans les résidences particulières. Comme il ne résulte de l'emploi de ces gaz ni poussière, ni noir de fumée, la proportion de suie dans l'atmosphère est déjà réduite de 50 %, et elle diminue de moins en moins. Mais il n'y a pas seulement progrès sous le rapport du bien être et de la propreté ; il y en a sous le rapport de l'économie.

Un des directeurs des verreries de Pittsbourg déclare que, par l'emploi du gaz comme combustible, au lieu du charbon, il obtient une économie considérable. Une partie de cette économie résulte de la nature du combustible; une autre consiste dans le fait que le gaz ne laisse pas d'escarbilles, et que l'enlèvement des cendres ou escarbilles, ainsi que leur transport, coûte, avec le chauffage au charbon, de 3 à 4.000 dollars par an. Il y a encore une autre économie dans le travail : le four dans lequel on brûle du charbon exige deux hommes occupés au chargement, à 17 dollars par semaine chacun; le four à gaz n'en demande pas un ; il n'y a pas besoin d'entretenir le feu, ni de remuer le combustible. Enfin, l'économie la plus grande et la plus importante, réside dans la durée des fours. Le four à glaces, demandant une chaleur d'environ 1.600 à 1.800° s'use assez rapidement en brûlant du charbon, tandis qu'avec le gaz pour combustible; sa durée est notablement augmentée.

Fiff. 51.

Sans exagérer les avantages à tirer de l'emploi du gaz naturel , en réalité, il ne peut y avoir de doute sur les faits. Le seul point incertain, c'est la durée d'écoulement ou de production du gaz. Quelques personnes prétendant que ce ne sera qu'une affaire temporaire, mais ce

sont les mêmes personnes probablement qui prétendaient que le pétrole ne durerait pas ; si le gaz naturel tient les pro- . messes faites en son nom, il sera la cause d'une révolution sérieuse dans les manufactures, et surtout dans les contrées où on le trouve à l'état naturel, le gaz y est beaucoup plus répandu, plus universel qu'on ne le pensait.

Ainsi la fig. 51 montre un four à verre chauffé par le gaz naturel (ce gaz contient des hydrocarbures, de la paraffine). Le gaz entre par un tuyau de 0,025 a\ ce tuyau est perforé à l'extrémité placée à l'intérieur du four. L'air entre en b par un espace ouvert au bout du tuyau, et dont on régularise l'entrée en augmentant ou diminuant la section. Les gaz en excès ou brûlés sortent par les ouvertures c7 et se rendent ensuite à la cheminée d'appel en passant par la porte d. La grille des anciens fours est ici un bâti de briques. On peut, dans les fours transformés, laisser la grille, mais on la couvre d'une série de briques, de façon que l'air soit appelé en même temps par des ouvertures parallèles, afin de permettre la combustion.

Voici le four (fig. 52) employé dans certaines verreries de Pittsburg, et qui est un perfectionnement de celui décrit ci-dessus. Le gaz arrive dans le tube a, de 0m,055 à 0m,060 de diamètre, qui s'étend le long des deux parois du four ; de ce tube s'en détachent d'autres d'un diamètre plus faible (environ 0m,01), par lesquels le gaz entre dans le four par

les fentes b pratiquées dans le siège du four. L'air entre en c, monte par les canaux d et pénètre dans le four au-dessus des arrivées de gaz en e\ c'est là le point de combustion d'où la flamme pénètre dans le four. Les produits de la combustion s'échappent, par les ouvertures /V dans les cheminées d'appel. Une quantité déterminée d'air est introduite par la porte g pendant l'opération de l'affinage afin d'aider à l'obtention d'une haute température; cet air est donc introduit dans le four d'une façon facultative. / ~~~~

Il nous est impossible de déterminer ce qui a trait au chauffage des tours de fusion par le gaz naturel, sans parler de deux autres appareils employés avec succès dans les verreries et cristalleries d'Amérique. Cette description complète ce que nous avons dit au sujet des fours de fusion, et place cette question au niveau des progrès les plus récemment réalisés en verrie pour le chauffage des fours.

La figure 53 représente le four Atterburg, employé en cristallerie, et qui peut être aussi employé en verrerie.

Fig. 52.

Fig. 53.

Ce brûleur perfectionné consiste en un capuchon a construit en briques réfractaires. Il est de forme conique et d'environ 10 pouces de diamètre; il est fixé dans sa position par un barreau b en fer d'environ 1/4 de pouce de diamètre, qui passe le long du tube c. Ce capuchon peut varier dans le sens de sa position verticale.

Le but de ce capuchon, c'est la réfraction du gaz tandis qu'il s'échappe du tube c. Ainsi, il s'étend et se mélange plus intimement avec l'air, et par là augmente la combustion. Le tube c à gaz a 3 pouces de diamètre; il s'ouvre à la partie supérieure dans toute sa dimension, le barreau tige qui supporte le capuchon passant au travers. Le capuchon protège aussi lacouronne d qui sans lui serait vite détériorée, si on permettait au gaz d'arriver directement entre elle en s'échappant du tube c.

L'air entre par un certain nombre d'ouvertures étroites g dans le mur, au niveau du sol; on en régularise l'arrivée et le débit en les fermant avec des briques. Les gaz perdus s'échappent par les ouvertures jusqu'aux conduits /'et vont delà à la cheminée ; il suffit d'environ 10 onces de pression pour ce four.

Le four représenté par la figure 54 est dû à M. Joseph Anderson; il est employé à la glacerie américaine de O'Hara.

Il y a plusieurs innovations dans ce four : la première est la méthode de chauffer l'air pour la combustion; la seconde est la disposition qui permet d'employer la benzine, ou tout autre combustible liquide, par lequel on peut conserver le four chaud, dans le cas où le gaz viendrait à manquer. Le gaz est réglé par la valve a; le brûleur b est un tube de 1/2 pouce de forme circulaire, percé de nombreux petits trous, d'en-

Fig. 54

viron 1 millimètre à 1 millimètre 1/2 de diamètre, et placé sous le siège du four, comme on peut le voir. Il est placé de manière que le verre (légèrement ramené en arrière), qui coule des pots cassés pour aller dans la cuve, ne le rencontre pas et n'empêche pas l'échappement régulier des gaz.

Le brûleur est à deux sections, dont l'une peut, en tout temps, être enlevée pour les réparations, ou pour toute autre cause, tandis qu'on peut, avec l'autre, conserver au four sa température, car il y a un tube fournisseur séparé pour chaque section.

L'air nécessaire à la combustion entre dans le tube régénérateur en d, passe par ce tube en descendant, en sort, remonte, comme l'indiquent les flèches sur le dessin, et vient en contact avec le gaz sous le siège du four en e. Ce tube régénérateur est fait d'une forte feuille de fer ; il a environ 16 pouces de diamètre; il est de forme circulaire, aussi grande que possible. On le place dans la souche de la cheminée, juste au-dessus de la voûte ou chapeau du four, de manièrs que la chaleur perdue, qui s'échappe par les tuyaux /*, frappe directement sur lui, élevant la température de l'air, et aidant ainsi grandement à l'obtention d'un haut degré de chaleur pour cet air, au moment où il arrive en contact avec les gaz.

La possibilité de maintenir la chaleur dans ce four, dans le cas où le gaz viendrait à manquer pour une cause quelconque, est d'une grande importance.

La méthode d'emploi d'un combustible fluide au lieu de gaz est facile avec ce four. Le petit tube g est en communication avec la cuve ou tout autre réservoir qui contient le liquide destiné à la combustion, et cette cuve est élevée de manière que l'huile coule tout naturellement jusqu'au brûleur b. Quand on emploie le combustible liquide, la valve à gaz a est fermée, et une autre valve sur le tube g, qui communique à la cuve, est suffisamment ouverte pour permettre au liquide de ruis-

seler goutte à goutte dans le brûleur b, où la chaleur le vaporise immédiatement, et d'où il s'échappe exactement comme le gaz; il vient en contact avec l'air chaud, et la combustion s'opère. Ce four a fait ses preuves, on y a travaillé constamment depuis le jour où, pour la première fois, on a employé le gaz naturel, c'est-à-dire depuis plus de trois ans, sans avoir eu besoin de réparations, et il ne paraît pas devoir en nécessiter de longtemps.

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