Pieds
Beaucoup de verreries romaines, surtout au Romain I, sont apodes et ne peuvent tenir debout (fig. 84, 88).
D'autres ont une dépression plus ou m-oins profonde qui s'accuse à la partie inférieure de la panse (fig. g, n° i et fig. 13, 20).
C'est un moyen aussi simple qu'ingénieux de donner de l'assiette au récipient.
Au Romain I, cette dépression est légère.
Aux m*' et iv*^ siècles, elle est plus profonde et forme souvent une saiUie conique à l'intérieur* de la bouteille (fig. g, n^ 2).
Un grand nombre de verres romains ont un pied. Ce pied peut être exécuté suivant des procédés très difterents. Nous envisagerons trois groupes :
1° Le groupe des pieds non rapportés, formés aux dépens de la paraison qui a servi à faire la panse;
2** Le groupe des pieds rapportés, constitués à l'aide d'un anneau de verre ou d'une paraison spéciale ; 30 Le groupe des bases polypodes.
1° Pieds non rapportés. — A l'aide d'une seule paraison, les verriers romains savaient façonner un vase entier comportant une embouchure parfois compliquée et un pied souvent très délicat. Pour faire ce pied, ils employaient diverses techniques. Les plus usitées de ces techniques sont les suivantes :
A. Un premier procédé consiste à refouler l'extrémité de la parai-
(i) Voy, DiiHonnuiie chs Anliquilcs de ,S:iglio, t. IV, iireuiière partie, p. i6i, llg. 5.382 et 5.3S3.
M0RPH(3L0G1E ANALYTIQUE.
son (fig. 9, n"s 3 à 10). T^e refoulement à cône élevé n° 10 n'apparaît pas en Gaule avant le m''. Il est très commun au iv® siècle.
B. Un second procédé consiste à façonner le pied tout entier dans la masse de verre qui forme, dans la paraison, l'extrémité opposée à celle où se trouve fixée la canne du souffleur. On sait qu'en cet eiKlroit, la paraison est beaucoup plus épaisse que sur les côtés.
lyCS pieds pris aux dépens de la paraison, et dans son épaisseur même, sont assez variés dans leur forme (fig. g, nos 11 à 14).
Fio. 9. — Pleds de verreries découvertes en Gaule.
C. Dans un troisième, que nous appellerons « procédé à opercule rapporté », on étrangle la paraison à l'endroit où l'on veut placer le fond delà panse et on obture, à l'aide d'un bouchon de verre, l'espace resté vide entre la panse et le pied (fig. g, nos 15 et 16).
Cette façon d'opérer est difficile à distinguer du procédé à refoulement no 10. Nous ne sommes pas sûrs que les Romains l'aient employée,
34 IvA VERRERIE EN GAULE SOUS L'EMPIRE ROMAIN.
car nous n'avons pu l'étudier que sur des pieds détachés et fragmentés qui peuvent avoir appartenu à des verreries d'époque postérieure aux invasions.
2° Pieds rapportés. — Les pieds rapportés consistent, soit en un gros fil de verre formant anneau (fig. 9, n° 17), soit en une paraison à laquelle on donne une forme très variable (fig. 9, n°s 18 à 21).
Cette paraison est tantôt non ourlée (fig. 9, n°s 18, 19), tantôt ourlée (fig. 9, nos 20, 21).
EUe est directement soudée sous la panse du vase (fig. 9, no^ 18, 19, 20), ou réunie à cette dernière par une masse vitreuse intermédiaire en forme de sphéroïde ou de balustre bas (fig. 9, no 21).
Les pieds à balustre (n° 21) sont très répandus dans la Gaule nordique au Romain II, surtout au iii<^ siècle.
3° Bases polypodes. — Les verres à plusieurs pieds sont des fantaisies, généralement assez peu esthétiques. Ils sont rares à l'époque romaine. Ceux qui sont parvenus jusqu'à nous se classent tous au Romain II (voy. Tableau de morphologie générale, n^^ 36, 128 et
Les verreries polypodes ont trois ou quatre pieds. Ces pieds sont tantôt rapportés (fig. 9, nos 22 et 23), tantôt extraits de la masse vitreuse du récipient et étirés à la pince (fig. 9, n^ 24).