Bouteilles a une anse. CEnochoês et variantes
(Formes 44 à 61.)
Forme 44. — Copie des œnochoés de bronze de la haute époque impériale. — Une sépulture collective, découverte à Vaison, en 1838 (fig- 334. 335)' ^t reconstituée dans son état primitif au musée Calvet à Avignon, contient deux exemples de ce tj^^e de verrerie. Ce sont
FiG. 117. — cEnochoé ornée de cercles gravés, VERRE INCOLORE. — m' S. — Paris, Cabinet des Médailles, n» 5452.
riG. 118. — Flacon de verre du Romain I. Musée de la Maison Carrée, à Nîmes, n" 136.
des récipients à encolure courte et largement ouverte, à anse plate (fig. 335, E). ly'un d'eux est intact; l'autre a la partie inférieure de la panse entièrement brisée. Que l'on compare ces verreries aux nombreuses œnochoés de bronze découvertes à Pompéi, et l'on verra tout de suite que les verriers romains n'ont fait que copier, à peu près servilement, les produits qui sortaient des officines des bronziers d'Alexandrie et de l'Italie méridionale.
Les œnochoés de Vaison sont difficiles à dater. Une verrerie de même forme, conservée au Cabinet des Médailles à Paris, et dont la provenance ne nous est malheureusement pas connue, est incolore et ornée de cercles gravés à la meule (fig. 117). Si elle date
DESCRIPTION GÉNÉRALE DES TYPES. loi
du me siècle, ce qui nous semble à peu près certain, elle nous
FiG. 119. — Bouteille en vekre BLEU-vrERDAiRE, trouvée à Arles. — Cabinet des Médailles, à Paris,
prouve que la forme 44 était connue des verriers du Romain II,
r"iG. 120. — Bouteille A DEUX COMPARTIMENTS. — Caiiy (Scinc-Inférieure). Fouilles Codiet en 1849. —
Musée de Rouen,
Forme 45. — Copie des cruches de terre blanche, rosée ou jaunâtre,
102 IvA VERRERIE EN GAUEE SOUS L'EMPIRE ROMAIN.
très communes au premier siècle de notre ère. — Les verreries de la forme 45, abondantes dans la basse vallée du Rhône, sont du i'^'^ et du ii*^ siècles (fig. 118). L,a variante fig. 119 peut descendre jusqu'à la seconde moitié du iii*^ siècle.
Forme 46 (i). — Variante à deux conipartimoits du type 75. — Typologiquement et chronologiquement, les bouteilles 46 se rattachent au type 15 dont elles ne diffèrent que par la forme de leur panse.
On trouve des modèles Romain I de la forme 46 au musée Calvet
Fig. 121. ■ — Bouteille a gouttiêiœ. — Musée de la Maison Came, à Nimes, n» 84.
à Avignon (2) et au musée archéologique de Reims (3). Au Romain II, la bouteille 46 évolue et aboutit à un type fig. 120 et forme 63, dont le galbe est plus mou, dont l'anse est plus arrondie, dont les embouchures sont moins distinctes, moins séparées les unes des autres.
Forme 47. — Bouteille pourvue d'un bourrelet formant gouttière à la partie supérieure de la panse. ~— Ce genre de bouteille a été rencontré à Saintes (4), à Nîmes (5), à Vaison (6). On en connaît des
[(i) I,es verriers orientaux sont peut-être les créateurs de cette forme. Des vases de verre à deux compartiments ont été trouvés en Syrie [voy. Musée du Couvre. Département des antiquités orientales. Salle des petits monuments de Sarzec].
(2) Musée d'Avignon, n» 113. Trouvé à Orange en 1840. Hauteur : 17 centimètres.
(3) Musée archéologique de Keims, n° 2.279 [^'oy. Catalogue, p. 72].
(4) Musée de Saintes. Partie supérieure d'une bouteille 47.
(5) Musée de la Maison Carrée, n" 84 (tig. 121).
(6) Deux spécimens de 11 centimètres de hauteur.t Musée CalveàAvignon, u"' m et iia.
DESCRIPTION GÊNÉRAIvE DlvS TYPES.
exemplaires provenant de l'île de Chypre (i). Le musée de Saint- Oermain en possède un spécimen fragmenté dont la provenance est inconnue (2).
Les vases de verre à gouttière se classent avant le iv" s. On n'en a pas trouvé, à notre connnaissance, dans les sépultures d'époque tardive.
Forme 48.— Panse fortement galbée, se rétrécissant à la partie inférieure. Même hase qu'aux urnes 5 et 6. Goulot long nettement dé-
FiG. 122. — Flacon de verre bleu, trouvé à Valroas. — Musée Calvct, à Avignon, n" 103.
FiG. 123. — Bouteille \ une .\nse, verre ver- D.4TRE. — Cimetière de Vermand. iv* s. — Musée Lécuyer, à Saint-Quentin, n" 2656.
taché de la panse. Anse bifide. — Les œnochoés forme 48 sont de la haute époque impériale. Elles sont synchroniques avec le t}^e 57. Le spécim.eu que nous reproduisons fig. 122 est en verre d'un bleu magnifique.
Forme 49. — La panse, fuselée, s'amincit autant, et quelquefois plus, dans le bas que dans le haut. Le goulot, fondu dans la panse, est orné d'une bague de verre. Le pied tronconique à gros bourrelet se fond dans la panse. — Les bouteilles forme 49 appartiennent toutes à la verrerie
(i) W. Frœhner, CoUeclwn J. Gréau, u» 1.187, pi. CCXX, n" 4. [C'est à tort que M. F"rœhner nomme chytra ce genre de récipient. l,es chytres antiques sont des marmites cjui n'ont rien à voir avec nos flacons 47 (voy. Dictionnaire de Saglio, t. I, deuxième partie, p. 1140)!.
(2) Musée de Saint-Germain, n» 29.525 (achat en 18S5).
tournée de la seconde moitié du iii^ et du rv^ s. En Syrie, elles atteignent des dimensions colossales (superbes exemplaires orientaux au musée du Louvre). En Gaule, elles sont particulièrement abondantes dans le nord et sur les bords du Rhin. On en a recueilli plusieurs au cimetière de Vermand (i) (fig. 123). A Homblières (Abbeville), M. Pilloy en a trouvé une dans ime tombe qui contenait une monnaie de l'empereur Valens (364 à 378) (2). Un spécimen dont la pâte vitreuse
Fig. 124. — Bouteille en verse verdatre CHARGÉ DE FILANDRES. — Trouvéc à Paris, près l'église Saint-Germain-des-Prés, dans une tombe à inhumation. — Musée Carnavalet.
Fig. 125. — CEnochoé de verbe incolore (Marne). — Collection Morin-Jean, n» 2038.
indique une époque très basse, peut-être le v*' siècle, a été découvert à Paris (fig. 124). Un très bel exemplaire, rencontré avec une mormaie de Constantin le Jeune (337 à 340) au cimetière de Strasbourg (3), offre une particularité remarquable : la bague qui entoure le goulot est constituée par un gros fil de verre bleu disposé en zigzag.
Forme 50. — Pause ovale un peu rétrécie dans le bas. Goulot plus
(i) Voy. Th. Uck, Les deux cimetières gallo-ro^nains de Vermand et de Saint-Quentin, pi. IV, u°» 4 et 10.
(2) Voy. J. Pilloy, Études sur d'anciens lieux de sépultures dans l'.iisne, 1. 1, pi. III, n" 13.
(3) Straub, Le Cimetière gallo-romain de Strasbourg, tombe à inhumation n" 72, pi. V, n» i.
DESCRIPTION GÉNÉRALE DES TYPES
ou moins fondit dans la panse. Pied annulaire. Embouchure à double bourrelet. — Les bouteilles 50 font partie du même groupe de verreries et se rencontrent dans les mêmes régions que les bouteilles 4g. Leur fabrication semble avoir débuté au 111° siècle (1), mais appartient surtout au iv^.
Ces élégantes aiguières sont rangées parles archéologues, tantôt dans la catégorie des prochous (2), tantôt dans celle des lagcncs (3)
FiG. 126. — Bouteille trovvée a Tourville-la-1vI\'ière, eii 1862. — Musée de Rouen [ancienne
Collection de Girancoiirt).
ou des œnochoés (4). Mais ces noms ne correspondent à rien de précis, puisque les auteurs anciens employaient chacun d'eux pour désigner des récipients de formes diverses.
Quoi qu'il en soit, les bouteilles se rattachant à notre forme 50 sont si différentes les unes des autres dans les détails de leur structure que nous ne pouvons songer à en décrire ici toutes les variantes. On peut, du moins, distinguer deux séries assez nettement caractérisées.
(i) Spécimens des iuciuératious dvi cimetière de Cologne [Bonncr Jahrbuchcy, iyo6, fasc. 114-115, p. 410, pi. XXIV, tombes 39 et 47].
(2) Sur le Prochous, voy. Dictionnaire d; Saglio, t. IV, première partie, p. 661.
(3) Sur la Lagena, voy. Dictionnaire de Saglio, t. III, deuxième partie, p. 907.
(4) Sur VŒnochoé. voy. Dictionnaire de Saglio, t. IV, première partie, p. 159.
io6 LA VERRERIE EN GAULE vSOUS L'EMPIRE ROMAIN.
A . Dans la première, ou rangera les spécimens de verre incolore ou
I-'iG. 127. — Bouteille trouvée a Bresles, prés de Beauvais, en 1861. — Musée de Sèvres, n° 5891.
verdâtre, pour la plupart d'assez grande taille, et comprenant des
FlG. 128
Bouteille a anse en chaîne. — I"iu in' ou iv" siècle
Musée de Mavence.
variétés nombreuses (fig. 125 à 128). Ici, la panse aura un profil pur et bien cadencé; l'embouchure ne comportera exceptionnellement qu'im
DESCRIPTION GÉNÉRALE DES TYPES. 107
simple bourrelet; l'anse plate à quatre nervures décrira au sommet une boucle, hésitera à effleurer le goulot, puis remontera lui peu pour descendre ensuite brusquement, à la fois légère et puissante, sur l'épaule du vase (fig. 125). lyà, le galbe sera moins pur ; le goulot mangé par la panse, le ventre anguleux de la bouteille, l'anse empâtée, tout dénotera le travail d'un artisan moins doué (fig. 126). Ailleurs, le même type de bouteille sera dépouillée de son anse et de son pied (fig. 127) ; ailleurs encore, l'anse à double ondulation type ^
Fig. 129. — • BODTEltLE A TUBULURE LATÉRALE. — Reims. I^ieudit « Ia Maladrerie ». Fouilles J Orbliti,
en i8g8. — Musée de Reims, u» 4944.
(pl- 3. P- 37) viendra se substituer aux types plus simples (i) (fig. 128). Les bouteilles forme 50 sont très souvent ornées d'un fil de verre étiré à chaud qui les enveloppe entièrement (fig. 259) ou s'enroule seulement autour de leur goulot (fig. 261) C'est le décor courant des Kànnchen du Rheinland (2).
(i) I,es bouteilles 50 à anse du type l, pi. 3, appartiennent à une série de récipients dont le centre de production doit, semble-t-il, être placé en Germanie occidentale. Elles sont de basse époque. On peut eu voir aux musées de Mayence [spécimens de 20 à 25 centimètres de hauteur, en verre très impur], de Strasbourg [Straub, loc. cit., p. 27], de Boulogne-Sur-Mer [n" 2,670, fouilles du Vicil-.\tre eu 1870; et n" 2.491, fouilles à Bréquerecque (le n" 2.491 a été publié par Ro.vcH SjnTH dans Collectanea Antiqua, 1843, n» i)], d'.\niiens [de>K spécimens]. Des exemplaires ont été découverts au cimetière de Vermand [voj-. Th. Eck. Les deux cimetières gallo-romains de Vermand et de Saint-Quentin, pi. IV' , n» x et à Paris [Musée Carnavalet].
(2) Voy. AXTON KiSA, Das Glas, fîg. 38, 39 et 40.
io8 LA VERRERIE EN GAULE SOUS L'EMPIRE ROMAIN.
Une autre ornementation consiste en filets appliqués à chaud et disposés en spirales qui partent du haut du goulot, couvrent la panse et se fondent dans la partie inférieure du récipient (i).
B. La seconde série comprend des flacons de petite taille (les plus grands ne dépassent pas 12 centimètres) ; caractérisés par leur polychromie et l'association du verre transparent et du verre opaque
l'iG. 130. — Bouteille a tubulure latérale, verre verdaire. ■ — Étaples, 1864 Romain II. — Musée de Rouen {ancienne Collection de Girancourl).
(fig. I et 2). Ces bouteilles sont ordinairement de deux tons. L'un est apphqué aux parties qui constituent la bouteille proprement dite : panse, goulot et bourrelet supérieur de l'embouchure. L'autre est réservé pour les parties accessoires : anse, pied, bourrelet inférieur de l'embouchure et filets qui entourent quelquefois le goulot.
(i) Des bouteilles de la fin du in<^ et du iv' s., ornées de filets en spirales, proviennent de Jlonceau-le- Neut [Forme 50. Tombe du chef. Collect. Boulanger à Péronne. Voy. Cl. Boul.\nger, Le Mobilier funéraire, pi. II et pi. 20], de Yermaud [Forme 59. Voy. Th. Eck, Les deux cimetières, pi. IV, n" 9], de Beauvais [Forme 61 à anse du tjije Ç, pi. 3. Voy. W. Froïhner, La Verrerie antique. Collect. Charvet, n" 88, pi. XIX], de Steinfort, Grand-Duché de I<uxembourg {Publication de la Société pour la recherche et la conservation des monuments historiques dans le Grand-Duché de Luxembourg, 1849, p. 45, pi. 2, fig. 5 et 6].
DESCRIPTION GKNERAIvE DES TYPES.
log
Ces flacons forment un des groupes les plus charmants de toute la verrerie rhénane du Romain II (i).
Forme 51. — Panse spcrique. Même goulot et même emboucliure qu'aux types 62, 64 et 65. Anse en forme de ruban plat avec repli supérieur formant poucier. Pied annulaire. Une bouteille de ce type est décrite plus loin, p. 207 et fig. 276. Elle est en verre incolore et ornée d'applications vermiculaires (ni^ siècle).
Forme 52. — Bouteilles à panse sphérique pourvue d'une tubulure
Fig. 131. — Bouteille a tobulure latérale. — Paris. Foiiilles du cimetière romain du faubourg Saint- Jacques. iv« s. — Musée Carnavalet, Paris.
à extrémité effilée (fig. 129 à 132) . — Bien que de nombreux archéologues s'obstinent à voir dans ces flacons des biberons d'enfants (2), nous restons persuadés que jamais ces bouteilles n'ont été utilisées pour l'allaitement artificiel des nouveau-nés.
(i) Musée de Bonn (Bouteille en verre bleu transparent ; parties accessoires en verre jaune opaque. Trouvée avec monnaies de Dioctétien [2S4 à 305], n» 1.684. Hauteiu" : S centimètres. — Bouteille forme 50 en verre violet transparent ; parties accessoires en verre bleu pâle (fig. i), hauteiu- : 8 centimètres. Salle VII, tombe 19 ; inventaire 4.275). — Musée de Trêves (Bouteille en verre bleu transparent; parties accessoires en verre blanc opaque, n" i^.bo^l'voy. Fiihrer durch das Provinzialmuseum in Trier, p. 108]. Deux flacons différents des précédents en ce qu'ils sont entièrement formés de verre opaque : la bouteille est en émail blanc et les parties accessoires sont en émail bleu, n°' 02.376 et 05.278). — Musée de Breslau (Bouteille en verre bleu de Tiuquie ; parties accessoires en émail blanc. Trouvée à Cologne).
(2) JE.\N I,EC.\rL.\iN, Biberons antiques, dans la Revue /£sculape, z" année, u" 10, octobre 1912.
IIO
S'il en avait été ainsi, on aurait au moins pris soin d'user à la meule l'extrémité de la tétine. Cette extrémité est, au contraire, cassée net et coupante. Elle est, de plus, mince et fragile. Il serait très dangereux de l'introduire dans la bouche d'un enfant. D'autre part, l'anse, inutile et même incommode, si l'on se sert du
FiG. 132. — Bouteille a tubulure latérale, verre verdatre. — Romain II tardif. — Minée d'A miens,
flacon comme biberon, devient indispensable si on l'utilise comme verseuse.
I,es Romains appliquaient une tubulure latérale à des récipients de formes et de matières diverses (i) .
lycs bouteilles forme 52 paraissent inconnues au début de l'époque impériale.
Quelques exemplaires, par la qualité de leur pâte vitreuse, peuvent peut-être se placer au 11" siècle de notre ère; mais presque tous ceux que l'on voit dans les vitrines de nos musées sont du iii^ et du iv<' siècles.
(i) Askos en torre cuite de la nécropole de Rabs (Carthage) [Musée de Rouen] ; vases d'argile à couverte blanche, rouge et noir, du musée de Reims fn"» 3.766, 3.948, 3.949, 3.950, 3.960, 4. on, 4.053, 5.304, etc. Voy. Catalogue du Musée archéologique de Reims]. Poterie noire à décor on barbotinc blanche du musée de Coblence (fig. 133), etc.
DESCRIPTION GENERALE DES TYPIvS.
Ceux que le chanoine Straub a recueillis à Strasbourg étaient dans des tombes à inhumation du iV siècle (i). Ceux que l'abbé
FiG. 133. — Poterie a tubulure latérale. — m'-iv' s. — Musée de Coblence.
Hamard a trouvés au cimetière de Bury (Oise) datent aussi de l'époque constantinienne (2).
Il semble qu'il y ait eu deux types de flacons 52, qui se suivent chronologiquement. L,es flacons du premier ty|3e sont en verre bleu-
FiG. 134. — Bouteille a panse bulbeuse et a .\kse en chaîne, verre incolore. — Neuville-lc-PoUct (Seine- Inférieure), in"^ s. — Musée de Rouen.
verdâtre, un peu épais. Ils sont contemporains des premiers barillets frontiniens et existaient dès le début du m^ siècle. Ceux du second sont en verre mince souvent rempli de filandres (3) ; leur anse,
(1) Straub, Le cimetière gallo-romain de Strasbourg, p. 78, et pi. IX, n» 3.
(2) Abbé Hamard, Découverte d'une nécropole romaine à Bury {Oise). Dans le Bulletin archéologique, 1900, P- 23-
(3) Exemplaires en verre filandreux aux musées de Trêves [Salle 20, n" 3.500], de Mayence, de Poitiers Dîmes I., XXXVII, n» m (161)], etc.
leur embouchure, leur décor sont caractéristiques de la basse époque (fig. 131 et 132).
Forme 53. — Bouteille à panse en forme de bulbe aplati. — Le type 53 peut être rapproché du type 60 avec lequel il est synchronique. Tous les intermédiaires existent entre la panse dont la coupe
Fig. 135. — Bouteille a anse en chadce, veeke IN'COLORE. • — ■ Vieil-Atre. Fouilles de 1869. Fiu 111" ou iw" s. • — Musée de Boulogne-sur-M er, n° 2673.
Fig. 136. — Flacon EN VERRE FIL.1NDREUX, EMBon- CHUKE A BEC. — Tourville-la- Rivière (fouilles de 1862). Romain II. — Musée de Rouen {ancienne Collection de Girancourt).
verticale offre l'aspect d'une ellipse presque parfaite (fig. 134) et la panse tronconique (fig. 145).
Les flacons en forme de bulbe aplati sont souvent ornés de fils de verre qui s'enroulent autour de la panse et du goulot (fig. 135). Leur embouchure est tantôt circulaire, tantôt munie d'un bec (fig. 137). Leur anse est très variable dans sa forme (types (i'^, l, etc., de la pi. 3, p. 37).
Les bouteilles forme 53 ont été trouvées dans les mêmes régions que les bouteilles formes 4g et 50. Elles datent du Romain IL
Forme 54. — Œnochoé à embouchure trilobée [typeC, fig. 8) et danse surélevée. Forme des œnochoés grecques. — Telle qu'elle se présente dans notre tableau de morphologie générale, l' œnochoé romaine de verre est un type de la première moitié du iii^ s. EUe est de petite
DESCRIPTION GÉNÉRALE DES TYPES
taille, en verre incolore très pur et ornée d'applications vermiculaires (fig. 275). Elle ne se trouve guère en dehors de la vallée du Rhin (i).
KiG. 137'. — Bouteille ex verre \-erdatre. — Romain II. — Miiscc de Picardie, à Amiens.
Les œnochoés que l'on a exhumées des nécropoles du nord de la
Fig. 138. — Bouteille de verre bleu-verd.\tre. — ■ embouchure a bec.
PoUet. Musée de Rouen.
Fouilles de Neuvillc-le-
France sont d'un galbe beaucoup plus lourd. Ce sont des imitations
(i) I^es plus beaux exemplaires ont été trouvés à Cologne, dans les tombes à incinération de Tépot^ue des empereurs s\Tiens, avec des monnaies de Julia Domna et d'.\lexandrc Sévère. Ils étaient déposés dans une soucoupe forme 89, ornée, comme eux, d'applications vermiculaires [voy. Bonner Jahrbûcher, 1906, fasc. 114- 113, pi. XXIV, tombes 38, 40 et 42].
de cruches d'argile très communes en Picardie au i\^ siècle (i).
Forme. 55. — Panse sphérique. Embouchure à bec [type D,
fig. 8) . — On connaît de cette forme des exemplaires apodes (2)
(fig. 138) et des exemplaires pourvus d'un pied annulaire (3), des
Fig. 139. — CEnochoé a col renversé. — Verre incolore décomposé. Romain II. — Musée provincial de Bonn. Salle IV.
Fig. 140.
Vaison.
Flacon trouvé au cimetière de Musée Borély, à Marseille, n" 572.
Spécimens sans ornements et des spécimens décorés de fils de verre entourant la panse et le goulot (4) .
Un modèle hj^bride, représenté au musée de Mayence, emprunte son embouchure à la forme 55 et sa panse à la forme 23.
Les trouvailles démontrent que les bouteilles 55 appartiennent au Romain II (5).
(i) J. PiLLOV, Études sur d'anciens lieux de sépultures dans l'Aisne, t. II, p. 138 ; et Th. Eck, loc. cit. pi. V, n» 5.
(2) Bonn. Provinzialmnseiun, n" 1.741.
(3) Voy. Catalogue du Musée archéologique de Reini-';, p. 78, n" 2.424.
(4) Aus'ii'WEERiH, dans les Bonncr Jahrbiichcr de 1S81, fasc. 71, pi. V, collection Disch, n" 1.386.
(5) I<es spécimens de la vallée du Rhin [Cologne. Incinérations tardives. Voy. Bonnet Jahrbiicher, 1906, fasc. 114-115, p. 405, pi. XXIII, tombe n" 34], et de la Picardie [Musée de Picardie, fouilles à Amiens, me des Trois-Caillou-x, en 1897] sont des in<^, iv« siècles.
DESCRIPTION GENERALE DES ÎYPES. 115
Forme 56. — Œnochoé à col renversé. — I^a forme 56 existe déjà
FiG. 141. — Bouteille ex \^rre jaunâtre. — Fabrication tardive. — Musée de Maycnce, n" 4601.
en argile, à une époque très reculée, dans le bassin de la mer Egée (i).
FiG. 142. — Carafe apode. — Cimetière romain d'Aveiuies (Belgiqiie). — Musée de Liège.
Dans la verrerie impériale romaine, elle est très rare. Elle n'y est
(i) Poteriesà décor géométrique de Ch\-pre, de Crète, de Jlilo [vo>-. Collignox et Couve, Catalogue des Vases peints du musée d'Athènes, pi. IV, n" 30].
ii6
LA VERRERIE EN GAULE SOUvS L'EIMPIRE ROMAIN.
représentée, à notre connaissance, que par un beau spécimen du musée de Bonn (fig. 139). Par la composition de sa pâte vitreuse qui est incolore et par ses ornements, cette cruche se classe au Romain II.
Forme 57. — Les œnochoés 57 à 61 se reconnaissent à la forme de leur panse dont la silhouette est un triangle plus ou moins curvi-
FlG. 143. — C.iR.\FE A PANSE COTELEE.
Vieil-.-Vtre. Fouilles de 1S70.
Musée de Boulogne-sur-Mer,
ligne. Un des côtés du triangle forme la base de la bouteille ; les deux autres côtés se fondent dans le goulot.
Les flacons forme 57 sont des types de la haute époque impériale. Ils sont communs dans la basse vallée du Rhône (fig. 140). L'un d'eux, touvé à Piolène, en 1883, et conservé au musée Calvet à Avignon (no 236 ^), a plus de 30 centimètres de hauteur.
Forme 58. — Les bouteilles 58 sont caractérisées par : une panse peu élevée, ordinairement décorée de côtes en relief, un goulot très
DESCRIPTION GÉNÉRALE DES TYPES
long étranglé à la base, une anse terminée par un appendice orné de saillies nombreuses (i) (fig. 141).
Le type 58 donne naissance à diverses variétés tantôt apodes (fig. 142), tantôt pourvues d'un j^ied (fig. 143) et dont la panse, par
Fig. 14+. — Bouteille a panse TRoxcoxiQrE. — ■ Fouilles du Boulonnais. Romain II tardif. — Musée de Boulogne-sur-Mer, n^a^iô.
Fig. 145. — Flacon a p.\nse TRONCo^^QI^E. — Vermand. Romain II tardif. — Collection Théophile Eck, à Saint-Quentin.
des déformations successives, arrive à prendre l'aspect d'un bulbe très aplati (fig. 143).
Il semble que la fabrication des bouteilles 58 ait duré longtemps. Des exemplaires en verre bleu-verdâtre de bonne qualité ont été trouvés dans des tombes à incinération remontant à la fin du ii^ siècle ou aux premières années du iii<^ (2) . Des spécimens en verre sale et rempli
(i) Quelques archéologues domietit à ces bouteilles le nom de Flasca [mot de basse latinité] (voy. W. Frœhner, La Verrerie antique, p. 78).
(2) Bouteille 58 dont l'attache inférieure de l'anse est masquée par un médaillon figiu-ant ime tête de Méduse, trouvée à Cologne avec une coupe 65 en verre bleu et un moyen bronze d'Antonin le Pieux [voy. Donner Jahrhiicher, 1906, fasc. 1 14- 115. Tombe à incinération n» 31 (fouilles de 1903), p. 402 et pi. XXIII].
Ii8
de bouillons paraissent dater, au contraire, d'une époque très basse (i). Forme 59. — Bouteille à panse troiiconique dont l'anse est fixée aune
FiG. 146. — Fiole TRONCONIQUE a large orifice. — I.iUebonnc. Fouilles de 1853. — Musée du Louvre, n" 97.
bague qui entoure le goulot un peu au-dessous de l'embouchure. — I^es bouteilles 59, assez répandues dans la Gaule belgique, sont toutes
FiG. 147. — • Carafe a large emboucht're. — Verre incolore. Romain II. — Musée provincial de Bonn.
•Salle V, n" 16142.
du Romain II (fig. 144). Très nombreuses à Vermand (2), elles ne sont pas rares non plus dans le Rheinland (3) .
(i) Par exemple, ceux du musée de Mayence (fig. 141).
(2) Voy. Th. Eck, Les deux cimetières gallo-romains de Verinand et de Saint-Quentin, pi. IV, u"' 2,3,5,961 pi. V, n» 6.
(3) Bouteille 59 à pause côtelée, recueillie dans la tombe à incinération n" 43 du cimetière de la rue de I,uxemboiu'g,à Cologne, avec le verre iclithyomorjjie forme 129 et un grand bronze d'Alexandre Sévère [voy. Bonner Jahrbiicher, 1906, fasc. 114-115, pi. XXIV].
DESCRIPTION GÊNÉRAIvE DES TYPES. 119
Forme 60. — Variante à panse tronconique des flacons fig. 134 à 137. — Les bouteilles de ce modèle se rencontrent en France, surtout dans le Nord et dans l'Est (fig. 145). Elles ont été recueillies dans les nécropoles de l'Aisne (i) dont les sépultures se classent pour la plupart au iv^ siècle. Il y en a plusieurs au musée de Reims (2).
Forme 61. — Carafe à largeembouchurc. Anse ^^^ {pi. 2, p- 37) ■ — Les récipients de ce tj^e, qu'Anton Kisa appelle prochous, ne font leur apparition en Gaule qu'à partir du iii^ siècle (fig. 147). Les uns datent de l'époque des empereurs syriens (3), les autres du rv® siècle (4).