II. — Phiales, bols et plats
(Formes 68 à 92.)
Forme 68. — Les phiales forme 68 reproduisent des^coupes en métal repoussé. Elles sont tantôt plates (fig. 151), tantôt profondes (fig. 152 ). Elles ont des parois très épaisses et sont ornées de grosses
Fig. 151. — PHI.'iLE CÔTELÉE. — Romain I. — Collection Morin-Jcan, n'> 985.
côtes. Les unes sont en verre bleu-verdâtre, naturellement teinté par les oxydes métalliques. Les autres sont en verre uniformément coloré, en bleu vif ou en jaune d'or. Des exemplaires de luxe, faits à l'imitation des vases de calcédoine, de marbre et d'agate rubanée, sont couverts de taches, de veines et de bandes irrégulières de toutes nuances (i).
Les coupes 68 sont des produits de la haute époque impériale. Ou en a découvert dans tout le monde romain. Nombreuses dans la verrerie pompéienne, elles se sont répandues de bonne heure au nord des Alpes. En Gaule, elles font partie des mobiliers funéraires du i^r et du 11*^ siècles (2).
(i) Musée de Trêves, u" 5.066, verre violet, blanc et noir ;etn° 1. 150, verre bleu foncé, bku clair et blanc [FiUirer durch das Provinzialmuseum in Trier, p. 107].
(2) I.a forme 68 est fréquente dans la verrerie d'.Uésia ; elle est représentée au musée départemental de Rouen par plusieurs spécimens en verre bleu verdâtre, jaune ou violet ; au musée de Boulogne-sur-Mer par quatre exemplaires (2479 à 2481 et 2483) dont Tun est en verre d'un bleu criard; au musée de Nîmes [spécimen de 25 centimètres de diamètre à la Maison Carrée, n» 130] ; au musée Calvet à Avignon.
A Cologne, dans mie incinération découverte, rue de Bonn. en 1903, une phiale 6S était associée à im moyen bronze d'.\utonin-le- Pieux. .-^ Mayence, une coupe à peu près semblable faisait partie d'uu mobilier funéraire qui contenait, entre autres objet"; du début de l'Empire, une fibule à disciue et à couvre-ressort du type dit Provincial Militaire.
DEvSCRIPTION GÊNKRAIvK DES TYPIvS. 123
Forme 69. — Ce modèle de phiale côtelée est voisin du type 68. Il en diffère par diverses particularités : il est en verre très mince et, au lieu d'être largement ouvert, il se resserre plus ou moins vers
FiG. 152. -^ Coupe coiELÉE.ivERRE VERDATRE. — Arles. — Cabinet des Médailles, à Paris, n" 750.
l'embouchure (fig. 153). Son ornementation consiste en festons blancs opaques, se détachant sur un fond de verre incolore, verdâtre où jaunâtre (i).
Nous n'avons pas, en ce qui concerne les bols de la forme 69,
Fig. 153. — Coupe côtelée du Romain II. — Graud Verger, près Aigle (Suisse). — Musée de Lausanne.
un critérium chronologique absolu ; mais il est probable que certains d'entre eux sont d'une époque assez basse.
Formes 70 à 80. — Le bol de verre soufflé, qui, dans sa forme la plus simple, la plus parfaite, offre l'aspect d'une calotte hémisphérique à orifice coupé aux ciseaux et non ourlé, comporte de très nom-
(i) On conser%-e à Saint-Germain (Salle XV, n» 24.637I, de trOs belles coupes 69 trouvées à Saintes. Ces coupes sont ornées de festons en verre blanc.
breuses variantes, issues de déformations morphologiques intéressantes à étudier. I^e type 70 est un segment sphérique inférieur à l'hémisphère (i). lye type 71 est aussi un segment sphérique, mais supérieur à la demi-sphère. Le modèle 78 se compose d'une
FiG. 154. — Bols du romain n tardif. — Collection Moyin-Jean. — A, n» 2225, Cimetière du Vieil- Atre, à Boulogne-sur-Mer. — B, n» 2 215. Cimetière de Biamnont-sur-Oise {ancienne Collection Bernay.)
calotte hémisphérique et d'un tube cylindrique plus ou moins haut (2). La courbe des tulipes 79 se rapproche beaucoup d'une hyperbole (3) . Les modèles galbés et carénés (72 à 77 et 80) dénotent une certaine recherche dans la structure du profil.
La forme 71 est si simple qu'elle devait être connue dès le début de l'époque romaine ; à Nîmes, on a découvert des bols 71
j:iG. 155. — Bol orné de trois filets d'émail vert. — Versigny. Musée de Laon (.^isne
dans des incinérations des premiers temps de l'Empire (4) ; mais il est
(i) C'est la forme donnée à presque toutes les coupes clirétiemies gravées du iv" siècle (fig. 326 et 327) .
(2) Un grand verre de cette forme, onié de scènes à personnages gravées, a été trouvé à Trêves, en compagnie d'ime monnaie de bronze de l'empereur Septinie .Sévère [Musée provincial de Trêves, n» 3.609. Voy. Qitalogue, p. loi].
(3) Les verres à résille dits « diatrètes » ont souvent la forme 79 [voy. plus loin, p. 232 fig. 312 et 313]. (1) Musée ardiéologique de Nîmes. Tombe du Romain I, trouvée au quartier de Grézan (Urne en
plomb).
DESCRIPTION GENERALE DES TYPES
intéressant de constater que le bol et ses dérivés constituent une classe de récipient si répandus aux iii^-iv® siècles qu'on peut presque les considérer comme des verreries caractéristiques du Romain II.
Bol a applications vermiculaires. — Boulogne. l'ouilles de 1891. Époque franque. Musée de Boulogne-sur-Mer, 11° 721.
Les bols 71 et leurs variantes sont en verre incolore presque toujours filandreux, et abondent dans les nécropoles à inliumations de Beauvais, d'Abbeville, de Vermand, du Boulonnais et de l'Aisne (i). Un grand nombre d'entre eux sont gravés (fig. 324) ou ornés, soit de cabochons (fig. 296), soit de fils de verre (fig. 155 et 156), soit de pin-
FlG. 157. — Bol en verre vert-émeraude, dit : Bol des Pygmées et des Grues. — Nîmes. Musée du
Louvre. (Profil et coupe.)
cures faites à l'outil (fig. 307). Quelques-uns sont en verre de couleur (fig. 157 et 158).
Le type 73 a été trouvé à Cologne avec des monnaies de Volusien, Postume, Claude le Gothique, Carus et Galère-Maximien (2).
(i) Nombreux spécimens au musée de Saint-Germaiu. Salle XI. Fouilles de F. Moreau. (2) Bonner Jahrbiicher, fasc. 114-115, p. 425 et pi. XXV.
Il n'a pas disparu à l'époque des invasions; il est resté en faveur sous les Mérovingiens (i).
FiG. 15
Bol de verke bleu p.\le, Décor côtelé très flou. — Vermand, iv^ siècle. Musée Licuyer, à Saint-Quentin, no 2632.
Le type 75 a été recueilli au cimetière d'Homblières avec une monnaie de Gratien (375 à 383) (2).
IvC t}^e 76 est toujours orné de dépressions (fig. 255). Il a été rencontré à Andernach dans des inhumations contenant des fibules cruciales, bijoux caractéristiques du iv*^ siècle (3); à Cologne avec
Fig. 159. — Bol de verre incolore. — Grainville, près de Fécamp (Seine-Inférieure). Fouilles de 1756. Komain II. — Musée du Louvre. E. D. 1591.
des monnaies de Constantin, des bouteilles forme 40 et des barillets frontiniens forme 132 {4) ; à Vermand (5), à Ven-
(i) Musée de Saint-Germain. SaUe XI. Fouilles F. Moreau (Tombe n» 2.31S. Arcy-Sainte-Restitue. Bol de verre 73 découvert avec une fibule digitée du V ou du vi" s.).
(2) Voy. J.PiLLOY, Études sur d'anciens lieux de sépultures dans l'Aisne, 1. 1, p. 191, tombe n» 65, pi. III, n» 16.
(3) Bonner Jahrbiicher, 1S88, fasc. 86. p. 197, pi. XI.
(4) Bonner Jahrbiicher, 1906, fasc. 114-115, p. 430 et suiv., et pi. XXVI, n»' 66 et 68.
(5) Nombreux spécimens au musée I,éciiyer et dans la collection Tn. Eck à Saint-Quentin.
DESCRIPTION GÉNKRAI.R DES TYPES
dôme (i), à Homblières (2), dans les tombes romaines tardives. Il se maintient dans les sépultures de l'époque barbare.
Formes 81 à 91. — Verreries faites à l'imitation des bols romains en terre rouge, à décor moulé, de fabrication italique ou gauloise, auxquels M. Dragendorff a attribué une désignation numérique (3).
La forme 81 est représentée par de nombreux exemplaires (fig. 15g). Nous citerons ceux du musée de Rouen, trouvés par l'abbé Cochet à Cany en 184g, à Orival près Fécamp en 1864, à Thiétreville en 1842.
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