Forme 129. — Poisson. — Les flacons en forme de poisson
FiG. 316. — Flacon ichtiiyomorphe. m» s. — Musée de Cologne, n" 9S3.
ne sont pas très répandus. Nous reproduisons (fig. 216) un bel exemplaire de fiole ichthyomorphe duiii^ siècle, appartenant au musée Wallraf-Richartz, à Cologne. I^e corps de l'animal est en verre incolore décomposé. L,es yeux, très saillants, sont en pâte de verre bleu. L,a tête est séparée du corps par un double filet de verre
(i) Bunncr Jiihrbilcher, iSSi, fasc. n" 71, pi. VI, n» 1.372.
DESCRIPTION GÉNÉRALE DES TYPIvS. 163
également bleu ; elle forme le foud du réeipient, tandis que la queue en constitue l'orifice.
Ce balsamaire, bien conservé, a été trouvé à Cologne lors des fouilles opérées en i8g8 dans la rue de Luxembourg (i). Il faisait partie du mobilier funéraire de la tombe n" 43 qui contenait, outre cette curieuse bouteille, des poteries caractéristiques du m*' siècle une verrerie forme 5g, ime carafe de verre ornée de petits cabochons et un grand bronze d'Alexandre Sévère.
Une verrerie ichthyomorphe est exposée au musée de Wiesbaden (2). Une autre a été trouvée dans le Châlonnais, au lieu dit la Croix-Saint-Germain, dans un sarcophage en pierre du Romain II (3). Cette dernière est entièrement entourée d'un gros fil de verre spirale, système de décor très en vogue à la fin du m® et au rv^ siècles. Dans le catalogue de la collection Gréau, Froelmer reproduit plusieurs flacons en forme de poisson ; l'un de ces flacons, découvert à Chypre, rappelle, dans son galbe général, l'exemplaire de Cologne (4).
Au groupe des verreries ichthyomorphes, on peut rattacher de beaux verres à boire, dont le décor original consiste en poissons soufflés à part dans un moule et soudés ensuite sur la surface externe du vase.
On a trouvé en Itahe des poissons isolés qui portent sur le dos des traces de soudure prouvant qu'ils ont appartenu à la décoration de récipients vitreux. En 1857, Visconti a recueilli à Ostie un fragment de vase de verre sur lequel des poissons étaient encore adliérents. Ce fragment portait une inscription chrétienne : Bibe. Zeses, qui a permis de le dater de la basse époque impériale.
En 1873, on a découvert à Rome un verre complet, orné de poissons et de mollusques admirablement modelés. Ce précieux monument, dont la stabihté est assurée par la disposition ingénieuse de
(i) Voy. les Bonncr Jahrbticlterdu igo6,fasc. 114- 115, pi. XXIV, et p. 415. — I.a Xécropolc de la rue de Lirxembovu-g, à Cologne, a fourni au musée Wallraf-Ricliartz lui autre flacon ichthyomorphe en excellent état de conservation [voy. Anton Kisa, Das Gitis im Altertume, p. 767].
(2) Nassauer AnnaUn, VII, 1864, t. 43.
(3) Publié par M. de Fo-ntenay, dans le Bulletin Montimcutal de 1855, à la page 88.
(4) Fkœhxer, Collection JulienGréau. Verrericantique appartenant à AI. John Pierpont-AIorgan. Paris, 1903, n" 1.126, pi. CCIII. n" 2.
trois coquillages de verre qui font office de pieds, est conservé au Vatican (i).
Deux verreries du même type proviennent de la Gaule du Nord. L'une d'elles, au Provinzialmuseum de Trêves, est l'exemplaire
FiG. 217. — VERRE I.NXOLORE, omé de coquilles, d'algiies et de poissons eu ronde bosse. — Fouille de Pallien. Fin m'" ou iv" s. — Musée de Trêves. Salle XX. Vitrine VII, n" 694,
le plus beau et le mieux conservé de toute la série (fig. 217). Elle a été trouvée à Pallien dans un sarcophage ; elle était placée sur un pinax de verre blanc laiteux lui servant de soucoupe (2).
La forme du récipient (n^ 79 du tableau de morphologie générale) est caractéristique de la fin du in^ s. ou de la première moitié
( i) On trouvera un bon dessiu de cette verrerie dans .-Vntox ICisa, loc. cit., p. 7S1, lig. 315. (2) Voy. VON WiLniowsKi, Arehâologische Funde in Trier tmd Umgegend, Trêves, 1873. Voy. aussi Fuhrer durch das Provinsialmuseum in Trier, p. m, n" 694.
DESCRIPTION GÉNÉRALE DES TYPES. 165
du iv^^. I,a pâte vitreuse, jadis incolore, s'est décomposée et a pris l'aspect du verre dépoli; elle est remplie de bulles d'air. Le décor comporte trois rangs superposés d'animaux marins. Dans la rangée inférieure sont disposés trois coquillages tubulaires, entourés chacun d'un fil de verre en spirale. Au milieu du vase, on reconnaît trois soles, poissons plats qui affectionnent les cotirants moyens. De la bouche de ces pleuronectes partent trois algues dont les bases élargies constituent les pieds du récipient. Dans la rangée du haut, cinq poissons préférant les régions supérieures de l'élément liquide, nagent en file indienne. Tous ces animaux ont été minutieusement faits d'après nature ; ils ont été modelés avec beaucoup de goût par des artisans maîtres de leur teclinique. Si des couleurs vives venaient rehausser cette œuvre charmante, on pourrait, sans exagération, la mettre en parallèle avec les produits les plus soignés de Bernard PaUssy.
Le second exemplaire gaulois, appartenant à la série des verres à boire ornés de poissons en ronde bosse, est une pièce beaucoup moins belle que celle de Pallien. C'est tui récipient vitreux analogue à cette dernière par sa forme, mais auquel on a adjoint deux petites anses arrondies et un pied tronconique.
Il a été trouvé à Cologne, en 1904 ; il fait partie des collections du musée Wallraf-Richartz (i). Comme son congénère de Trêves, il est en pâte vitreuse incolore, fortement décomposée. Les poissons qu'on y a soudés, sont disposés en trois rangées superposées ; ils sont tous de la même espèce ; ce sont des malacoptérygiens appartenant peutêtre au genre brochet. Dans la rangée médiane, l'un d'eux a été placé, par erreur sans doute, dans la position verticale.
I^ verre de Cologne provient d'une tombe à inhumation du début du i\'^ siècle dans laquelle on a recueilli, en outre, une bouteille forme 40, un flacon forme 10 à anses delphinif ormes et un moyenbronze de Constance Clilore (mort en 306) (2).
On ne sait pas exactement où les verres à poissons de Rome, de Trêves, et de Cologne, ont été fabriqués.
(i) Une photographie de ce verre a élé publiée par .\Niox KiSA, Das Glas im Alliiltimc, p. 783, iig. 316. (2) Bonner Jahrbucher, 1906, fasc. 114-115, p. 424 et pi. XXV, tombe 60.
i66 LA VERRERIE EN GAULE SOUS L'EMPIRE ROMAIN.
G. B. Rossi écarte l'hy^jothèse de l'origine classique et opte pour l'origine gauloise. Selon lui, le fragment découvert à Ostie aurait été apporté à l'embouchure du Tibre avec de nombreuses marchandises gauloises expédiées de Marseille à destination de Rome.
En admettant, avec quelques archéologues, l'hypothèse d'ouvriers travaillant sur les rives de la Moselle ou du Rhin, on est obligé de convenir que ces ouvriers devaient y être venus d'une région maritime, d'un port où ils avaient pu étudier à loisir la faune marine.
Ce port était-il Marseille où florissait une industrie verrière très développée ? Ëtait-il Boulogneoù l'on a trouvé de très belles verreries plastiques? Nous ne le savons pas et nous ne le saurons peut-être jamais.
Rien, d'ailleurs, ne confirme l'hypothèse monogéniste touchant la fabrication des verreries qui nous occupent. I.,e verre de Cologne, d'un travail négligé, est peut-être une œuvre provinciale, sortie d'une officine où l'on imitait des produits plus artistiques dont le vase de PaUien aurait fait partie.
6. — Forme 130. — Coquille. — Les verriers romains, à l'imitation des céramistes et des orfèvres, ont fait des flacons en forme de coquille.
I,a panse de ces flacons est constituée par un mollusque bivalve se rattachant à la classe des Pecten (fîg. 218). Le pied, le goulot, l'embouchure, les anses ne présentent pas de particularités anormales. Ils appartiennent aux tjrpes courants du Romain II. Les bouteilles conchiformes ont une origine très ancienne. Elles étaient connues des Grecs chez qui le Pecten était consacré à Aphrodite (i) . Elles semblent avoir été surtout destinées à des usages de toilette.
En Gaule, on ne rencontre guère de verreries conchiformes avant le ni*^ siècle. Les exemplaires qui sont parvenus jusqu'à nous sont tantôt en verre incolore, tantôt en pâte de verre blanc opaque ou bleu-azur. Ils proviennent du nord de la France et de la vallée du Rhin.
(i) Consulter Salomon liEINACH, Ri-petloirc des Vases peints, grecs et élntsques, Paris, 1S99, 1. 1, p. 34, 35 et 509. — I,es vases gïecs condiiformes ne sont pas rares au musée du Louvre. Un Iccythe, dont la panse est formée de 3 pectens accolés, est exposé au nuisée académique de Bonn. Un vase grec en tonne de coquille a été signé par le potier Phintias (Eçr||j.. àpy, 1886, pi. 9 et 10).
DHvSCRIPTION GÉNÉRALE DES TYPES.
c. Verres phytoniorphes (Forme 131). — Parmi les vases de verre dont la forme appartient au monde végétal, le tjqie en forme de grappe de raisin est le seul dont nous trouvions en Gaule des représentants.
Les flacons forme 131 imitent tantôt une grappe dont les grains sont
l'ro. 218. — Bouteille coxchiforme. — Cologne. FiG. 219. — Bouteille ex forme de or.\ppe de Cimetière de la rue de I,uxembourg (fouilles de r.\isin. — Cimetière des Dunes, à Poitiers
1893). Romain II. — Musée de Cologne, n" 529. (Vienne). — Musée de Saint-Gerniain, n" 30309.
groupés en une seule masse (fig. 221 et 222), tantôt une triple grappe (i) (fig. 219, 22o).Ils sont apodes (fig. 219 à 221), ou munis d'un pied consistant en un plateau séparé du vase par un sphéroïde ou un cylindre bas
(i) Ces deux types de grappe se remarquent dans la numismatique, dès une époque très reculée. La grappe unilobée est gravée sur les monnaies primitives de Julis (Ile de Céos). I^ grappe trilobée orne les monnaies archaïques de l'ile de Ténos.
(fig. 222). Quelques-uns d'entre eux (fig. 22i)ontle goulot et les anses de notre type 33. D'autres (fig. 220) ont le goulot et les anses du type 43. Des spécimens, en verre de deux tons (fig. 222) sont de la même famille que les flacons 50 (série B) décrits plus haut (p. 108), et ne diffèrent de ces derniers que par la structure de leur panse.
I^es verreries en forme de grappe de raisin, trouvées en Gaule, sont
i/^^nhj)
Fig. 220. ■ — Bouteille en forme DE GRAPPE TRILOBÉE. — Musée d'Arles, n" 2338.
Fig. 221. — Aryballe a panse moulée en roRME de GR-WPE.
— • Verre noir. Cologne. — Musée Wallraf-Richartz, 11° S18.
Fig. 222. — Flacon en forme de grappe. — Verre bleu (anses et bourrelet inférieur de l'embouchure en émail jaune). Romain II. ■ — • Musée Wall laf- Riclmrtz, à Cologne.
assez nombreuses. EUes se classent au Romain II. Nous signalons ci-après les plus intéressantes d'entre elles :
lO Six beaux exemplaires trouvés au cimetière des Dunes, à Poitiers (fig. 219). — Quatre d'entre eux sont au musée de Saint-Germain (salle XV). Les deux autres sont au musée des Antiquaires de l'Ouest, à Poitiers (Dunes U, XXII. Nos 73 et 74. Verre bleu-verdâtre) .
DESCRirïION GÉNÉRALE DES TYPES.
2° Grande grappe trilobée. — Hauteur: 25 centimètres. Musée d'Arles, (fig. 220).
3° Spécimen apode recueilli à Frésin (province de lyimbourg) (Belgique). Musée du Cinquantenaire, à Bruxelles (i).
4° Spécimen découvert à Verrines (Deux-Sèvres), publié dans la Revue archéologique de 1858, p. 538.
Fig. 223. — B.\Rii,i,ET FRONTINIEX. — Colleclion Morin-Jean, n" 1506.
5° vSpécimen trouvé en France (sans indication de provenance précise), publié par Froehner. Collection Charvet. PI. IV, 17.
6° Grappe de l'ancienne collection Heydenreich à Spire.
7° Grappes découvertes à Trêves (2). (Musée de Trêves. Vitrine VII. Salle 20. Voir Catalogue, p. 109).
(i) ScHEUEKMAisS. Dans Bull. comm. Belges, 1863, p. 127.
(2) Bonner Jahrbiicher, 1S86, fasc. 81, p. 49, pi. I, 11" 24; 1S96, fasc. 99, p. 52, pi. II, n" i. Fkoehnek, Collectioji J. Gréau, u» 1.157, pi. 209, n" i [Grappe tmilobée à pied; hauteur: 17 ccntim«}tres].
iyo
8° Plusieurs exemplaires de la vallée du Rlain conservés à Cologne, au Musée Wallraf-Ricliartz (fig. 221 et 222) et dans des collections particulières.
90 Fragments de grappes aux musées de Saintes et de Mayence.
d. Verres skeiomorphes (Formes 132 à 139).
Forme 132. — Barillet frontinien. — Le barillet 132 {Fasskanne des archéologues allemands) est une bouteille en verre moulée de la
Fig. 224.
B.\Rii.LEi A DEUX ANSES. — Cimetière de Beaumout-sur-Oise. — Collection Morin-Jmn,
même famille que les flacons n^ 9, mais dont l'embouchure n'est pas à bourrelet double et dont la panse est garnie, à ses deux extrémités, de cercles en relief (i) (fig. 223). Le nombre de ces cercles est variable. On en compte généralement cinq ou six à chaque extrémité.
L,es barillets ont tantôt une anse, tantôt deux anses appartenant à notre type y^ (pi. 3, p. 37) (2). Un modèle à trois anses du musée de Boulogne-sur-Mer fait exception. Nous devons ranger également parmi les raretés le tonnelet sans anses et sans goulot que nous reproduisons fig. 227, et les barils ornés
(i) l,a forme 132 a été donnée aussi à des récipients d'argile (Must'c d'Amiens, Barillet de terre cuite, hauteur : 27 ccutimétres; et Collection Th. Eck, à Saint-Quentin; Barillet à une anse trouve à Vermand; terre jaunâtre, hauteur : 17 centimètres).
(2) I^'anse à section circulaire du barillet fig. 226 est ime exception.
DESCRIPTION GKNÉRALK DES TYPES
soitd'un semis de cabochons (voy. plus loin, p. 224, n^syetSetfig. 305), soit d'une seule guttule de verre simulant la bonde du tonneau (fig .342) . I^e type normal du barillet est une bouteille de 14 à 18 centimètres de hauteur (i), à parois minces, soufflée dans un moule à deux parties. Le fond et le goulot sont rapportés. La bavure du moule s'arrête
Fig. 225. — Barillet ex v'ïrre verdatre filaxdrettx. — Fouilles du Boulonnais (1896). rv» s. — Musée
de Boulogne-sur-Mer, u" 5154.
en A (fig. 223) à l'amorce du goulot, et en B au point de jonction de la panse et du fond.
I.,e fond est divisé en plusieurs zones par des cercles en reUef et porte une signature, celle de l'industriel Frontinus dont le nom est inscrit en toutes lettres ou en abrégé (2).
(i) Exceptionnellement, certains barillets ne dépassent guère 7 à 8 centimètres (fig. 229). D'autres ont près de 30 centimètres de hauteur.
(2) Quelques barillets portent l'estampille Fronliniana [Fabrica] ou Comior. Fron. D'autres sont signés Frontinus, Front, ou Fro. (Consulter A. De\tlle, Histoire de l'art de la verrerie dans l'antiquité, p. 48; W. Frœhxer, La Verrerie antique; J. PiLLOY, Etudes sur d'anciens lictix de sépuitures dans l'Aisne, t. n, p. 111-117 ; .\NI0N KiSA, Das Glas im Altertuine, p. 943-947.
IvA \rERRERIE EN GAULE SOUS I^'EMPIRE RO]VL\IN.
Si nous examinons les rapports de proportions des diverses parties du barillet frontinien, nous constatons que toutes les dimensions indiquées en A, B, C, D, E et F de la fig. 228 sont égales entre elles. I^a partie unie de la panse a la même hauteur que chacune des deux zones cerclées. L,a largeur de la panse est égale aux deux tiers
Fig. 226. — B.\Rii,LEi M-\KQUÉ F. R. G. — Villeneuve-Saiut-Georges (S.-et-O.). — Musée de Saint-Germain. Salle XV, n" 26040.
Fig. 227. — Barillet a ouverture large, sans ANSE ET SAKS COL. — Trouvé à Reims. — Musée archéologique de Reims, n" 474S.
de sa hauteur totale. l,a hauteur du goulot est égale au tiers de la hauteur de la panse.
Nous sommes donc en présence d'un canon de proportions très simple observé dans la fabrication de presque tous les barillets.
L,e barillet frontinien s'est rencontré en abondance dans la région du nord des Gaules comprise entre le Rhin et la Bretagne, c'est-à-dire en Normandie, dans l'Ile-de-France, en Champagne, en Picardie, dans le Boulonnais, en Flandre et dans les vallées de la Moselle et du Rhin (i).
Il est particuUèrement fréquent dans les nécropoles de Can^^ (2),
(i) Une carte des lieux de trouvailles des barillets a été dressée en 1906 par le Dr Leblond [Marque de verrier sur an barillet gallo-romain trouvé à Beauvais, 1907). (2) Abbé Cochet, La Normandie souterraine, p. 61 et suiv.
DESCRIPTION GÊNÊRAI.E DES TYPES
du Bois-des-Loges près Êtretat (i), du Mesnil-sous-I^illebonne (2), de Neuville-le-Pollet(3), de Beau vais et de la forêt de Compiègne (4), de Reims et de la Marne (5), d'Amiens (6), du Vieil- Atre à Boulognesur-Mer (7), de Vermand, de Tournay et du T^mbourg Belge (8), de
FiG. 238. — B.VRILLET FRONTiNiEN. — Collection Morin-Jean, n" 1506.
Trêves (9), de Colo,gne (10), d'Andernach (ii), de Strasbourg (12), de Metz, de Worms et de Remagen (13).
(i) Abbé Cochet, loc. cit., p. 87 et suiv.
(2) Abbé Cochet, loc. cit., p. m et suiv.
(3) Abbé Cochet, Fouilles de Neuville-le-Pollet, 1845, pi. XIX.
(4) Fouilles de Roucy. Musée de Saint-Genuain.
(5) Catalogue du musée archéologique de Reims, n"» 4.653, 5.276, 7.063, etc.
(6) Nombreux exemplaires au musée de Picardie, à Amiens.
(7) Riche série au musée archéologique de Boulogne-sur- Mer. [Voy. D' Sauv.ace, dans le Bulletin de la Société académique de Boulogne, t. VII, et J. Vaillant, Epigraphie de la Morinie, 1890.
(8) J. PiLLOY, loc. cit., t. II, p. III.
(9) Riche série au musée Provincial de Trêves. Nombreux spédmens à deux anses.
(10) Voy. Bonner Jahrbiicher, 1906, fasc. 114-115, P- 43°. Pl- XXVI, tombe 68. (il) Kœnen, dans Bonner Jahrbucher, 1S88, fasc. 86, p. 1S6, pl. X, n" 19.
(12) Voy. Straue, Le cimetière gallo-romain de Strasbourg, iSSi, p. 20-21 et pl. VI, n" 2.
(13) Dragendorff, dans les Bonner Jahrbucher, 1895, fasc. 96-97, p. 123.
Par suite de relations commerciales, il s'est répandu sporadiquement en dehors de ces régions, notamment au cimetière des Dunes, près de Poitiers (i).
On ne l'a pas trouvé en dehors des pays gaulois, des régions où le \'in se transportait dans des tonneaux formés de douves de bois cmtrées et maintenues par des cerceaux. En Orient et dans les pays grecs et latins, le vin était renfermé dans des amphores de terre cuite
^^-^:--__jx
FiG. 229. — B.\RILLET EN VERRE VERDATRE. —
Paris. Cimetière du faubourg Saint- Jacques, iv» s. — Musée Carnavalet.
FiG. 230. — Barillet de terre cdite a goulot ET ANSE d'askos. — Miisée de Saint-Germain, n» 20749.
OU dans des outres de cuir (2). Le tonneau, cupa (3), n'y était pas absolument inconnu; mais PUne nous dit que ce récipient n'était d'un usage journalier que dans la région des Alpes et dans les contrées du Nord (4).
Les barils de verre sont de fidèles copies des tonneaux gaulois en
(1) p. DE Cessac, Découverte d'un cimetière des premiers siècles de noire ère à Poitiers, dans la Revue Archéologique, 1879, vol. 38, p. 46.
(2) ly'outre de cuir des pays méditerranéens a servi de modèle aux céramistes grecs qui, en s'inspirant de sa forme, ont créé le vase dit : askos. 1,'askos d'argile a été imité par les verriers pompéiens (Musée de Naples, n"* 113.248 et 118.142). II ne s'est pas répandu au nord des Alpes. On peut considérer comme une exception le tonnelet de terre cuite du musée de Saint-Germain (fig. 230), dont le col et l'anse sont empruntés à l'askos grec. Ce tonnelet est \m airieux type hybride où l'imitation du tonneau gaulois se joint à celle de l'outre à vin méditerranéenne.
(3) Voy. article Cupa dans le Dictionnaire des Antiquités de M. Saglio, 1. 1, deuxième partie, p. 1594.
(4) Pldje, Hisl^ nat., XIV^ 132.
DESCRIPTION GÉNÉRALE DES TYPES
bois. Ils sont d'autant plus précieux pour nous que presque tous les tonneaux de bois ont péri (i).
La fabrication des barillets frontiuiens a dû commencer au iii*^ siècle. Les exemplaires les plus anciens, ceux de la Normandie, ont été rencontrés dans des tombes à incinération. Ils sont en verre bleu-verdâtre d'assez bonne qualité. A la fin du iii^ et pendant le
l-IG.
VEKRtKiE FUSELÉE, ORNÉE d'ux FIL DE VERRE DISPOSÉ EX spiR.\Li;. — Fouillei du Boulonnais. — Musée de Boulogne-sur-Mer, n" 2532.
iv^ S., la fabrication frontinienne s'est poursuivie intensivement jusque vers 385 ou 390 ap. J.-C. Les spécimens les plus tardifs, ceux trouvés à Vermand avec des monnaies de Constantin (306 à 337) (2), de Valens (364 à 378) (3), de Gratien (375 à 383) (4)
(1) Un tonuL'au romain en bois, d'environ i"',75 de hanteur et i"",2o de diamètre, est conservé au musée de Mayence. Un autre a été découvert en Angleterre, dans le Comté de Buckinghani. Ce sont des raretés. i,es barillets de verre ne sont pas les seuls objets qui nous fassent connaître la forme des barriques de bois de l'époque romaine. On peut voir, à Trêves, au musée provincial, d'intéressants monuments en pierre qui représentent des galères chargées de tonneaux (Voy. I"r,\xz Cr.viier, Dus rômische Trier, p 20 et 21].
(2) Ûmetière de Vermand. Tombe 33g. Fouilles Th. Eck, en 1885.
(3) Cimetière de Vermand. Tombe 22. Fouilles I.elaurain, en 1885.
(4) Cimetière de Vermand. Tombe 183. l'ouilles 1,el.\urain,
et dans les cimetières à iuhtimations du Boulonnais, de la Picardie et de la vallée du Rhin, sont en pâte vitreuse incolore ou verdâtre, pleine de buUes d'air et de iilandres.
Formes 133-134. — Vcnes en forme de tonnelets fuselés. — • Les cercles du baril sont exprimés par un fil de verre qui s'enroule du haut en bas du récipient (fig. 231) ou autour de ses deux extrémités seulement (fig. 232).
Les verres 133-134, anses ou non anses, appartiennent aux pro-
FiG. 232. — Verres fuselés : A. Musée provincial de Bonn. Salle V, n" 151 12.
B. Musée de Cologne
ductions de la Gaule nordique et rhénane du iii'^ et du iv« siècles. Le type 134 est moins rare que le type 133. Il est représenté par des spécimens découverts à Boulogne (fig. 231), à Trêves (i), à Cologne (2) (fig. 232), à Andernach (3), et par un exemplaire de la collection Pierpont-Morgati (ancienne collection Julien Gréau) publié par M. Froehner (4).
Forme 135. — Le barillet 135 diûere des précédents en ce qu'il
(i) Trêves. Musée Provincial. Salle 20. Vitrine IX (P. M. 602).
(2) Voy. Bonner Jahrbiichcr, 1881, fasc. 71, pi. VI, n» 1.382.
(3) Vo\-. Bonner Jahrhûcher, 18S8, fasc. 85, pi. X et p. 185.
(4) W. Frceiiner, Collection J. liréau, n" 1.242, pi. 233 (n" 4).
DESCRIPTION GÉNÉRALE DES TYPES
est couché (fig. 233) (i). Il repose sur quatre petits pieds de verre. Sur le dessus, à l'emplacement de la bonde, est jplacé un goulot court.
-,5s FiG. 233. — Barillet polypode. — ni= s. — Mikcc provincial de Bonn. Salle V, A. 1012.
surmonté d'une embouchure en bourrelet et flanqué de deux anses appartenant au type r, (pi. 2, p. 36). Les verreries de ce modèle sont d'ordinaire en assez beau verre incolore ; les filets représentant les
î-tG. CJ4. — L-VMPE d'argile ET VASE DE TERRE ROCGEATRE EN FORME DE BARILS CERCLÉS. — Muséâ
provincial de Bonn. Salle III (n»' 731 et 5829).
cercles du tonneau, les anses et l'embouchure sont en verre bleu. Les tonnelets forme 135 ne sont pas communs. Ils ont été trouvés dans la
(i) A l'époque romaine, les bariUets du t\-pe 133 ne sont pas tous en verre. Quelques-iuis sont en terre cuite (fig. 234: l'exemplaire du haut est une lampe). D'autres sont en bronze. [Petitbarillet de bronze de S centimètres de longueiu-. Jlusée de Bonn, n' 3.673, Patine verte].
vallée du Rhin (i). Ils datent du m"? siècle et font partie du même groupe de produits que les verres à applications vermiculaires de la première férié (voy. plus loin, p. 200).
Formes 136 et 137. — Patèrcs â manche. — La forme de ces récipients vitreux reproduit exactement celle des patères de bronze et d'argent que l'on conserve dans tm assez grand nombre de musées et collections.
I,e t^'pe 136 paraît être le plus ancien des deux. Il existe, dès le i^'' siècle, dans la verrerie pompéienne (exemplaires du musée de Naples). Il n'était pas tombé en désuétude au Romain II, j^uisqu'on en connaît des spécimens ornés d'applications vermiculaires (2) (fig. 287).
Frœhner a publié une patère forme 136 trouvée à Amiens (3).
Le type 137 [Triilla des archéologues allemands) est une coupe peu profonde à pied annulaire, et munie d'un manche. Les patères de cette forme sont en verre incolore et décorées d' applications vermiculaires (fig. 286). Elles n'ont guère été recueillies en dehors de la vallée du Rhin.
Au cimetière de Cologne, elles étaient dans les sépultures à incinération de l'époque des empereurs syriens, en compagnie des plus belles verreries à applications vermiculaires (4). Quelques-unes ont servi de soucoupes aux œnochoés forme 52 et fig. 275.
Forme 138. — Verreries en forme de panier. — Les verriers de l'époque romaine ont copié les objets les plus variés. On a recueilli à Pompéi un flacon de verre en forme de marteau (5) . On a découvert en Gaule des récipients vitreux en forme de paniers munis d'une ou de deux anses.
Le panier que nous reproduisons fig. 235 est décoré de filets en
(i) Aus' m' Weerth en a publié deux dans les Bonncr JahrbUcher de 1881, fasc. 71, pi, V, n" 1.3S1 et pi. VII, n" 1.3S0, Frœhner en a publié un de 21 centimètres de longueiu: dans son grand catalogue de la Collection Gréau [n" 1.244, pl- 233. "° 6)-
(2) Une patère en verre ornée d'applications venniculaires, provenant d'une tombe du m" siècle découverte à Hauret, est conservée au musée de Namur (voy. Anton Kisa, Das Glas im Altertume, p. 460 et fig. 128 h).
(3) W. Froeh.n'ER, La Verrerie antique, pl. XX, n» 89.
(4) Voy. Bonner JahrbUcher, 1906, l'asc. 114-115, pl. XXIV.
(5) Musée national de Naples, n" 12.087.
DESCRIPTION GÊNÊRAXrE DES TYPES.
émail blanc. Il est difficile de lui assigner une date précise. En tout cas, il ne semble pas antérieur au iii«^ siècle. Un spécim.en rhénan, d'un modèle un peu différent, a été publié par Anton Kisa (i).
Forme 13g. — Flacons en forme de casque de gladiateur fermé (2). — Les bouteilles du type 139 sont des vases à huile parfumée dont se sont, sans doute, servis les gladiateurs. Quand le casque est, comme dans notre figure, placé à l'endroit, le flacon se trouve à l'envers, car c'est le gorgerin qui con.stitue le col du vase. La panse est ornée de fils de verre qui simulent les détails de la visière. Elle a été soufflée à part. Elle présente une petite ouverture à l'endroit du raccord avec
FiG. 235. — Verrerie ex forjie de paxier a deux .\xse.s. ■ — Musée d'Avignon, ii" 97.
le goulot. Par cet étroit orifice, l'huile, contenue à l'intérieur de la bouteille, ne pouvait couler que goutte à goutte.
On ne connaît jusqu'ici que deux exemplaires de ce genre de verrerie (3).
Le premier, conservé au musée Wallraf-Richartz à Cologne, est en verre incolore d'une grande pureté. Il est décoré d'applications vermiculaires, reprises au petit fer, qui représentent des feuilles cordiformes dans le style caractéristique de l'époque des empereurs sj-riens (fig. 236). Il a été trouvé à Cologne, rue de Luxembourg, en
(i) Anton Kisa, Das Glas im Alteiiume, fig. 71. Cologne, Collection Niessen.
(2) Sur les différentes formes des casques de gladiateurs, consulter le Dictionnaire des Antiquités de Daremberg et Saglio, t. II, deuxième partie, p. i44q.
(3) La forme de casque de gladiateur a été donnée à une lampe d'argile à couverte éniaillée, trouvée dans mi sarcophage à Alteburg près de Cologne et conser\-ée au British Muséum [K. 49]. (Voy. W.alters, Catalogue of the Rontnn Pottery, p. 8, et pi. II.)
1897, dans une tombe à incinération qui fait partie du groupe de sépultures que nous avons datées en bloc de l'époque des Sévères (i).
Le second, découvert, lui aussi, à Cologne, faisait autrefois partie de la collection Disch (2). A la vente de cette collection, il a été acheté par M. Hoffmann, de Paris. Il n'est pas une reproduction exacte de celui du musée Wallraf-Richartz. Il est polychrome. La bouteille est en verre incolore ; les arcades sourcilières et le nasal sont en verre
FiG. 236. — Flacon en forme de casque de i^l.adiatei'k. — Musée Wullraf-Ricliailz, à Cologne.
bleu. St:r les joues, des fils de verre ingénieusement disposés dessinent des pigeons becquetant des baies (voy. plus loin, p. 199).
Le casque de la collection Disch se classe, comme son congénère du musée de Cologne, au iii^ siècle.