‹ La verrerie en Gaule sous l'Empire romainChapitre 43 sur 75 · EN- SPIRALE · texte numérisé non relu

EN- SPIRALE

— Crêts de Pressy. -

- Mlis

ce de

Genève (Suisse).

FiG. 260. — Bouteille de VERRE bleu . — .-Uises en verre vert-clair. — Musée de Trêves.

Salle XX. Vitrine IX, n» 1455.

FiG. 261. — Bouteille ex VERRE VERDATRE. — Paris.

Cimetière du faubourg Saint- Jacques. IV s. . — Musée Carnavalet.

mais nous verrons qu'ils s'exerçaient encore à couvrir de fils de verre la panse de maints récipients.

Je propose de répartir toute la série de ces curieux produits en cinq variétés principales.

A. Verres à spirales. — Un grand nombre de verreries du Romain II sont ornées de fils de verre qui s'enroulent en spirales autour de leur panse ou de leur col (fig. 259 à 261). Ces fils, quelquefois assez gros, souvent aussi d'une finesse, d'une ténuité remarquables (fig. 260), s'étendent sur le vase tout entier (fig. 259), ou n'en couvrent que certaines parties (fig. 260, 261). Lorsqu'ils n'ont été appliqués que sur le goulot, ils apparaissent comme l'imitation, comme la survivance décorative des liens qui retenaient le bouchon du récipient.

LES PROCÉDÉS D'ORNEMENTATION

B. Verres ornés de résilles. — Lorsque les fils de verre se croisent, le décor prend l'aspect d'une résille. Il semble avoir été inspiré par ces filets de matière textile dont on enveloppait certains vases pour les garantir ou les porter.

Sur un grand gobelet tronconique en verre verdâtre découve^^t

FiG. 262. — Gobelet en verre j.\u>-e-verdatre, omé d'une résille de verre brun. — Fouilles de Ma^'en. — iv» s. — Musée de Nuremberg.

IviG. 263. — Verre .\ pied du iv" s. — Xeufcliàtel (Pas-de-Calais). Fouilles de 1S4S. — Musée de Boulog7te-sur-Mer, n° 2506.

à Mayen et conservé au Musée germanique de Nuremberg, des filets verticaux et horizontaux de teinte or brun forment un treillis régulier (fig. 262). Sur un verre à pied du musée de Boulogne-sur- Mer, le dessin est plus compliqué, mais reste toujours anguleux (fig. 263).

Fréquemment, le treillis est constitué par un réseau de mailles arrondies qui ne résulte pas du croisement des fils, mais d'une ingé-

nieuse disposition de lignes qui se touchent alternativement aux partis convexes et concaves (fig. 264).

En élargissant inégalement le]^fil qui forme les mailles, en l'aplatissant sur certains points de manière à le fondre dans la pâte du récipient, en lui donnant ici et là un très haut relief, les verriers du m" et du rv* siècles ont créé une décoration savante et rationnelle qui

Fig. 264. — Verre orné d'une résille. — La Fortelle (Oise). — Musée de Saint-Gennain.

Fig. 265. — ■ Verre a. pied, trouvé à ïhiélreville, en 1842. — Romain II. — Musée de Rouen.

leur permettait de répartir habilement les accents luminetrx à la surface du vase (fig. 265 et 266).

C. Verres à décor onde. — Ici, les fils de verre ne se croisent plus ; ils jaillissent de parties saillantes, de gouttes plus ou moins volumineuses (fig. 267) ; ils décrivent des courbes d'une rare élégance, forment des guirlandes et des festons (fig. 268, 269). A la fin de la période romaine, ces festons dégénèrent en imbrications dites plumes d'oiseau (i) (fig. 270). A l'époque des Invasions, le décor en plumes d'oiseau n'est plus établi avec des fils étirés et appliqués à chaud. Il est peint en blanc opaque sur un verre verdâtre ou jaunâtre. Les ver-

(i) Les ornements en plumes d'oiseau sont fréquents sur les verres francs du v« et du vi' sièdes [voy. Boulanger, Le Mobilier junéraire, pi. 31, n" i et 4].

LES PROCÉDÉS D'ORKËIMENTATION. 199

Tiers reviennent insensiblement, par des procédés différents, aux ornements des balsamaires en verre opaque des temps archaïques.

D. Verres à applications vermiculaires {Fils serpentants) (i). — Les applications vermiculaires trahissent une origine gréco-orientale. Elles ont beaucoup d'analogie avec les ornements blancs crémeux des vases peints de la série apulienne, dite de Gnathia. Elles reprennent avec plus ou moins de fidélité les rinceaux, les feuilles, les vrilles ciselés sur les pièces d'orfèvrerie alexandriue ou reproduits par le procédé du moulage sur les bols d'Arezzo, de la Graufesenque et de Lezoux. Quelques-unes d'entre elles sont des survivances de motifs extrême-

FlG. 266. — Bol a pied trouvé dans le département de l'Eure. — \'erre incolore. Romain II. — Musée de

Rouen.

ment anciens comme le swastika (2) (fig. 271, n° 6) et la double volute (fig. 271, no 7).

D'autres figurent des animaux (oiseaux, serpents). Sur un flacon représentant un casque de gladiateur [forme 139] ayant fait autrefois partie de la collection Disch à Cologne, le fil décrit les contours de deux pigeons becquetant des baies (3) . Ces volatiles sont fort bien faits. I,' ouvrier qui les a tracés devait avoir une sûreté de main absolue, car il était obligé de se hâter dans son travail, et toute reprise lui était interdite.

(i) Scitlangen/aden des archéologues allemands.

{2) Sur le swastika aux temps préhistoriques, consulter Joseph DÉCHEIXTTE, Manuel d'Archéologie réhislorique, celtique et gallo-romaine, t. II, chap. XIII, § VI, p. .i 53-464. (3) Anton Kis.4, Das Glas im Altertume, fig. 125 et p. 431.

I,es verres à applications vermiculaires découverts en Gaule proviennent pour la plupart des nécropoles nordiques. Ils se divisent en deux séries qui se suivent chronologiquement.

a. Ceux de la première série, plus abondants dans les vallées du Rhin et de la Moselle que sur les autres points du territoire gaulois, étaient en vogue à une période comprise entre l'époque de Septime Sévère (193 à 211) et celle d'Aurélien (270 a 275). A Cologne, on en a recueilli plusieurs dans des cuves de pierre à com-

Xl2^

FiG. 267. — CoLTE DE VERRE INCOLORE. — Décor Vert foncé. Vermand. iv<^ s. — Musée Lécuyer, à Saint- Quentin, n» 2 62 S.

partiments qui renferment des incinérations tardives et constituent, comme le dit Kisa (i), une transition des tombes à urnes aux tombes à sarcophages. Par contre, les grands cimetières à inliumations du nord de la France, qui ne furent créés que dans les dernières années du iii^ siècle, n'en contiennent pas.

lycs verres à fils serpentants du iii^ siècle ont un caractère très particulier qui permet de les reconnaître à première vue. Ils sont en pâte incolore, débarrassée des teintes données par les oxydes de fer

(I) Anton Kis.\, loc. cit., p. 243.

l'L. S. — DiOTA DK VF.RRK DIÎ LA BASSE KPOOfE IMPÉRIALF. — .l/lISlV llll Louvre. V. D. Il" 5O3 [1572].

(D'après l'aciuarcUe de M. Moriii-Jeaii.)

IvES PROCÉDÉS D'ORNEMENTATION.

contenus dans les sables ; ils sont décomposés pour la plupart et ont pris l'aspect du verre dépoli. I,es applications vermiculaires dont ils sont décorés sont striées transversalement au petit fer. Elles sont tantôt incolores, tantôt teintées en blanc opaque, en bleu pâle, en

FiG. 268. — Gobelet de vterre VERT- jAUX.iTRE. — Décor jaunebrun. iv^ ou v= s. — Cabinet des Médailles, à Paris, n» 5459.

FiG. 26g. — Verre a pied, orné de festons bleu-verdàtre.

Fouilles du Boulonnais. IV s.

— Musée de Boulogne-sur- Mer, n" 2494.

^^^fc^te ■ -^^

FlO. 270. -

- Bouteille

Page 1