‹ La veuve à la modeChapitre 28 sur 50 · SCENE VU · texte numérisé non relu

SCENE VU

BEATRlX.

Je suis de vostre avis , sans bien l'on ne peut vivre.

Miris.

Ah! mon pauvre mary, je m'en vay donc te suivre !

Alcipe.

Mais si son héritier vouloit vous épouser ?

Miris.

Hé quoy l vous me l'osez aujourd'huy proposer ?

Alcipe.

Ce que je dis doit peu vous contraindre à |e faire.

Orphise.

Vous devriez écouter ce conseil salutaire, Et songer, quand le sort vous traitte avec rigueur, Qu'autrefois Clidamis eut pour vous de l'ardeur.

Beatrix.

Il en auroit encor, si vous vouliez, Madame, Et vosyeux,quoyqu'en pleurs, r'alumeroient sa flame.

Miris.

Ah 1 ne me tenez point de semblables discours.

Hé bien, Ton en pourra parler dans quelques jours. Vous craignez de pécher contre la bienséance.

Miris.

Mais, s'il n'avoit pour moy que de l'indiference, Voudriez-vous bien qu'estant veufved'un demy jour, L'interest m'obligeât à montrer de l'amour?

Orphise.

Permettez qu'il reprenne une espérance morte,

(On heurte.) Car il vous aime encor. Mais on heurte à la porte.

M IRIS

Ouvrez. Ha! hal Helas! que ma douleur est forte! Mais je ne me dois pas tant gesner pour Crispin.

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