PRÉFACE. IX
d'une manière incontestable la collaboration mystérieuse de La Fontaine. Molière consentit à jouer deux autres pièces de Donneau de Visé, auxquelles il avait peut-être prêté son concours, le Fin Lourdaut (?) , qui eut quatorze représentations à la fin de Tannée 1668, et les Maux sans remède, comédie en cinq actes, jouée seulement deux fois en janvier 1669, avec deux recettes brillantes, 528 livres et 38o livres 10 sols. Mais cette comédie, dont la réussite avait été complète, fut retirée, après la seconde représentation et malgré cette annonce affriolande de la Gorette en vers de Robinet :
J'ai lu, dans l'histoire des Mèdes, Que c'est un des maux sans remède Et tel qu'un esprit jovial En fait voir au Palais-Royal, Depuis hier, dessus la scène, Qui valent bien, je crois, la peine Que chacun les voye demain :
Ces maux étant, pour le certain, Des remèdes aux maux de rate, Qui s'y désopile et dilate.
La disparition soudaine d'une pièce de théâtre qui avait si bien réussi tenait certainement à des causes graves que nous ne connaissons pas, mais dont l'effet fut de rompre le bon accord existant alors entre Donneau de Visé et Molière. Les pièces de l'auteur des Maux sans remède furent