‹ La veuve du MalabarChapitre 13 sur 19 · SCÈNE XUl · texte numérisé non relu

SCÈNE XUl

Les Mêmes, excepté SURVILLE.

BUULL-PHA-GOS.

Dieux! comme cela se rencontre ! moi qui venais demanà^v à Dupré quelque moyen pour sortir d'embarras. jjine DUPRÉ , fjui , pendant tout ce temps , est restée sur sa

chaise.

On n'a jamais vu de femme plus malheureuse.

BRULL-PHA-GOS.

Je conçois combien votre douleur est légitime , ce cher Dupré était si bon.

M™« DUPRÉ

Lui , il était brutal , colère, ahl

BRULL-PHA-GOS.

Je ne dis pas non. . . mais Tamour qu'il avait pour vous-

Mme DUPRÉ , (h même.

Depuis cinq ans, il m'avait abandonnée.

BRULL-PHA-r.OS.

Je ne dis pas non ■ . . mais la concorde qui, auparavant, régnait entre vous.

Mme DUPRÉ.

Nous nous disputions sans cesse. . . Ah' queile perte! je suis bien malheureuse. ,. < i ■

BRULL-PHA-GOS.

, Je vous en prie , madame Dupi é , ca'uiez voire douleur , votre désespoir est si grand, que ce sera pour vous une consolation de remplir votre devoir.

// lui présente l'agenda sur lequel il a écrit. M""^ DUPRÉ.

Qu'est-ce que c'est .?

BRULL-PHA-GOS,

Une simple formalité ; il s'agit, comme veuve, décrire hi votre nom.

M"'" DUPRÉ , essuyant ses yewx.

Comment , voilà fout ce que vous exigez de moi ?

BRULL-PHA-GOS.

Pas auîre chose.

M"' DUPRÉ

Eh bien alors!

BRULL PHA-GCS.

C'est tout uniment pour prendre dale. . parceque souvent il y a foule. . . mais maintenant que vous êîes enregistrée , vous voilà certaine. . .

M"'^ DÙPRÉ.

De quoi .''

BRULL-PIIA-GOS.

De ce qr-C je vous disais ce matin. . . de paraître à celle augusie cérémonie qu'ont établie en ces lieux nos lois et nos

usages.

mme DUPRÉ.

Gomment , monsieur , je serais obligée de mourir pour un mari qui ne sait pas vivre ?

BRULL-PHA-GOS.

On ne force personne. . . mais dès qu'on a signé, il n'v a pas moyen de s'en dédire.

M'""= DUPRÉ

Mais c'est donc une fournaise , un enfer , que ce pays-ci?

BRULL-PHA-GOS,

Vous avez au moins l'avantage de ne pas attendre , et de profiler d'une belle occasion. . . un bûcher magnifique. . . . bûcher de première classe.

mmc DUPRÉ.

Ah! mon dieu ! que faire , personne n'arrivera-t-il à mon secours.''

^ BRULL-PHA-GOS.

Wahe de Rossini.

Oui , parlons h l'iustant ,

Déjà l'on vous aUencl.

Et voyez quel Lonneur

D'avoir un proleclcur ,

Songez donc que personne

N'eut un pareil honneur ;

Le tour que je vous donne ♦

Est un tour de faveur.

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