M- DUPRÉ , DUPRÉ
DUPRÉ entre précipitamment et jette son chapeau sur la table.
Ouf! ce n'est pas sans peine ; mais enfin, . (Apercevant madame Duprc.) Àh ! le voilà encore là.
M"" DUPRÉ
Pendanl ton absence, il est venu une visite (^Se reprenant.) Ah! mou dieu , comme tu as chaud... S'il est possible de courir ainsi . . . \ oilà comme on atlrappc une maladie.
DUPRÉ
Tais-toi donc... J'ai bien d'autres choses qui m'occupent.
M'"' DUPRÉ
C'est pour cela, que ce soin là doit me regarder. (Lui essiiyant le ftvnt aoer son niouchoir.) Vrai , mon ami , lu devrais changer. . .
DUPRÉ
Jeté répète que je n'ai pas le temps.
Je t'en supplie ... Si ce n'est pas pour toi , que ce soit pour moi. .. Il n'y a rien de plus dangereux.
DUPRÉ
Eh mais , je n'en reviens pas ! Comme te voilà radoucie ! Quels égards . . . quelles attentions.
jyjtne DUPRÉ.
C'est que depuis un instant, j'ai fait des réflexions. . . J'ai eu ce matin un mouvement de vivacité que je me suis bien reproché : cette scène m'a fait un mal. . .
DUPRÉ
Et à moi donc ! elle m'a tourné le sang. M"'' DUPRE, \>î\>ement.
Il serait possible ! . . . Je ne t'en ferai plus, mon ami , je te le promets.
DUPRÉ
Allons, ma femme vaut mieux que je ne croyais; et je commence à penser que son caractère . . . C'est bien , ma chère amie ; mais laisse-moi , j ai des affaires à terminer.
jyiTie DUPRÉ.
Toujours des affaires! Yn travailles trop , tu te fatigues-.. Tune le soignes pas assez!
DUPRÉ
Encore!... Ah çà , je t'en prie , modère ton affection et rentre dans ton appartement.
M'"" DUPRÉ
Alft: Berce, berce, bonne grand-^mvre.
Veille , veille, ô Di€u luielâire!
Sur des jours aussi précitjux?
( à son mari)
Car c'est d'une santé si chèie Que dépend la nôtre à tous deux.
BUPRÉ.
T'en iras-tu ?
M"'« UUPRÉ, retenant.
Surtout pas d'imprudence !
lu m'entends bien ?...
DUPRÉ
Tu veux; donc , je le voi , Me faire ici mourir id'impatience ?
M<ne DUTRÉ , s'éloîgnumt vivetnertf.
Non, ce sevd mot me fait mourir d'effroi. Ensemble.
Veille, veille y b Dieu tutélaire!
Sur des jours aussi précieux ; Car c'est d'une saute si chère Que dépend la nôtre à tous deux,
, ■ :. UUPRÉ.
Enfin, tu partiras j'eSjpère, Tous me§ jnslans'sonl précieux.
Ah ! d une tendresse aussi cherc , Combien les liens sont ennuyeux.
Madame TJupré sort.
^n r'^f^'- SCÈNE ' Vl.
DU PRIÉ, Vf «A
Les femmes sont extrêmes en tout. . . si la mienne se met une fois à m'Jidorer , iln^y aura pas moyen d'y enir , mot surtout qui n'en ai pas l'habitude. Enfin elle est partie .' J . '.' Ouvrons à M. de Survillé. Je ne sais à quoi je m'expose en secondant ses projets, eri! lui indiquant ce passage souterrain qui donne dans les caveaux du temple ; mais je ne pouvais pas faire auircnicnt. . .un Français. . un compatriote. . d'un aiitre côté, cette pauvre Zéila. . .la pitié, .l'humanité. . et les vingt mille piastres qu'on m'a pi'omises. .le moyen de
résislcr à des iiiolifs aussi prépondéranls. (Pemhinf te temps , // chcnlie /uirnii un trousseau de clf.fs , et vu ouvrir une petite porte secrète ifui est a gaurlic.') Entrez,' el ne craignez rien , vous èîes en sûrelc.
' SCENE Vil.
DUPRÉ, SURVILLE, ZEILA.
AlB de Rossini.
ZÉILA.
A travers ces voûtes souterraines , Répondez j'Oàrne conduisez— vous ?
SYFRVltlLE:
C'est l'amour qui vient briser les chaînes, Zeïla, calme enfin ton effroi.
ZEÏLA.
Ah ! grand Dieu !«' est Henri (|ue je voi:
SURVllLt!
Oui , vous êtes chez moi.
ZEÏL.\.
Vous revoir avant ma dernière heuxe , De mes vœux c'e'tait le plus doux ; Au tombeau de l'époux que je pleure , Je priais et je pensais à vous.
Jinsemble.
De frayeur mon ccAnr palpite et Ireriible ; De Brama redoutez le courroux; Au tombeau je dois suivre un e'poux .• De grâce éloignez vous.
SUUVILLE.
C'est l'amour qui tous deux nous rassemble De Brama je crains peu le courroux , Cai- je suis votre aniàirt , votre ep'oux' : 0»ii , je suis votre époux.»
Ï)UPI\É.
Oui, Madame, Monsieur vous aime, vous épouse el vous emmène.
ZEILA.
Hélas 1 que je le voudrais, mais un autre sort in'adend • mes amis , mes pareils le disent tous.
DUPRÉ
Je crois bien , si vous consultez vos héritiers.
ZElLA..
Non , ils prétendent que Brama me punirait si je désobéissais à mon époux.
Air du oaudeville de l'Homme i>ert.
En mourant, son ordre suprême Veut que je partage son sort ; Car nos maris ont pour système Qu'on soit fidelle après leur mort.
DUPRÉ
Après leur mort, être fidélité , Chez nous, l'époux moins exigeant, Est trop heureux lorsque sa belle Veut bien l'être de son vivant.
ZEILA.
Sans compter qu'on est très-mécbant dans cette ville. Si je ne meurs pas, toutes les dames de ma connaissance vont dire du mal de moi, et me voilà deshonorée dans le pays.
DUPRÉ
Ouoi! c'est là le vrai molif .'*
ZEILA.
Oui, monsieur, il n'y en a pas d'autre ; sans cela, je n'ai pas plus envie que vous d'être brûlée.