SCÈNE I
PERRINE, puis MULOT.
Perrine {assise et parlant à la cantonade.) Oui, ma tante Pinchon,,.. oui,... je me dépêche taDt que je peux. {A elle-même.) Quand je dis ma tante Pinchon, je pourrais presque dire ma tante Philippe... su que tout à l'heure, sitôt que j’aurai fini de lui ourler son fichu de... secondes noces...
Md loi ( entr'ouvrant la porte du fond).
Elle est toute seule !...
Perhine ( sans se retourner) .Ç Qu'est-ce qui est là ?...
Mulot ( timidement ) Personne, mam'zelle Perrine... (d'une voix insinuante) Je puis t'y entrer?
PKRRiNE{rfe mente). Mulot, qu'est- ce que vous demande/. ?
Mulot t interdit ). Je... je demandais... si je peux-je entrer.
Perrine. Non !
Mulot ( s'approchant (Telle.) Ah !...
Perrine. Eli ben !... ne vous gênez pas! Otezvous de là , ou je vous pique.
Mulot. Ça m'est égal.
Perrine. Ah! ça vous est égal!... (£We le pique.
Nota. S'adresser pour la musique de celle pièce, bibliothécaire au Ibéâirv.
Mulot (se frottant le bras). Ah ! (Elle pique.) Oh !.. (Calme) allez toujours , piquez...
Air : De partie carrée.
Piquez toujours, main'zulle, d' votre niaiu geuiille C'est une caresse, et je soupire après.
C'est peut-être avec une aiguille QuTamoor lance aujourd'hui ses traits,
Cesl plVir' connu' i;a qiiTaniour lance ses traits. Ferme ! allez doue ! de ces douces piqûres,
Vous le voyez, Perrin’, j' n'ai pas peur :
Car chacune de vos blessures Me blesse jusqu'au cœur ;
Me frappe jusqu'au cccur.
Allez... Ça me fait plaisir I...
Perrine. Ça vous fait plaisir?... Eh ben...
non, là... je ne veux pas.
Mulot. Ah ! bon ! v’Ià nue vous prenez le mot de votre cliere tante, à cTlieure : marne je veux, marne je ne veux pas! main'j'ordonne !... Si ça ne fait pas gémir ! des simples femmes ! des petites jeunes femmes... vouloir commander...
mener des hommes... des vrais hommes à la baguette...
PBRniNE. Tâchez un peu qu'on vous entende de la porte à côté... (Elle montre la porte à droite.)
Mulot. Qui ça ? la mariée ? Mais je lui dirai en face, en face... Je ne suis pas un homme (comme feu défunt son Pinchon, moi... En v’Ià
pour celle du Répertoire du Gymnue, t M. J mis,
ïi'f’àZ
un qu’elle a fait marcher de sou vivant !...
Pendant les trois ans qu’a duré leur mariage, l’a-t-elle assez fait tourner... qu'on aurait dit d’un tonton... Et qu’il n’y en avait pas deux pareils dans tous les environs de Montargis.
Perrine. Allez-vous vous taire?
Mulot. Ali ! c'est-à-dire, si... Il y avait mon parrain Philippe... qui s'est engage de désespoir, quand mante Catherine lui a préféré son défunt, et qui est revenu de l’armée encore plus tonton que jamais... pour épouser la veuve en secondes noces... et pour tontonnerà son tour!...
Peurine. Eh lien ! après?... Si ma tante les aime comme ça, les maris! ..
Mulot. Pour elle... ça m’est égal , oui...
mais pour vous... Voilà où je me crispe... car c’est parce que j'ai du caractère, moi, qu’elle me refuse votre main... et qu’elle veut vous marier à ce mirlillore de M. Frédéric , qui la câline et que vous ne pouvez pas aimer.
Pr.nniNE. Parce que ?
Mulot. Qu'est ce qu’il a donc de si séduisant ce paltoquet-la ?
Perrine. D'abord il a de l'éducation, il a été élevé à Paris-
Mulot (.riant). Alt! Elle est bonne!
Air : de l'Anonyme.
D'Iéducaliou, mani’zcllc vous nie faites rire;
DH’s-lnt seulement de tailler un prunier.
PERRINE
C’est nu jeune honnne comme il faut...