‹ La Veuve Pinchon, comédie-vaudeville en 1 acteChapitre 13 sur 29 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

Les mêmes, PHILIPPE, MULOT, BOUCHENOT, villageois..

Mul^t. Bravo! parrain! bravo!

Philippe (cognant F un contre l'autre les deux paysans qu'il lient). Tiens Gorju ! tiens Gorenllot!... e’est vous qui avez crié les premiers : Vive Pinchon II.

Tous. Assez, Philippe, assez !...

Philippe (en en poussant un sur Bouchenot). Tenez, père Bouchenot , pour vos calembours.

Bouchenot. Oit!

Philippe (même jeu avec l'autre). Et pour vos gouailleries!

Bouchenot. Oh! mais, malheureux, tu veux donc me démolir?

Philippe. Du tout... je respecte les ruines !... (Il regarde auluurde lui.) Ali ! Perrurhon, que j'oubliais... Ous’qu’cst Perruclion ?

Catherine ( d’un Ion impératif). Ali ça!

m’écoulerez-vous enfin, monsieur Philippe?

PHiLiPPEt/o/so»/ le salut mUitaire).\oi\ki..

Présent !... à l'appel, mon joli colonel !

Catherine (avec sévérité). Allez-vous m’expliquer?...

Philippe. Ah! oui, c'est vrai... je ne l’ai nas encore dit... C’est parce qu’ils criaient: Vive Pincliou II.

Catherine. Eh bien! monsieur?

Philippe. Eh bien ! tu ne vois donc pas que c’était pour se moquer de moi?... et, par conséquent, de toi aussi... puisqu’à présent nous ne misons plus qu’un.

Catherine. 11 n’y avait pas là de quoi se fâcher si fort, et faire tout ce vacarme... Vous n’aviez qu’à me dire que cela vous contrariait.. . je les aurais bien fait taire.

PntLirpE. I)u tout! tu m'as assez protégé comme ça, tant que j’ai été ton futur... à présent, c’est mon tour. . Monsieur le maire vient de nous le dire... avec sou écharpe... je te dois protection... età moi aussi.

Mulot (même jeu). Et obéissance Elle

vous doit... et obéissance.

Philippe [lui donnant une tape). Tu n’as pas encore (ini de me défoncer les côtes, toi. ..

Catherine (basa Perrine). L’intention était bonne... Et puis on l'a poussé à bout.

Philippe (lui prenant la taille). Ah! c’est , que pour te protéger... cré mille noms!...

Catherine. Hein?...

Philippe. Quoi donc!

Catherine. Vous venez de jurer...

Philippe (gaiement). Tu crois!... c'est possible ! Ah ! hast ! une fois en passant, il n’y a pas grand mal.

Air : Voilà mon cousin, F allure.

Pour ranimer la conversation.

Qui parfois devient blême,

Un ventrebleu ! peut venir sans façon ;

Ça ravigote, et j trouve, nom d’un canon !

Qu’ça prouve mieux qu’on aime,

Triple nom!

Ça prouve bien mieux qu’on aime.

(Elle veut parier, il continue.)

Slème air :

Dire à sa femme : JV’aime, mon bibi,

C’est d’une froideur extrême;

Un p’tit juron, morguene ou sapristi ,

Ça n’peut pas nuire et je te l’jure ici :

Nom d’un p'Iii bonhomme que j'taimc !

Sacristi !

Mill’ nom d'un boulet que j't’aime.

Tous. Ali ! ah ! air

Catherine (riant). Oui, c’est gentil., mais... dis-moi donc, l’errine , ne trouves-tu pas que, depuis quelques instants, Philippe n’est plus le meme homme?

Perrine. C’est que c’est vrai! à présent

que le v’Ià marié, on d ; rnit qu’il prend déjà des airs.

Catherine. Tuer- s |u’il prend des airs ?...

Bouchfnot (go 1 !!, ment). En ma qualité d’ancien soupirant et de maître d'école , perlaeltez-moi de vous offrir un petit compliment de ma composition.

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