SCÈNE XIV
Les mêmes, FRÉDÉRIC, puis les Villageois.
Catherine! allant au-devant de lui). Monsieur Frédéric!...
Frédéric [jetant tes tessons qu'il a dans son chapeau et dans l’ouverture de son gilet). Ah ça! mais décidément. Lalle tante, on eu veut donc à mes jours ?... Qu’il pleuve des bouquets sur ma tète, passe... mais de la vaisselle!... une autre fois, ce sera une chaise ou nue table,., je reudrai une ombrelle... je prendrai une omrelle... "
Mulot [riant). Ah! ali! ah!
Perrine { avec reproche). Vous riez?...
Catherine. Mulot!... je finirai par vous mettre a la |>orte !...
Mulot [regardant Philippe). M esacher !
Catherine. Eh bien, oui... je te chasse!....
Mulot. Oh ! parrain!...
Catherine. N’y a pas de parrain! tourne-moi les talons plus vite que ça!... ch..., que je ne te voie plus ici!...
Mulot. Oh! !... [Il sort.)
Philippe [bas à Frédéric). Je ne vous avais
pas invité.
F'rédehic [haut). Je le sais, monsieur... je le sais... C’est madame qui m'a fait l’honneur....
Catherine [d’un air aimable), tous avez fort bien fait de venir, mousieur Frédéric, j’allais vous envoyer chercher...
Frédéric i saluant). Ah! belle tante!
Catherine D’abord vous tl i nez avec nous, [montrant son couvert) là, près de moi... [Elle regarde Philippe , comme pour le défier.)
Frédéric [saluant). Ali! charmante tante!..
Catherine [même jeu). Et puis, vous n’avez pas oublié, non plus, que je vous ai promis la seconde contredanse...
Philippe, Tiens , je ne savais pas...
F'rédekic [a pari). Ni moi non plus!...
Catherine [sèchement à Philippe). Eli bien!
je vous l'apprends...
Frédéric. Nous vous l’apprenons... mon brave... nous vous l'apprenons... [à part) Mais elle me comble .. (haut) Trop heureux, tante adorable... Seulement , je regrette que vous n’ayez pas pour le bal ce joli bonnet de Paris...
Catherine. Vous m’en ferez venir un autre, plus tard, pour ma fête , entendez-vous?...
Frédéric [regardant Philippe en riant).
A la bonne heure !...
Catherine. En attendant le dîner, nous allons causer sérieusement de votre mariage avec ma nièce...
Frédéric. Comment donc!... [A part). Diable!...
Philippe [bas à Catherine). Ça tient toujours ?...
Catherine [avec entêtement). Toujours !
Philippe. C’est bon!... [voyant entrer quelques paysans ). Ah ! trés-bipn, les amis... Exacts au rendez-vous... C’était l’histoire de trinquer pour nous ouvrir l’appétit.. .(ils'approche Je la table). Catherine, donne-nous une bouteille de vin blanc...
Catherine. C omment?... [a part), Me commander de le servir, moi ! ...
Philippe. Tu n’as pas entendu? ..
Catherine. Si fait... du vin. pour trinquer... prenez-vous donc ma maison pour uue auberge ?...
Philippe (à part). Sa raaisout... [haut) N’importe !
Cat: :bine. Vous n’en aurez pas!
Frédéric. Très-bien !
Philippe. Perrine ?... allez!...
Catherine. Perrine. restez!...
Philippe [à Perrine). T’es pas encore à la cave, toi ?...
Catherine (à Perrine). Je te le défends...
(à Philippe). Encore une fois , vous n’ètes pas ici au cabaret...
FRÉnÉfl:';. Bravo !
Philippe [aux villageois). C’est juste... ma femme a affaire... Ça la dérangerait .. Allons boire au cabaret .. C’est moi qui régale!
Catherine. Au cabaret!
ENSEMBLE
Air : Ah! quel heureux destin (de la Juive).
PHILIPPE
Allons, joyeux buveurs î
Suivez-moi lous, suivez-moi, lurons et gais viveurs I TOUS.
Allons, joyeux buveurs !
Suivons ses pas, suivons -le, lurons et gais viveurs I PHILIPPE.
On nous r'fuse au logis La bouleiir de chablis;
Au cabaret, amis,
Allons en risquer dix !