‹ La Veuve Pinchon, comédie-vaudeville en 1 acteChapitre 6 sur 29 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

Cathbrine (à Philippe). Avancez donc un peu ici, monsieur Philippe... que j'examine votre tenue !. . Comme vous voila fagoté!...

Philippe. C’est les autres qui m'ont tarabusté connue je venais ici.. Ht vu que tu in’as défendu de me battre, j’ai pris leurs noms... (// lire son carnet et lit.) 11 y a Gorju, Thomas, Gorenllot et Perruchon. C’est Gorju qui m’a défait ma cravate... (// cherche à la renouer.)

Catherine. Arrivez donc! (Elle prend la cravate pour refaire le noeud. - Philippe lui baise les mains.) Voulez-vous fiuir?

Philippe (continuant). Faites pas attention.

Air : (Je n'ose pas.)

Rien qn’un p'tit lieu, (bis)

Ne te fiche pas , ma chère âme ;

CATHERINE

Je ne sni- pas encor vot’femme,

Monsieur Plniipp', cessez ce jeu.

PHILIPPE

Rien qu’un p'tit peu. (M«)

CATHERINE

Non ! sarpejeu!

PHILIPPE

Dam ! je croyais pouvoir sans honte Sur mon bonheur prendre un à-compte,

El m’voler inoi-inéme en ce lieu Rien qu'un p'tit peu.

CATHERINB.

Non, non, non, non.

PHILIPPE

Rien qu'un p’tit peu.

(EUe finit <ï arranger sa cravate. — Il l'embrasse par surprise.)

Catherine. Au fait il n'y a pas de quoi se fâcher!...

Philippe (se retournant, aux autres). Et vous autres, on vous défend de 111’asticoter, entendez-vous?

Catherine- Que je vous voie encore tourmenter ce brave garçon !...

Philippe (aux villageois). Ah ! ah ! vous entendez!.,.

Catherine ( voyant le tuyau de la pipe gui sort de la poche de Philippe). Ah ! ça, mais qu'est-ce que je vois donc la? Une pipe !... Vous ne m’aviez pas dit que vous fumiez !...

Philippe. Oh! rarement!... le matin et le soir... Mais j’ai pensé qu'une fois marié...

Catherine. Hein?... vous saurez que je ne peux pas souffrir la fumée de la pipe...

Philippe. Je fumerai la cigale.

Catherine. Pinchon ne fumait pas .. J’aurais bien voulu voir!...

Philippe (lui donnant sa pipe et sa blague).

Je ne fumerai que quand tu me bourreras ma pipe de ta propre main.

Catherine. ( Elle la donne à Perrine gui va la poser sur un meuble o part). J’en ferai tout ce que je voudrai...

Bouchenot (aux villageois à demi-voix).

Hein ? emboite-t-il le pas !

Frédéric. On peut appeler ça un mari bien dressé , belle tante !.. .

Philippe. Pas vrai, vous!... (Il lui met la main sur l'épaule )

Frédéric (l’évitant). Oh !...

Perrine. Prenez-le pour modèle, monsieur F’rédéric !

Frédéric. Mais je compte bien le surpasser encore... quand je serai votre heureux époux ! (Il veut lui prendre la main )

Mulot passant entre eux et arec éclat).

Jamais ! jamais ! ( Mouvement général )

Catherinb. Qu’est-ce que c'est?

Mulot (à Philippe). Plutôt la mort!... "

Catherine. A qui en a-t-il donc?...

Mulot. Attention, parrain !.. soutenez-moi !.. Eli bien ! c’est pour vous récidiver que j’aime Perrine... Et que si vous vous entêtez à la donner à ce farfadet-là...

Frédéric (offensé). Eh! dites donc, villageois !...

Catherine. Mais il me semble que je t’avais déjà répondu clairement...

Mulot (bas). Poussez, parrain... (Philippe le pousse.) Oui , vous in’avez refusé , quand vous étiez... Jeune homme (se reprenant, c'est hdire, non... demoiselle... (se reprenant), c’està-dire . non , veuve... et que vous pouviez avoir une volonté... mais à présent que vous allez avoir un mari... qui est mon parrain... (bas à Philippe) soutenez ferme... (haut.) qui va être l’oncle de Perrine... et qui veut me la donner...

Catherine (regardant Philippe). Qui veut?.

Philippe. Ah! non... ali ! non!.,.

Mulot continuant). Et qui ne veut pas de ce godelureau...

Frédéric (fdché). Monsieur Mulot!...

Perrine. Il perd la tête. .

Catherine (regardant Philippe). Qui ne veut pas!...

Philippe. Je ne l’ai pas dit...

Mulot (hors de lui). Si... vous avez le droit de vouloir... vous êtes le mari... vous devez commander... c’est dans la loi... c'est dans la loi ..

Catherine (lui donnant un soufflet du revers de la main). Et ça, ça y est-il aussi dans la loi?...

Mulot. Oh! (Il a trébuché en voulant l'éviter. — Philippe te retient.)

Tous (riant). Ah ! ah! ali !

Mulot (à Philippe ). C’est connue ça que vous me soutenez, vous?

Philippe (le remettant sur ses jambes). Eh bien ! est-ce que je ne t’ai pas soutenu ? Sans moi tu tombais.

Mulot (furieux). Vous êtes nia marraine...

vous n 'êtes que ma marraine!...

Tous (éclatant de rire). Ah ! ali ! ali !

Frf.df.ric (riant). Ccsl charmant! charmant ! charmant !

Mulot (à lui-même). Je ferai un coup de ma tête !

LA VEUVE P1NCH0N.

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