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Patronat, c’est l'Etat, comme l’a dit Labriola, c’est Lebureau, c’est cette bureaucratie tant bafouée.
Bafouée ? Elle le mérite ; et puis, elle fait peur aux privilégiés : c’est une opinion qu’on se plaît à répandre, « l’impuissance de l'Etat ».
Mais, tout en faisant cette réserve, ce n’est pas nous, socialistes, qui allons demander le tout à l’Etat P Alors les coopératives ! Surtout telles que les comprend Fiancette.
Mais consultez les coopératives de production. Interrogez Héliès ! Héliès vous dira leurs espérances, leurs déceptions !
L’antagonisme de la direction du travaul avec l’ouvrier.
Est-ce la « Dictature du Prolétariat »
qui résoudra le problème ? Avant de le résoudre, il faut d’abord le comprendre.
Combien sommes-nous à comprendre ?
Heureusement, la C. G. T. comprend.
Elle comprend qu'avant tout, à ne faut pas que la production s'arrête ! I faut qu’elle s’intensifie. Voyez la déclaration de la C. G. T., après l’armistice |!
Voyez qu’à la reconstitution de l’inter-
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nationale syndicale, en août 1919, à Amsterdam, tout de suite Jouhaux et Merrheim l’ont fait voter.
Cette volonté de la C. G. T., elle a ses racines plus loin dans notre histoire qu’on ne pense. L’insurrection nous a rappelé maintes dates du dernier siècle.
Pourquoi, pendant les vingt ans du Second Empire, pourquoi, pendant les quarante-cinq. ans de la Troisième République, aucun mouvement insurrectionnel n’a-t-1l éclaté ? Voilà un grand fait. Nous ne l’avons pas assez médité. Quelle stupeur ! Pendant toutes ces années qui se succèdent, l’ouvrier parisien, chauffé par les propagandes, fouaillé par les provocations, ne bouge pas !
Pourquoi ? Parce qu’il est devenu làche et qu’il a peur de la police ? Plaisanterie ! La guerre l’a trouvé, comme toujours, héroïque, et, dès l’aube d’une révolution, la police est noyée.
Non, il doit y avoir une raison, une raison Cachée et profonde.
Une conscience obscure avertit l’ouvrier que ce n’est pas l’insurrection, ni le sacrifice de sa vie, ni le massacre d’une poignée d’hommes qui le mèneront où il
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faut. Au fond de lui-même, ne se rend-il pas compte que le temps des émeutes est passé, que c’est une période close ?
Mon Dieu ! Je sais bien qu’il peut tenir compte aussi des changements de l’habitat parisien.
Naguëêre, me disait Edouard Vaillant, le peuple occupait le centre de Paris, entassé dans tous ces quartiers aux ruelles étroites fermées aux mouvements de troupes.
Aujourd’hui, le peuple est refoulé dans la banlieue, et sur les pourtours de la capitale, que d’immenses avenues et de larges boulevards coupent dans tous les sens. Très exact. Pourtant, je m’obstine à croire que ces difficultés n’auraient pas suffi.
Si l’ouvrier loge dans la banlieue, il travaille dans Paris, où il passe ses journées. Une foule peut toujours se masser sur la place de l’Hôtel-de-Ville. Nous les avons vues, les foules, au moment où Jules Ferry était candidat à la Présidence. Nous les avons vues sous Boulanger. Mais nous n’avons jamais vu la foule ouvrière debout, les armes à la main, en marche pour sa révolution. Encore une fois, pourquoi ?
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