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| élections, sans coup d’Etat, ramèneront
De plus, il voit les anciens alliés divisés. L’Angleterre et l’Italie se rapprochent de l’Allemagne et s’écartent de la France, qui, seule, reste hostile. et menaçante. L’entente est faite avec les Russes.
Comment voulez-vous que, servis par les circonstances et fortifiés par nos fautes, les militaristes allemands ne soient pas écoutés.
Ce n’est pas l'Allemagne, disent-ils, qui a voulu la guerre. On nous y a contraints. Nous n’avons pas été vaineus.
Nous avons cru à des promesses mensonsères, aux conditions de Wilson.
Aujourd’hui, personne ne veut plus se battre. Seuls, les Allemands sont prêts à se lever pour la délivrance. Avec l’aide de la Russie qui nous laissera fabriquer nos canons chez elle, c’est facile ! La France n’est même plus assez riche pour nous occuper longtemps ! Si elle amenait son armée jusqu’à Berlin et à Leipzig, elle se réduirait vite à la banqueroute.
Nous avons fourni aux pangermanistes allemands des raisons décisives. Les
‘au pouvoir une majorté impérialiste. Un
nouveau Kaiser sera là, tout prêt.
L’Angleterre et l’Italie ne feront pas la guerre à l'Allemagne pour l’empêcher de rétablir, s’il lui plaît, le pouvoir monarchique ? Nous non plus, n’est-ce pas ? Au nom de quel principe ? Puisque nous aurons tué le mouvement populaire
‘et socialiste ! Ou bien, il se peut qu’une
émeute éclate, juste à point, dans les rues de Berlin, y soit écrasée et que le Kaiser paraisse à toute l’Europe et à nous-mêmes comme la seule garantie du bon ordre.
Et puis, si nous ne voulons pas du kaiser, soit ! Il attendra, en réserve, pendant que le parti militaire, maître du pouvoir, prépare l’action.
L’issue n’est pas douteuse ! Le peuple allemand, savamment travaillé par les Universités, fouaillé par les revanchards, exaspéré par nos exigences, sera toui fervent pour le soulèvement. Allemands et Russes joindront leurs forces en Pologne et nous serons seuls.
Déjà l'Italie et l’Angleterre envisagent sans déplaisir la revanche allemande.
« Les Français, murmurent nos alliés
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d’autrefois, sont intolérables quand ils
| sont vainqueurs. )
Mais ils ne prévoient pas les suites !
La revanche allemande n’abolira pas seulement le traité de Versailles ! Elle ne reprendra pas seulement l’Alsace- Lorraine et Posen !
La nouvelle Allemagne, agrandie de l’Autriche, de la Bohême, de la Hongrie, sera impériale plus que jamais et plus que Jamais militaire.
Elle sera bismarckienne, et reine par la puissance et la force. |
Ce n’est pas la paix de Versailles qui sera déchirée. Nous nous en ficherions pas mal, de cette sale paix traîtresse !
Mais c’est toute paix, toute idée du droit international. Bismarck est vainqueur !
Bismarck avait raison, puisque les Fran- Gais vainqueurs sont devenus bismarckiens. |
Cette hégémonie allemande, cette grande Allemagne conduisant l’univers vers le progrès économique, au pas de parade, que Guillaume IT entrevit peut-être en août 1914, la voici, née de la revanche.
Elle peut, à son gré, prendre, pour le moment, figure libérale ou autoritaire. Elle
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associe volontiers de grandes réformes populaires à ses triomphes guerriers. Elle peut très bien laisser la Russie aux Soviets, belle colonie pour ses grands directeurs industriels et pour ses contremaitres. Elle peut respecter la France vaincue et déclarer la paix au monde, noblement, ou nous asservir et nous faire travailler à son profit. Tout cela sera du provisoire et de l’éphémère. La réalité durable et solide sera sa domination établie sur l’Europe d’abord, et plus tard étendue à tout l’univers.
Tel est l’infaillible destin où l’Europe actuelle s’achemine. La revanche allemande, la suprématie militaire de l’Allemagne sur le monde ne sont pas des possibilités pour demain, maïs des certitudes.
Æ + + L'autre terme de l'alternative ? Nous n’avons guère la mine de nous orienter de ce côté-là, mais fixons-le tout de même.
C’est la seule chance de salut. Elle est mince |!
Pour échapper au courant qui entraîne l’Europe à l’abîme, je ne vois qu’un moyen et qu’un espoir : un autre cou-
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