‹ La victoire en dérouteChapitre 63 sur 169 · CE TT LOIS · texte numérisé non relu

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Elle n’a qu’à regarder en riant les s0cialistes qui se dévorent !

Ah ! la Révolution était inévitable et proche ! Aucune puissance hostile ne pouvait l’empêcher. Les révolutionnaires seuls pouvaient arrêter la marche de la Révolution. Par eux, le règne de la classe capitaliste continue.

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Comment est-ce arrivé ?

Par conséquence de l’effet produit sur nous par la Révolution russe. Nous l'avons analysé plus haut : mais rappelez-vous sur qui cela tombait !

Pas sur le parti solide et instruit d’avant 1914. Ce parti, plein de vieux militants, habitué par Jaurès et Francis de Pressensé à la réflexion et au jugement mûri, aurait acclamé de tout son cœur la Révolution russe, maïs il n’eût été ni grisé ni affolé.

Après la guerre, un merveilleux afflux de nouvelles recrues à grossi soudain nos effectifs. Admirable promesse ! À condition d’éduquer ces jeunes et ces nouveaux venus et de leur apprendre au moins l’alphabet et les éléments de nos doctrines.

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Car ils adhéraient au parti, mais ils ne connaissaient pas le socialisme.

Cette œuvre d’éducation n’a pas été entreprise comme nous aurions dû c’était notre première besogne ; il la fallait méthodique et générale.

Nous étions encore sous le coup de la ouerre. Voilà pourquoi l’entraînement de Moscou a si facilement conquis la majJorité chez nous.

Pourtant un effort sérieux était commencé, et il donnait déjà des résultats excellents.

Au Congrès de 1919, quand notre parti sentit le besoin de resserrer son unité, de la rendre indestructible, il voulut, pour cela, refaire son programme. En revisant ensemble toutes nos doctrines, en vérifiant toutes nos idées, n’allions-nous pas nous sentir plus étroitement frères que jamais ?

C'était le meilleur moyen : et le Congrès, merveilleusement servi par le travail vaste et précis de Léon Blum, rêéussit parfaitement la tâche difficile. Il réalisa l’unanimité. C'était très beau, n’estce pas, d’obtenir cette unanimité, après les terribles secousses de la guerre ?

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Mais ce magnifique effort échoua de- vant la pénétration irrésistible de Moscou et de ses exemples. D’abord, une minorité assez faible et qui ne parvenait à l'emporter que dans la Fédération de la Seine, et à Lyon et à Marseille.

Que s'est-il donc passé ? Cachin était revenu de son premier voyage en Russie tout à fait transporté et il avait derrière lui entraîné tout le monde. Puis, il s’était calmé.

Pourquoi son deuxième voyage l’a-t-1l jeté aux bras des soviétistes ?

Cette minorité que Frossard et lui combattaient dans tous nos congrès, pourquoi lui avoir livré le parti !

Analysons de près. Nous trouverons, bien entendu, des questions de principe et des questions de personne.

Débarrassons-nous d’abord de celles-ci !

Oui, dans nos congrès, il y avait une minorité soviétiste remuante. En face d’elle, il y avait Renaudel et ses amis.

Entre les deux, il y avait le centre, la majorité, Léon Blum, Cachin, Frossard, Longuet.

Cette répartition des forces conseillait à Renaudel une tactique fort simple. Il

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avec le programme du parti, et devait en sortir. Très logique. C'était bien, déjà, une scission : mais nul ne la redoudait.

Seulement, le lendemain, que fût-il arrivé ?

Tout bonnement ceci : la majorité, Longuet, Cachin, Frossard, une fois les bolehevistes partis, se trouvait à peu près réduite à la force des amis de Renaudel.

La droite pouvait très bien reconquérir la majorité, et par suite la direction du parti et L'Humamité.

Diable ! et les extrémistes eux-mêmes étaient tout prêts à s’en aller. Au printemps de 1920, ils ne cachaient pas que leur départ était imminent. Alors ?

Alors Cachin partit pour la Russie.

Il y partit, décidé à offrir à Lénine le parti socialiste de France, et persuadé qu’en échange il mettrait dans sa pocke le petit groupe des bolchevistes français.

Seulement, il se cassa le nez. Il trouva là Raymond Lefebvre et des accusateurs.

Pris à son propre piège, il se débattit de son mieux, mais à ce moment-là Lénine et tous les hommes de la Révolution russe

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