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proche de la Russie que de l'Angleterre ?
Ici, les conditions économiques comptent seules, n'est-ce pas ? Karl Marx nous l’a enseigné. Faut-il pousser longuement le parallèle entre la Russie et l'Angleterre pour constater que notre développement industriel nous rapproche davantage de l’Angleterre ?
Mais l’Angleterre est plus avancée que nous. Son progrès industriel atteint une étape dont nous sommes encore assez éloignés. La France est une nation dans laquelle les paysans dominent. Fait capi-
tal ! Il semble nous rapprocher de l’état
économique de la Russie. En tout cas, :] faut en seruter à fond les conséquences, si l’on veut examiner sérieusement les chances d’une révolution sociale en France. |
Car voilà le problème tel que nous le posaient la Révolution russe et le Congrès de Tours. Problème tout pratique |!
Nos idées ont pris corps et vie.
Il ne s’agit plus d’opposer, en débats de congrès, une conception générale de la transformation sociale à une autre. La question est de savoir si nous devons imiter les Russes, et quelles sont les
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chances d’un mouvement insurrectionnel en France.
Les Paysans
La France est paysanne.
À cause de cela, elle a marché la première dans la voie révolutionnaire quand il s’est agi de prendre la terre aux nobles et aux moines, et de la défendre contre un retour des émigrés. Mais depuis
que le paysan tient la terre, il a plutôt re-
gardé les villes faire des révolutions qu’il n’en a préparé lui-même.
En 1830, il a suivi très volontiers ; car les Bourbons ne le rassuraient pas.
Mais à partir de 1830, le paysan a vu de très mauvais œil les agitations de Paris. La République de 1848 ne lui plaisait guère, et Napoléon III l’a mis très facilement dans sa poche, car il vendait bien son blé.
C’est exactement la même satisfaction qui a déridé le poilu paysan au retour du front.
Il a payé toutes ses dettes. Plus d’hypothèques ! tout l’argent du pays est dans ses poches ! Est-ce que nous comp-
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terons sur lui pour le soulèvement révolutionnaire ?
Ii ne s’agit plus de révolution politique, ni de lui donner la terre ! Il est question de transformation économique, de révolution sociale et parfois on parle de la lui prendre, sa terre, et de la rendre municipale !
Diable ! il est moins alléché qu'’alarmé. Il se méfie ! et la Commune a fait voir comme il est facile aux gouvernants bourgeois de tourner cette méfiance en hostilité furieuse.
Beaucoup des nôtres avaient espéré qu'après la guerre le paysan rentrerait chez lui transformé et prêt aux actions violentes. Les militants de l’A. KR. A. C.
comptaient sur les souvenirs mordants d’une fraternité d'épreuves. Ils espéraient soulever les paysans.
Se soulever ? Prendre les armes ? Mais il faut savoir pourquoi ! Quel but précis proposons-nous au paysan ? Prendre les grands domaines ? Mais il achète et dépèce tout ce qui en vaut la peine. Et dans les régions où il n’y a pas de grands domaines ?
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Nous retombons done à la propagande paysanne d’avant-guerre.
Notre propagande risque de trouver, aux élections, le bulletin de vote du paysan contre nos candidats ; et toute insurrection ouvrière de la ville risque de trouver contre elle le fusil du paysan soldat.
Je me rappelle nos tournées dans le Var, à la première élection de Renaudel.
Il devait passer au deuxième tour, 81 la « discipline républicaine » jouait. Mais à quelle résistance on se heurtait ! Des villages où, au premier tour, on sentait la sympathie cordiale, la curiosité bienveillante, s'étaient ressaisis, maintenant que le succès devenait probable. On nous interrogeait sur l’avenir que nous réservions aux petits propriétaires.
Tous ces braves gens, chacun avec son bout de champ où il cultive la fleur pour l’expédier à Paris, écoutaient nos réponses avec méfiance !
Pourtant, après la guerre, de l’avis unanime, il y avait un changement très net dans les campagnes. On groupait, dans les sections socialistes, de vrais cultivateurs. Au lieu d’être réduits à
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