‹ La vie apres le pensionnatChapitre 3 sur 49 · HEUREUSE · texte numérisé non relu

HEUREUSE

C'est le rêve de votre imagination, pauvre enfant, rêve qui se met entre vous et la vie réelle, comme un verre coloré, ne vous laissant voir la vie que sous une teinte qui n'est pas la vraie.

Heureuse ! C'est, vous le supposez, la vie toujours entourée de prévenances, comme elle l'est à cette heure,

la vie toujours rayonnante de jeunesse, de santé, de bien-être, sans devoirs pénibles à accomplir,

la vie toujours vous offrant une suite non interrompue de plaisirs, de fêtes, d'applaudissements, de succès... voilà les émotions auxquelles vous donnez le nom du bonheur.

Mais le bonheur, mon enfant, ce n'est pas tout cela.

Cela, c'est du bruit,

c'est de la fatigue, c'est le vide de l'âme, c'est l'inquiétude du cœur, c'est souvent le remords, c'est toujours la déception.

Le Bonheur :

C'est la paix, au dedans, dans cet intérieur que remplit de son rayonnement divin, la soumission affectueuse à là volonté de Dieu.

C'est l'accomplissement joyeux, quoique difficile quelquefois de tous les devoirs qu'inspire la position qu'on occupe.

C'est — sous le regard de Dieu^ le don de soi, de son temps, de son intelligence, de son savoir-faire, pour épargner aux autres une peine et leur alléger une souffrance.

C'est le sacrifice généreux et sans éclat de ses goûts, de ses vanités, de ses projets de fêtes pour procurer un peu plus dejoie à ceux qui nous aiment.

C'est voir autour de soi tout ce monde qui compose cette si délicieuse réunion qu'on appelle famille, se dire heureux et entendre

au fond de son âme une douce voix murmurer : C'est par toi quHl est heureux.

C'est pouvoir encore se dire : On souffre moins autour de moi, on redoute moins l'avenir, on espère avec plus de confiance^ et c est par moi que le bon Dieu est venu a leur aide.

Est-ce là le bonheur auquel vous aspirez, mon enfant ?

Et cependant, c'est le seul vrai... et vous pouvez le poss*éder. Dieu le met à votre portée et nous voulons par ce livre vous en indiquer la source.

Nous voulons vous le faire sentir, alors même que viendraient s'appesantir sur vous les douleurs physiques ou morales.

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