SUPPLICATIONS
Je 11'ai que toi et Dieu.
Maandi ghér ennta ou Rebbi.
Monseigneur, je suis ton chien.
Ya sidi, ana kelbek.
Monseigneur, je suis ton serviteur.
Ya sidi, ana khedimek.
le suis une plume de tes ailes.
Ana vicha menu djenahhuk.
.Ne me jaunis pas la ligure.
Ma tasse ferliche oudjhi.
Donne-moi un peu de ce que Dieu t’a donné.
Aaténi menn li aatak Rebbi.
le suis compté sur Dieu et sur toi.
Rami mahhassoub aala Rebbi ou aalik.
Monseigneur, ne réjouis pas mes ennemis.
Ya sidi, matecheffiche fi y a el aada.
Donne-moi la considération devant ma famille.
Aaténi Ihherma kebal laamoumiya.
Monseigneur, fais-moi celte grâce, et cette grâce restera dans ma tête.
Ya sidi, djemmel auliya ou djemilek fi rassi.
Au nom de ton amour-propre , et l’amour-propre vaut cent.
Dekhil aala aardck nu laard issona mua.
Pense à moi, je suis nommé chez loi et chez Dieu. Khemmem f iya : rani messemmi aala Rebbi nu aalik.
J’ai patienté, mais le sabre est arrivé jusqu’à l'os.
Sebertt, ou sekkine oussel el aadom.
Tu es le couteau el moi la chair, tranche comme tu voudras.
Ennta le khodmi , ou ana el Ihham , guetaa ki ma bghite.
Je suis un enfant de grande tente, seulement le temps m’a trahi.
Ana ould khéima kebira , ghér lahh bii/a I lilial.
Je suis un maître du bras, et, au jour de la poudre, mes amis, mes enfants et moi, tous nous mourrons devant ton chcvaL
Ana moula deraa, ou nhar le baroud, be oulidati ou salihahi, gaa nemoutou gouddam aaoudek.
O monseigneur ! il y a longtemps que je suis entré sous les ailes de ton bernouss.
Ya sidi ! menu zemane dekliolt thhatt djenahh bernoussek.
O monseigneur ! je suis sous ton ombre.
Ta sidi ! rani tliatt dollek.
Si tu ne me rends pas justice, je me plaindrai de toi à Dieu.
lia mataaténich cheraa nechteki bik uand rebbi.
Je suis entre tes mains.
Rani bine iddik.
On le voit, l'Arabe est prodigue de paroles touchantes quand il veut demander et obtenir quelque faveur ; mais, si les positions respectives du protecteur et de l'obligé sont
SERMENTS
changées, s’il n’a plus besoin de vous, si les râles sont intervertis, l’homme naguère humblement pressant, pourrait bien vous dire un jour avec insolence :
Mon cheval te connaît: quant à moi, je ne te connais plus.
Aaoudi yaarfek ; ou ana manaarfek-chi.
Cela s'est vu, bien que, pour rendre hommage à la vérité, cela ne soit pas général. Partout il y a de nobles caractères ; néanmoins, de chrétien à musulman, si vous ne voulez éprouver de cruelles déceptions , sachez toujours à qui vous avez affaire. N'oubliez pas que vous traitez avec un peuple qui n'a jamais manqué de paroles mielleuses pour eu venir à ses fins , mais qui est condamné fatalement à la haine, par sa religion, à l'égoïsme, par le genre de vie qu'il mène.
SERSESTS
Je n'ai parlé jusqu’à présent que des remereîments, des souhaits et des supplications : chez un peuple qui n'en est point avare, ce sont peut-être là des paroles de peu de valeur. En est-il de même des serments? Jusqu'à quel point engagent-ils celui qui les prononce? Nous le dirons plus tard.
Par Dieu !
Par la figure de Dieu !
Par la croyance de Dieu !
I Bellah! Ouallah!
| Aala oudjli Allah !
( Be amane Allah!
( Amanale Allah!
Par ma tête et par mes yeux!
Par la bénédiction du pain !
Par la tête de ton père !
Par ma tête et par la tienne!
Que Dieu vide ma selle !
Aaia rassi ou aaini Berkete en-naama !
Aala tms babak !
Ou rassi ou rassek !
Allah ikhelli senlji !
Par la tète du Prophète de Dieu !
Be ras rassoiillah
Par la bénédiction de Dieu !
Berkete Behbi!
Par la vérité du Dieu très-haut !
Ou hhak Allah laala !
Par la bénédiction du Prophète !
Berkete en-nehi !
Par mon cou et par ton cou !
Aala rokehti, ou aala rvkebtek !
Que je ne sois pas un musulman !
Hani mauiclii messlem
Que je sois un enfant du péché !
Boni menu oulad el hharam
Par la vérité des cieux créés par Dieu !
Ou lihak samaouate Allah '
Que ma religion soit un péché pour moi ! Hharame (Uni !
Que j’accepte la religion des juifs !
Bani aala diue el ’ihoude!
Par Dieu qui ne dort et qui ne rêve !
Ou hhak Allah li ma-irgoud ou la inoum !
SERMENTS
Que Dieu me maudisse comme un juif!
Allah inaalui ki lilioudi !
Par la vérité, demain jour où l'on payera les dettes du jugement dernier î
Bel hhak, ghedoua youm eddine!
Si je t’ai menti, que Dieu me coupe la langue !
Ida kedehl aalik Allah iktaa-li lessani !
Que mes femmes soient un péché pour moi !
Ilharam nessaya !
Par la vérité de Dieu, le maître du monde, et du Prophète, le généreux !
Ou khak rebb el aalamine, ou ennabi el kaiim !
Que mes femmes soient séparées de mon cou !
Rahoum nessaya maazouline menti omigui !
Que ma femme soit un péché pour moi an troisième divorce !
Hharam marti fi talak talute !
Que Dieu rende ma religion comme la tienne!
Allah idjaal dini aala dinek!
Le divorce est permis chez les musulmans. Ils en usent et ils en abusent.
On sait déjà qu’ils peuvent épouser quatre femmes légitimes et posséder autant d’esclaves qu’ils en peuvent nourrir.
Quand la femme esclave devient enceinte du fait de son maître, elle ne peut plus être vendue et elle prend le titre de oum el oulid — la mère de l’enfant. — Cet enfant a le droit d’hériter de son père.
Cependant, une esclave qui ne serait pas enceinte d’au moins six mois pourrait encore être vendue.
SERMENTS
main droite en disant: < Je le jure, par la grille du Prophète. » Dans leur pensée, il arriverait malheur à celui qui manquerait à sa parole.
Que je devienne amoureux de ma sœur, sur la noble Kaaba !
Itnni nezeni Kheti fel Kaaba chéri fa!
La Kaaba est un édifice carré de trente à trente-cinq pieds de long sur trente ou trente-cinq pieds de large, situé à la Mecque, au centre d'une grande place également carrée, dont les quatre murailles supportent des minarets du haut desquels les moudden — crieurs des mosquées — appellent les fidèles à la prière.
Le mot kaaba signifie : cheville du pied.
Que Dieu m’enterre debout comme un juif !
Allah idfen-ni be loukaf ki lihoudi!
C’est une calomnie, on n’enterre pas les juifs debout; mais c’est encore une preuve de l’aversion que les musulmans ont pour les israélitcs. Les juifs honorent les morts, les lavent, prient sur eux, et, comme les autres peuples, ne les enterrent qu’étendus dans leur tombeau, où ils doivent être revêtus d’un habillement blanc complètement neuf, ou qui, du moins, n’ait jamais servi. Pour les pauvres comme pour les riches, ce vêtement funèbre se compose d’un pantalon très-long qui recouvre les pieds, d’une chemise et d’une pièce de cotonnade roulée autour de la tête. Le croirait-on? les israélitcs qui sont établis dans les villes que nous occupons en Algérie, ont trouvé très-commode de remplacer cette espèce de turban par notre populaire bonnet de coton.
Par ma tête et par la lionne, el ma tête sauvant la tienne !
Ou rassi ou rassek, ou rassi feda rassek !
Par la vie et par celle de tes enfants!
lie lihayalek, ou be hhayate ouladek !
Par le serment de Dieu el par le serment de notre seigneur Braliim, le chéri de Dieu!
Aahad Allah ou aaliad sid-na Drahim, khalil Allah.'
Par la bénédiction de sidi Hamed ben Youssef, le maître de Milianah, qui a pris un lion pour cheval et un serpent pour bride !
Jierkele sidi lihamed bcnn Youssef, moula Heliana, li dar laaoud sebaa ou Ihhanech el djam!
Sidi Hamed ben Youssef est un marabout célèbre en Algérie : il a beaucoup voyagé et laissé des dictons sur tous les pays qu’il a parcourus. On lui concède un grand talent d'.observation ; ses appréciations, nous les rencontrerons plus tard. Son tombeau est à Milianah.
Que Dieu me rende semblable à la selle d’un cavalier : siège pendant le jour et coussin pendant la nuit !
Allah idjaal-ni ki serdj lemekhazeni: fennar megaada, ou fel lille ousada.
Que demain Dieu ne me fasse pas voir le matin !
Allah la issebbahh-ni!
Si je l’ai menti, que Dieu me donne pour père celui qui a bâti Paris.
lia kedebt aalik, Allah idjaal bouya li bena Barize.
Ce serment singulier prouve que, si, depuis notre occupa-
SERMENTS
tion de l’Algérie, tous les Arabes n’ont point encore vu Paris, ils en ont du moins beaucoup entendu parler, et surtout qu'ils le détestent instinctivement, comme étant la tête d’une nation ennemie.
Que Dieu me condamne à frapper la danse ik me promener sans motif), comme un chrétien !
Allah idjaalni nedrob eddansa kif er-roumi!
O monseigneur ! si j’ai volé, que Dieu me fasse répandre <lc l’eau debout comme les infidèles !
Ya sidi ! Ida khouenl Allah injaaliii nezerrey ki le kafara !
Les Arabes portent la plus grande attention à ce que la moindre goutte d’urine ne vienne à loucher leurs vêtements. Kilo suffirait à les rendre impurs pour la prière. Afin d’éviter cette souillure, ils s’accroupissent en étendant avec soin leur bernouss autour d’eux.
Par celui qui est le Dieu unique, le demandeur et le vainqueur, je te tuerai comme un chien !
Fa belladi la ilaha ella hnua, et-taleb, el yhaleb, nekteleli ki le kelb!
Que Dieu ne me donne pas ce que je désire,
Et ne me fasse pas entrer au paradis!
Allah la ïaaténi ma-netemenna,
Ou la iddekholni lel djenna!
Par Dieu qui a créé la terre, les sept eieux, le trône, le paradis et l’enfer!
Délia h li khelok el arde, ou sebaa semauuate, ou le koursi, ou le djenna, ou en-nar !
Si je l'ai menti, que Dieu nie Tasse porter un chapeau comme les chrétiens !
lia kedebt aalik Allah iiljaal-ni nelbess el barrela kif en-nessara !
Je le répète, les Arabes ont pour notre chapeau, barella, une aversion incroyable. Il aiment bien l’argent, et cependant on ne pourrait décider, n’importe pourquoi prix, infime un homme de la plus basse extraction, à paraître dans un lieu public, avec notre coiffure. Il craindrait de passer pour un renégat, et son témoignage ne serait plus reçu en justice.
Voilà les serments les plus usités, non pas dans les villes, mais dans les tribus : un Arabe prudent et qui garde une arrière-pensée, évitera de prononcer certaines de ces paroles sacramentelles devant témoins. Appelé devant la justice, où les caractères civils et religieux sont confondus, il serait peut-être forcé de s’exécuter, s’il n'avait la ressource de se faire relever de son langage aventureux par un taleb complaisant. Il est facile d'en trouver qui ne sont pas trèsscrupuleux, mais il en coûte toujours quelque présent.
Quant aux femmes, on n’est pas non plus très-sévère à leur égard, s’il faut en croire les vers suivants :
« Si elles jurent qu’elles vous aiment et que jamais elles ne vous trahiront,
* Rappelez-vous que celles qui mettent du kolihel à leurs paupières,
» Et qui se teignent les doigts avec du henna,
» Ne se croient pas obligées de garder leurs serments. »
Les Arabes, surtout les gens de guerre, se font quelquefois sur l’avant-bras des brûlures très-visibles avec le fourneau d’une pipe allumée. J'cu ai demandé la raison, on m’a