Moncure Conway, p. 321 et suiv
sur Tintervention du nouveau ministre des États- Unis, Mon^oe^
Priestley, qui allait devenir l'inspirateur de Coleridge, était bien moins Français d'esprit encore que Paine, et aurait peut-être eu le sort de Glootz, s'il avait voulu siéger comme eux à la Convention. Mais il s'était contenté du titre de citoyen français qui lui avait été conféré. Bientôt il allait étonner les révolutionnaires français par la publication de ses Lettres aux philosophes et aux hommes politiques français au sujet de la religion, 11 avait cru, dit-il avec la naïveté d'un apôtre, que « la façon dont il était considéré dans ce pays lui donnait quelque avantage dans ses tentatives pour faire connaître les preuves de la religion naturelle et révélée'^ ». La conclusion de ses Lettres à Burke en montre bien l'esprit, c'est celui du visionnaire chrétien qui voit venir le millénaire du bonheur humain avec l'avènement de la Jérusalem céleste, (( l'heureux état de choses clairement et souvent prédit par mainte prophétie, il y a plus de deux mille ans, où le Père commun de tous les hommes fera cesser la guerre jusqu^aux confins de la terre, oii les hommes forgeront des socs avec leurs épées et des faucilles avec leurs lances, où les nations ne se lèveront plus les unes contre les autres et ne connaîtront plus les combats^ )) (Isaïe, II, 4; Micah, IV, 3).
Ce mysticisme aurait pu d'ailleurs se concilier avec l'esprit révolutionnaire, mais, en fait, Priestley ne fut jamais l'avocat des réformes violentes et précipitées *. Gomme la majorité des réformistes anglais, il se contentait de désirer pour son pays une représen-
•1. Moncure Conway, p. 324, 330.