II. — Il n’y a que Jésus connu, aimé et imité dans le temps
Vivre d’amour et vivre de Jésus, c’est tout un. Notre amour prend sa source et trouve sa plénitude en Lui. Pour faire naître notre amour, comme pour le développer, il nous faut fixer Jésus et nous appliquer à Le mieux connaître.
Si Jésus nous apparaît si attrayant, rien qu’à Le regarder, que ne nous sera-t-Il pas lorsque nous L’aurons étudié? Tout en Lui est amour, toutes ses perfections sont inséparables de son amour, toutes ses opérations sont des opérations d’amour, sa sainteté infinie est une sainteté d’amour, ses exemples de vertu dans sa vie mortelle sont destinés à nous inspirer une imitation d’amour, sa mort est la preuve suprême de son amour, sa gloire au ciel est le triomphe éternel de son amour.
L’amour ne se peut donc comprendre que si on le considère en Jésus. D’où la mesure de notre science d’amour dépend de notre connaissance de Jésus ; de même que notre fidélité et notre constance à vivre d’amour sont inséparables de l’intelligence que l’on a de l’amour en Jésus.
Tant que nous ne connaîtrons pas parfaitement Jésus, nous n’aurons qu’un amour restreint. Et comme nous sommes faits pour aimer et aimer sans limites, nous ne devons donc jamais nous lasser d’étudier Jésus. Sa connaissance est le foyer nécessaire pour alimenter notre amour. Plus nous Le connaîtrons et plus nous L’aimerons ; plus nous L’aimerons et plus nous voudrons L’imiter.
C’est donc sur Jésus, sur sa Personne adorable, sur ses perfections infinies, sur les mystères de sa vie, de sa passion et de sa mort, sur son existence sacramentelle et sur sa gloire éternelle, que nous devons diriger nos lectures, nos méditations et nos études.
Puisque la vie éternelle consiste à Le connaître, nous ne pouvons avoir une plus noble ambition que de croître ici-bas dans cette science d’éternité. Ce devoir est aussi rigoureux que celui de l’amour, puisque notre amour en dépend
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et que, par suite, notre désir d’imitation dépend de notre amour.
Cette connaissance toujours plus approfondie de Jésus doit donc prendre le caractère de notre amour et nous devenir une réelle passion. Nous ne vivrons vraiment d’amour que si nous éprouvons un désir insatiable de connaître Jésus et d’en faire l’exemplaire vivant de toutes nos vertus.
Mais Le connaître réellement, c’est Le connaître tel qu’il est et tel qu’il se connaît Luimême. C’est pourquoi nous Le devons étudier dans ce qui Le constitue essentiellement Verbe incarné, à savoir son Sacerdoce. C’est en tant que Prêtre qu’il est venu ici-bas glorifier son Père et sauver le monde. Son Sacerdoce est donc l’expression formelle de son amour. Dès lors. Le connaître et L’aimer, c’est Le connaître et L’aimer comme Prêtre, Prêtre dans le temps et Prêtre dans l’éternité. Connaissance et amour qui en nous sont un gage de sainteté et portent des germes d’éternité.
III. — Il n’y a que Jésus contemplé, aimé et possédé dans l’éternité.
Le ciel nous attire, parce que nous sommes faits pour aimer sans fin dans la connaissance parfaite et la possession totale de Jésus. C’est
Lui qui se fait ici-bas notre lumière de vie et notre amour vital. Tout est en Lui : le bonheur, la science, la sainteté, l’amour et la vie.
Nous ne Le voyons encore qu’à travers un voile : au ciel nous Le contemplerons à découvert. Nous ne Le comprenons que faiblement : là-haut nous Le connaîtrons tel qu’il est. Nous ne L’aimons qu’imparfaitement : au royaume de l’amour éternel nous atteindrons les dernières capacités de l’amour. Nous ne Le possédons qu’avec la crainte de Le perdre : dans la Patrie nous serons fixés en Lui pour l’éternité.
Ce sont ces pensées éternelles qui nous soutiennent et sont notre grande espérance. C’est parce que nous nous avançons vers le ciel, où Jésus nous attend, que nous accélérons notre marche. C’est parce que Jésus s’apprête à être là-haut notre éternelle jouissance, que nous peinons avec courage dans l’exil. C’est parce que Jésus se révélera pleinement à nos âmes, lorsqu’il nous aura appelés dans son sein, que nous nous passionnons pour Le mieux connaître et Le mieux aimer.
Chaque fois que nous considérons Jésus, nous nous préparons à Le contempler éternellement. Chaque application que nous apportons à l’étude que nous faisons de Jésus, nous prédispose à la
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science unique qui fait le bonheur des élus. A chaque acte d’amour que nous faisons correspondra une intensité spéciale de charité dans la gloire. Chaque instant de notre vie employé au service amoureux de Jésus se retrouvera là-haut divinement récompensé par la possession sans fin du même Jésus devenu notre unique bonheur.
Notre vie d’amour sur la terre est donc déjà un ciel anticipé. Quelle ardeur, dès lors, ne doit pas être la nôtre pour donner en tout la première place à l’amour, pour concentrer toutes nos forces vives sur l’amour, sur l’amour à conserver intact, sur l’amour à accroître sans relâche, sur l’amour caractère de notre sainteté, sur l’amour héroïsme de toutes nos vertus, sur l’amour consommation de notre union avec Jésus et de notre demeure dans son amour.
Que la connaissance de Jésus dans l’amour soit notre lumière de vérité. Que l’amour de Jésus contemplé dans ses infinies perfections soit la joie de notre exil. Que la perspective de la possession éternelle de Jésus dans les siècles des siècles soit l’espérance qui ravive notre amour et le rende divinement fécond.
Aimer Jésus, tout est là !
Aimer et vivre de l’amour de Jésus, c’est le ciel sur terre.
Aimer et se perdre éternellement dans l’amour et la possession de Jésus, c’est vivre sans fin.
O Jésus, aimer, c’est Vous !
Vivre d’amour, c’est vivre de Vous.
O Jésus, donnez-moi votre amour, et je ne Vous demande rien de plus.
Jésus seul!
TABLE DES MATIÈRES
Avant-Propos . 1