Alphonse 1er J'Este. E. F
ajoutait maestro Giacomo, je fis semblant de ne pas vouloir le traiter, et je finis ainsi par les obtenir. » Cela me fut rapporté à Ferrare par messcr Alberto Bendcdio, qui me fit voir, avec grande cérémonie, plusieurs copies en terre de mes vases. Je me contentai de rire, sans souf- Her mot. Messer Alberto Bendedio, qui était d^un caractère irritable, s'écria aussitôt avec colère : « Tu ris, je crois, hein ? et bien ! je te dis, moi, que depuis mille ans, il n'est pas né un homme capable seulement de les copier ! » Pour ne pas nuire à leur réputation, je fis mine de les admirer avec un silencieux et profond étonnement. Plusieurs seigneurs me dirent, à Rome, que ces ouvrages leur paraissaient être antiques et d'une rare beauté. Quelques-uns d'entre eux étant de mes amis et leurs éloges m'ayant enhardi, je leur avouai que j'étais l'auteur des vases. Ils ne voulurent point me croire. Alors, pour leur prouver ma véracité, je fus forcé de produire des témoins, et, en outre, de faire de nouveaux dessins ; car maestro Giacomo, dans son astuce, avait jugé à propos d'emporter les croquis originaux. Ce petit travail me fut très avantageux.
La Faustina. — La petite Servante. — Maladie. — Les Pirates.
La peste exerça ses ravages pendant quelques mois à Rome : plusieurs de mes camarades en étant morts, je pris le parti de me séquestrer. Grâce à ce moyen, j'avais réussi à rester sain et sauf, lorsqu'un soir, un de mes