RODOLPHE, MARCEL
Rodolphe, réyeur, regarde par la fenêtre ; Marcel travaille à son tableau, soufflant pw moments dans ses doigts que le froid engourdit.
MARCEL
Cette mer Rouge me congèle et me dégoûte Et pleure dans mon giron Goutte à goutte !
Pour me venger, je noie un Pharaon 1 Et toi ?
RODOLPHE
Moi, dans le ciel gris Je vois s'épandre la brume Dont s'enfume Paris...
Tandis que notre vieille Cheminée est là, qui baille et sommeille, Oisive et vaine autant qu'un gros rentier 1
MARCEL
A l'abandon du charbonnier Elle n'a pu survivre !
RODOLPHE
Le pauvre bois prisonnier, Que fait-il sous le givre ?
MARCEL
Rodolphe, écoute bien, Car cette pensée est profonde :
Il fait un froid de chien !
RODOLPHE
Et moi, s'il faut que j'y réponde, Je ne crois plus, ô peuple, à ta sueur I
MARCEL, abandonnant sa peinture.
Mes doigts sont gourds, ô douleur I Comme si, sous sa chemisette, Je touchais ce glacier Qu'est le cœur de MuseUe t
L'amoar est un foyer...