‹ La vie de Bohème (volume 2)Chapitre 2 sur 59 · RODOLPHE, MARCEL · texte numérisé non relu

RODOLPHE, MARCEL

Rodolphe, réyeur, regarde par la fenêtre ; Marcel travaille à son tableau, soufflant pw moments dans ses doigts que le froid engourdit.

MARCEL

Cette mer Rouge me congèle et me dégoûte Et pleure dans mon giron Goutte à goutte !

Pour me venger, je noie un Pharaon 1 Et toi ?

RODOLPHE

Moi, dans le ciel gris Je vois s'épandre la brume Dont s'enfume Paris...

Tandis que notre vieille Cheminée est là, qui baille et sommeille, Oisive et vaine autant qu'un gros rentier 1

MARCEL

A l'abandon du charbonnier Elle n'a pu survivre !

RODOLPHE

Le pauvre bois prisonnier, Que fait-il sous le givre ?

MARCEL

Rodolphe, écoute bien, Car cette pensée est profonde :

Il fait un froid de chien !

RODOLPHE

Et moi, s'il faut que j'y réponde, Je ne crois plus, ô peuple, à ta sueur I

MARCEL, abandonnant sa peinture.

Mes doigts sont gourds, ô douleur I Comme si, sous sa chemisette, Je touchais ce glacier Qu'est le cœur de MuseUe t

L'amoar est un foyer...

Page 1