ACTE I. so
MUSETTE
Eh bien! avec quoi ferons-nous passer le canard qui est dans le pâté?
PHÉMIE, regardant dans le panier.
Le canard est envolé, il ne reste plus que la croûte ! (Ælles jettent Le tout par-dessus la balustrade, aidées de Marcel.
BAPTISTE
Au milieu d’une grave discussion, avec Monsigur, sur l’objectif et le subjectif... (A Musette.) le moi et le non-moi, si vous aimez mieux, comme nous étions très-altérés, nous avons mangé le canard,
MUSETTE, à Rodolphe.
Hest gentil, votre domestique; est-ce que vous le pre cher ?
RODOLPHE
Ne vous mettez point en peine, nous allons réparer tout cela. Baptiste, tu comprends ?.. (Baptiste sort par le fond à droite.) Maintenant, permettez-moi de vous offrir à déjeuner.
SCHAUNARD
En effet, il est l'heure où les honnêtes gens passent dans la salle à manger. Allons.
RODOLPHE
La salle à manger, c’est ici; dans un instant nous serons servis, et nous boirons à la Bohème, ma future patrie !
TOUS
Comment !
RODOLPHE
£ é su le à * Ecoutez-moi; je cours ici les plus grands dangers. MARCEL.
Vous? .
RODOLPRE.
On veut me marier.
Cest horrible ! C’est mon oncle Million qui a eu cette idée-là ! MUSETTE.
Votre oncle Million ?
PHÉMIE
Quel joli nom!
SCHAUNARD
Je voudrais bien avoir la monnaie de votre oncle. RODOLPHE.
Me marier, comprenez-vous ca? emprisonner ma liberté dans un contrat, jeter mon cœur dans le pot-au-feu du mé- .. page, couper les ailes de ma jeunesse; tout cela uniquément
* pour procurer à mon oncle le plaisir d’avoir des petitsneveux !
SCHAUNARD
Parbleu! s’il en veut qu'il en fasse lui-même.
RODOLPHE
Il y a longtemps déjà que je méditais une fuite ; mais tout seul je ne saurais où aller. Maintenant, c’est bien décidé, je veux mener, comme vous, la belle vie ‘de travail et de plaisir. J'ai bon cœur et grand courage, yous me verrez à l’œuvre ! Ainsi donc, si vous le permettez, je serai d’abord votre compagnon, jusqu’au jour où vous voudrez bien m’ap-. peler votre ami!
MARCEL
Mais vous l’êtes déjà !