‹ La vie de Bohème;Chapitre 22 sur 99 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

RODOLPHE, MUSETTE, à ganche.

RODOLPHE

Ma jolie petite Musette !

MUSETTE. | Mon bon Rodolphe! qu’êtes-vous donc devenu ?

RODOLPHE. | Je suis devenu philosophe.

MUSETTE

Ce qui veut dire que vous n’avez pas d'argent? RODOLPHE. * Pardonnez-moi, j’en ai... j'en ai à payer.

MUSETTE

Vous avez des dettes ?

RODOLPHE. h Beaucoup ! Si vous en voulez ?.… Non, merci... Faites-vous toujuurs des vers ? Oui, les jours fériés ; mais dans la semaine c’est différent ! Et même je viens de terminer un petit ouvrage fort intéres-

sant, intitulé : Le Parfait Fumiste. C’est de la haute littérature

en terre cuite. Enfin, ça se vend... "Baptiste l’a lu, il en est assez content.

MUSETTE

Baptiste est ici?

RODOLPHE

Oui, par ma protection.

MUSETTE

Savez-vous qu’il y à un an que nous ne nous sommes Vus? RODOLPHE. ‘ ?

Je le sais !

MUSETTE. ; «Et votre oncle ?

RODOLPHE

Il y a six mois de plus, et c’est au bout de ces six mois-là, les premiers que je passai à Paris au sein de la Bohème ,.que vous l’avez abandonnée, vous, inconstante Musette, pour aller habiter les hauteurs cythéréennes du quartier Bréda.

MUSETTE, riant.

Vicomtesse, mon cher ! (Elle passe à droite.) RODOLPHE.

Ah ! j'étais bien sûr que vous finiriez ainsi... une nuitou

Pautre. Mais alors comment se fait-il que je vous retrouve dans

cette humble mansarde ?

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