SCENE VIII
BAPTISTE, seul, à gauche.
(11 porte un balai, un plumeau, un seau et une cruche en zine, et deux paires de draps. Il dépose tous ces objets en entrant.)
Monsieur Benoît m’a dit de faire cette chambre, et de mettre des draps au lit... Cette chambre était donc habitée? je l’ignorais.. Tiens, c’est ma foi vrai, et ces fragments d’uniforme, dispersés cà et là, indiquent suffisamment à quel régiment gracieux appartient la créature qui loge sous ces poutres : c’est une fille d’'Eve! une mangeuse de pommes... (il furète dans la chambre.) Voyons un peu... comme ce petit bonnet est co= quettement placé sur cette bouteille!... comme ces fleurstet ces rubans attestent bien le passage d’une petite main capricieuse et mutine!.. (l s’approche du lit.) C’est là qu’elle à dormi, lelit conserve encore une empreinte voluptueuse dans laquelle on pourrait mouler une Vénus... Et M. Benoît s’imagine que je vais détruire cela?.. (4vec dédain.) Ah !.. barbare ! Vandale !
Visigoth !.. (1 prend tout son attirail.) Allons faire l’autre chambre.
(11 passe à droite; arrivé au milieu de la chambre, il regarde de tous côtés et éclate de rire.) Ah! oh! quel admirable désordre! rien n’est à sa place, tout est parfaitement dérangé... (11 dépose tout æ qu’il tient.) Quelle antithèse !.. Là-bas, la grâce, la coquetterie... ici, la force le tavail..….-là-bas, des fleurs, des rubans... &i, des pipes, des papiers, de l'encre partout, jusque sur les draps. et je les changerais?.. jamais!.. (1 s’asseoit près du guidon.) Il y a beaucoup de besogne dans cette maison. dire que j’ai vingt-