MO CO TEEN 07 MUSETTE
Je l'ai louée par prévision, il y a deux mois, et j'y suis ve-
nue hier soir pour la première fois, c’est un pied-à-terre. RODOLPHE. ù
Au cinquième étage? Enhn, je comprends... Le cœur d'un
vicomte, sans préjudice du co: rant, MUSE*TE.
Non ! non ! c’est fini !
RODOLPHE, s'asseyant.
Et Marcel ?
MUSETTE
Xe l'aime plus que jamais... Et la preuve... (Montrant un petit sotfre qui est sur une table à droite.) voilà ses lettres. C’est même la seule chose que j'aie emportée dans ma fuite.
RODOLPHE, se levant.
Vous nous revenez donc ?
MUSETTE
__ Oui; décidément je veux manger encore avec vous le pain “bénit de la gaieté |!
Air d’une Polka.
C’en est fait, j'oublie Ma brillante vie, À Et je répudi Mes nobles amours.
Oui, Je vous dis adieu pour toujours, Diamants et cachemires!
A toi, Marcel, mes seules amours, Et caresses, et sourires!
C’en est fait, j’oubiie, etc.
ENSEMBLE,
RODOLPHE
Enfin elle oublie Sa brillante vie !
Elle répudie Ses nobles amours!
Ah! vous me rendez bien heureux, allez, Musette... Mais st vous retrouvez Marcel, s’il oublie le passé. il faut à l’avenir ne plus lui déchirer le cœur avec vos petits oncles roses. MUSETTE.
Jeles couperai bien courts. (Elle passe à gauche.) RODOLPHE.
C’est ça. et tâchez qu’ils ne repoussent pas trop vite. Parce que, voyez-vous ? c’est grave, Musette! Nous autres, tout nous quitte avec la femme aimée, notre jeunesse, notre courage, notre talent! pour quelque temps du moins... ÿ’en sais quel-
que chose. | ;
MUSETTE, accoudée à Le theminégs ET
Marie, v’est-ce pas ?
RODOLPHE
Oui, Marie !
MUSETTE
Elle vous a bien aimé.
RODÔLPHE ; se mettant à cheval sur une chaise.
Oui, pendant un mois... Dans ce temps-là le Pactole passait dans’ma chambre, mais le Pactole a changé de lit...
MUSETTE
Et Marie ?
RODOLPHE, avec un geste significatif.
Elle a suivi le courant. Ah ! dans le premier moment, je n'étais pas drôle, vrai! le chagrin m’avait mordu, j'étais devenu enragé.
—a MUSETTE.
Pauvre garçon!
RODOLPHE
: Et après, j'ai eu des idées bizarres, fantastiques... Il me fal= lait absolument un être à aimer. J'avais adopté un homard 4 vivant; je l’avais fait peindre en rouge, c'était plus gai... Maïs eette affection ne me suffisait pas. (Se levant.) J’en ai fait une mayonnaise! Puis il me vint une autre idée... Je m’en fus aux Enfants-Trouvés. Bah !
ROPOLPHE. s En regardant les enfants, je vis une belle jeune fille de dixhuit ans, orpheline comme les autres, mais qu’on avait gardée dans la maison. s MUSETTE. | Vous vouliez l’adopter ? Vu RODOLPHE.
Mieux que ca... Je voulais l’épouser... Je fis ma demande, je dis franchement quels étaient mes moyens d’existence : poëte lyrique. Le mariage manqua !
MUSETTE, riant.
Pauvre ami!
RODOLPHE. RTS Eh bien! ça m’a fait mal de la quitter, vrai. Et je crois que, de son côté... Oui, quand je me suis éloigné, ses veux i’ont suivi jusqu'au seuil de la maison. N'est-ce pas que ça serait très-gentil tout ça avec des vignettes ?
MUSETTE
Dites dunc, croyez-vous que Marcel m’aime encore? RODOLPHE.
C’est à craindre.
MUSETTE
Qüest-il?