ACTE IL
RODOLPHE
Calmez-vous, je lève l’ancre.
MARCEL
Et maintonant, soupons. (Aidé de Musctte, il met les provisions sur la table, qu’il a placée au milieu; ils s’asseyent de chaque côté de la table, et soupent.)
MUSETTE
Ah! et Rodolphe 7... (Elle va se lever.)
MARCEL, la retenant.
Il ne soupera pas.
Adieu, Mimi !
Vous partez ?
RODOLPHE
Je vais vous envoyer Musette et prendre sa place. (A part.) . Ça ne reviendra pas au même comme je le disais, mais enfin! (Haut) Voyez-vous, Mimi, je pourrais peut-être rester en vous compromettant bien, car Je tiens ordinairement ma parole ; mais j'ai vingt-deux ans et vous dix-huit, à Mimi! et... Je m'en vais. (Il remonte. — L'orchestre joue un fragment du finale du deuxième acte du Barbier.) MIMI.
Nous ne nous verrons plus que demain. (Rodolphe l’embrasse
et sort en emportant sa malle.) MIMI, redescendant après avoir fermé la porte. Heureusement les nuits sont courtes!
RODOLPHE, en dehors, frappant à la porte de Marcel. Marcel, ouvre-moi !
MARCEL
Hein ?° RODOLPHE.
I] le faut !
MUSETTE
Vous vous moquez du monde !
RODOLPHE
Marcel, ne consulte pas Musette, consulte la morale.
+ MARCEL, se levant et rangeant la table dans un coin. Je ne consulte que mon cœur, je n’ouvre pas. (11 se met aux genoux de Musette.)
RODOLPHE
fas ae bêtises ! (Il frappe plus fort.) MARCEL, criant.
La porte à côté! (1 embrasse Musette. — Mimi est près dulit. Or
frappe doucement à sa porte.) RODOLPHE, en dehors, à voix basse.
Mimi. c’est moi! ( Mimi reste tout interdite. — Le rideau baisse.)
4 d PMR