ACTE IV
BAPTISTE, à part.
Mademoiselle Mimi... ah! mon Dieu!
MADAME DE ROUVRES, avec emportement.
Allez donc! (Baptiste sort en courant par la gauche.) Son adieu m’a frappée au cœur !
RODBOLPHE, entrant vivement par le fond, à part.
Qu'ai-je appris? ces lettres n'étaient que mensonges... Mimi est innocente. et elle était là! (11 va vers le cabinet, madame de Rouvres lui barre le passage.)
MADAME DE ROUVRES
Elle n’y est plus, Monsieur.
RODOLPHE
Quoi! vous saviez ?..
MADAME DE ROUVRES
Eb bien! oui, je le savais. il faut choisir entre vos deux maitresses, Monsieur! Je ne veux pas d’une semblable rivale! (Elle tombe assise sur le canapé de droite.)
RODOLPHE
Une rivale! ah! oui... Vous l’avez chassée, Madame... les
larmes de cette enfant ne vous ont pas touchée? MADAME DE ROUVRES.
Les miennes vous toucheraient-elles, Monsieur? (Durandin pa-
raît au fond avec Marcel et Colline.) RODOLPHE.
Eh! Madame, ce n’est pas votre amour qui pleure... c’est voire orgueli.
Monsieur ! (Durandin, Marcel et Colline entrent vivement.) DURANDIN, courant à Rodolphe.
Qu'est-ce donc? qu’y a-t-11?
RODOLPIIE.
Laissez-moi !.. votre conduite est indigne.
DURANDIN
Monsieur !
MARCEL, Mon ami!
RODOLPHE
Cette fille que j'aimais... que j'aime encore... vous l’avez calomniée !
MADAME DE ROUVRES
Comment?
BAPTISTE, entrant par la petite porte de droite, à Rodolphe. Ah! Monsieur... je crains qu’il ne soit arrivé un malheur... mademoiselle Mimi.
Eh bien?
RODOLPIIE,
BAPTISTE
Je l’ai vue sortir en courant; j'ai voulu la suivre, mais dans
l'obscurité je l’ai perdue. (Marcel, Colline et Baptiste vont à la fenêtre.) RODOLPHE, avec douleur.
Mimi? (A madame de Rouvres.) Entendez-vous? en ce moment »lle menrt peut-être, victime de voire amour et de votre perliuie.(Durandin hausse les épaules et remonte ; madame de Rouvres passe à gauche et regarde Rodolphe ave fierté.)
Vous êtes chez moi, Monsieur!
RODOLPHE
Oui, Madame, de votre perfidie.. car elle était là... et ee
m'a entendu quand je la reniais lâächement.
MADAME DE ROUVRES
Pour qui donc, Monsieur ?
RODOLPHE, bas à madame de Rouvres. ;
Pour une autre qui me renie à son tour. Adieu, Madame... Vous me disiez tout à l'heure de choisir?..
MADAME DE ROUVRES, qui vient d’arracher le portrait de Mimi de l'album, le froissant et le jetant aux pieds de Rodolphe,
Je ne vous le dis plus!.: Adieu, Monsieur!
DURANDIN, à Rodolphe. -
Allez, Monsieur, continuez votre existence de désordre, .
votre belle vie de bohème... Teut est fini entre nous. RODOLPHE, à Durandin.
Gardez votre argent. (A madame de Rouvres.) Gardez votre orgueil.. moi, je garde mon amour! (Il remonte près de Marcel et de Colline. M. Durandin est à gauche, près de la table; madame de Rouvres est tombée sur le canapé de gauche. Schaunard entre par la droite, et va suivre les autres.)
BAPTISTE, arrètant Schaunard, bas.
Monsieur, vous n’auriez pas besoin d’ux domestique ? SCHAUNARD.
Si, quelquefois. pour m’avancer de l'argent sur ses gages.
(Baptiste fait signe que ça lui va, ct se dispose à le suivre.)