SCÈNE VI
RODOLPHE, LE MÉDECIN, MIMI, MUSETTE, puis MARCEL.
LE MÉDECIN
Vous navez fait demander ?
RODOLPHE, se relevant et venant près\du médecin.
Chut! (Musette retourne près de Mimi et lui parle bas.)
LE MEDECIN
Je c&.prer.ds… É RODOLPIIE.
Mimi. ma petite fille, voilà un de mes amis qui est monté me voir en passant. C’est un médecin. Si tu lui disais où tu souffres, ce que tu éprouves?
LE MÉDECIN, venant près de Mimi dont il prend la main.
Vous permettez, Mademoiselle? (Rodolphe semble épier avec anxiété la physionomie du médecin, qui lui fait signe de s’écarter. — Marcel rentre.— Musette et Rodolphe vont au-devant de lui pendant que le médecin semble consulter Mimi.)
; MARCEL
Le médecin est-il venu ?
MUSETTE
Il est là!
MARCEL, Qu’a-t-il dit?
RODOLPIIE.
Nous ne savons rien encore. (Musette et Marcel se rappret®ent de LE MÉDECIN, à Mimi, Tranquillisez-vous, Mademoiselle... ce n’est rien... du repos, et tout ira bien.
RODOLPHE, joyeux.
Ah! (Marcel et Musette redescendent la scène et vont s'asseoir près de Mina, pendant que le médecin et Rodolphe sont dans un coin du théâtre.) LE MÉDECIN, revenant à Rodolphe et lui prenant la main, bas. Mon ami, c’est fini!
RODOLPHE, tressaillant, Perdue? O Mimi! ma pauvre Mimi!
LE MÉDECIN
Dans huit jours, au plus tard.
RODOLPHE
Quoi! sitôt?
LE MÉDECIN, Plu- tôt... Demain, peut-être !
MIMI, se penchant vers Rodolphe et le médecin, Qu'est-ce que vous dites là tous deux?
RODOLPHE, prenant un ton gai et venant à elle. Nous complotons pour te faire prendre quelque chose de très-mauvais qui te guérira bien vite.
MUSETTE, à Mimi.
Tu vois bien, si tu étais en danger, il ne rirait pas. MARCEL, qui vient de porter une écritoire et du papier sur la table, bas, à Rodolphe.
Que dit le médecin ?
RODOLPHE, bas.
C’est fini!
LE MÉDECIN, à Mimi.
Allons! ne vous tourmentez pas...
MIMI
Oh! je suis mieux déjà depuis que je suis ici. (La fièvre com-
mence à la prendre.) Il faut me guérir bien vite, Monsieur ! (Montrant Rodolphe qui s’est rapproché, et dont elle a pris la main.) Vous le voyez, je suis joute sa joie... une triste joie, n'est-ce pas ? Enfin, il
m'aime comme Ca! (Regardant la robe de Musette., C’est joli cette.
robe !.. Tout à l'heure, en revenant de l'hôpital, j'si regardé les magasins. Quel malheur que cela coûte aussi cher! (Avec vivacité.) Comme on est drôle quand on est malade! on a toutes
sortes d’envies. (A Rodolphe.) Tu sais bien, moi qui ne suis pas
coquette, je voudrais avoir... (Tristement.) Non, n’y pensons plus!
Fe