‹ La vie de Bohème;Chapitre 98 sur 99 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

LesÈèmes, MADAME DE ROUVRES, puis MARCEL et DURANDIN.

(Madame de Rouvres est entrée silencieusement.)

RODOLPHE, se relevant et l’apercevant.

Vous !… vous ici, Madame ! (Tous se lèvent.) MADAME DE ROUVRES. :

Parlez bas. (Montrant le lit.) Qu'elle ne vous entende point. RODOLPHE.

Quoi ! vous savez ?..

MADAME DE ROUVRES

M. Durandin est chez moi en ce moment; il m'a tout

appris.

RODOLPHE

Madame...

MADAME DE ROUVRES

En d’autres temps, Rodolphe, j'ai pu laisser échapper sur cette jeune fille des paroles.

RODOLPHE, vivement.

Et moi, Madame, comment pourrai-je m’excuser pour ma conduite inconvenante chez vous ?.…

e MADAME DE ROUVRES,

Ne vous excusez pas. il n’y a plus ici ni inconvenance, ni rivalité. (Montrant le lit.) Il y à le malheur et la pitié! (vivement. la pitié sincère, qui souffrirait d’un refus... (Tirant un portefeuille. Cette maladie peut être longue... prenez... (Elle lui donne le portefeuille.)

- RODOLPIIE, bas en lui baïsant la main,

Ah! Césarine, merci!

MADAME DE ROUVRES

Et, maintenant, permettez-moi de me retirer. (Durandin entre en même temps que Marcel, qui apporte les médicaments qu'il pose sur la table )

DURANDIN, à madame de Rouvres.

Vous êics venue?.. Quelle folie !..

RODOLPHE, Mon oncle!

DURANDIN

Laisse-moi dire un mot à Madame, je te parlerai ensuite. MADAME DE ROUVRES, à Durandin.

… Pas ici!.. Morsieur, reconduisez-moi,

L] È ü 102 LA VIE DE BONËÈNME.

DURANDIN, à madame de Rouvres, Tout à l'heure, chez YOus, quand je vous ai parlé de ce qui

se passait ici, vous m'avez accusé d’insensibilité, de cruauté: même? Eh bien ! je suis venu exprès pour vous prouver que

je ne suis ni insensible, ni cruel! nt ne veux pas ètre dupe.

RODOLPHE

Mon oncle!

DURANDIN

Et je ne veux pas que tu le sois non plus. car, ma parole

d'honneur! vous êtes fous tous tant que vous êtes. MADAME DE ROUVRES.

Monsieur, taisez-vous.

DURANDIN

Je vous le répète, vous êtes dupe d’une comédie!.. (II passe à droite.)

SCHAUNARD, mettant une chaise près du lit.

Une comédie! Permetlez-moi de vous offrir une stalle pour mieux la voir.

MORTE à Durandin.

Ah! tenez... vous n'avez pas de cœur! 6 DURANDIN, à Musette.

Vous défendez votre pareille, je comprends ça. MUSETTE, éclatant, mais d’une voix sourde.

Mimi, ma pareille !., Mimi, si bonne, si dévouée, si douce! Oh! comme vous ne me connaissiez guère !... Ah! monsieur Million, si vous pouviez être jeune pendant un carnaval?

DURANDIN

Eh bien?

MUSETTE

Je n’en demanderais pas davantage pour faire fondre votre fortune au creuset de mes caprices. Vous voyez bien ces petites dents-là, elles croqueraient des lingots!... (Frappant du pied.) Vous n’avez pas un fils en quelque part, que je le mette sur la paille!

DURANDIN

Eh bien! à la bonne heure, vous, vous êtes franche, (11 passe [rès de Rodolphe.) Voyons, elle est malade, dis-tu? eh bien! je la ferai entrer dans une maison de santé. (Étevant de plus en plus la voix.) Mais je ne veux pas qu’elle reste ici!... (Pendant ce temps

le rideau s’est entr’ouvert. =— On voit Mimi qui écoute. — Musette l'aperçoit et :

court à elle.) À cette condition je donnerai de l’argent, mais elle partira!

MADAME DE ROUVRES, à Durandin.

Vous ne dor nerez rien, Monsieur, et elle ne partira pas!

DURANDIN

Madame...

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