‹ La vie de Bohême pièce en cinq actesChapitre 58 sur 78 · U®* DB BOL VUES · texte numérisé non relu

U®* DB BOL VUES

Ceci est subtil, mais c'est vrai... Soyez donc franc jusqu'au bout... Dites-moi... est-co que c'est arrivé votro histoire avec celte petite... comment donc ?... Mimi , je crois ?...

RODOLPHE

Mimi... Oui, madame.

H r c DS ROUVRES.

C’est historique 1

RODOLPHE

Comme Charlemagne.

m k * de rouvres.

Vous l'aimiez ?

RODOLPHE

Madame...

% H®* DE ROUVRES

L’aimiex-vous?

RODOLPHE

On le disait.

■®* de rouvres, après tm moment de dépit.

Elle est jolie f

Rodolphe, embarrassé.

Très-jolie!... Mais dcsircr-vous vous asseoir, madame? (il wui la conduire sur le canapé de gauche.)

*■’ de rouvres, t-iivment.

Merci !... EUo a des yeux Mous?

RODOLPHE

Non, madame.ooirs.

«*’ db noivnzs.

Bien grands ?

RODOLPHE

Des yeux tout autour do la tète t

H"* DB ROUVRIS

Vous m'impatientez!

ROOOLpnB, lui prenant 1 rs moins, qu’il admire .

C’est toujours P radier qui vous fournit vos mains, madame? «•»* dk nocvnû.

Vous les trouvez jolies?... Plus jolies que celles de mademoiselle Mimi ?

Les siennes étaient moins bien mises.

*® e DE ROUVRES, ironique.

Point gantées?

RODOLPHE

Paidon, madame, gantées... do baisers. (H basât. les moins de Af®* de Rouvres.)

»“• db rouvres, avec dépit , et retirant ses mains.

J’ai mes fournisseurs. [Rodolphe sourit. — Avec, CJigutUerie.) Voyons, Rodolphe... Aimez-vous encore mademoiselle AL mi? RODOLPHE.

Madame, je ne dois plus l'aimer... et peuMHre l'ai- Je aimée plutôt pour moi quo pour elle.

u mi db rouvres, avec un mouvement de satisfaction contenu. Ali! asseyons-nous donc { fi lie F en traîne sur le canapé de droite, près de la chambre où est Muni. Ils s'asseyent.)' Vous dites l’avoir aimée plutôt pour voua qno pour elle?... Quelle passion est tels T

RODOLPHE

Passion do poète, passion (Partiale... c’est-à-dire ce qu’il 7 a de plus beau...

h*** db rouvres.

Et de plus faux h la fois.

RODOLPHE

Oui , madame , car o’eat la perpétuelle exploitation du casut per. l'imagination.

d* rouvres, arec intention.

Vous reniez donc votre amour? Vous convenez donc quo ce n’était qu'uu caprice, une fantaisie?

RODOLPHE

Peut-être...

M** i)E ROUVRES.

Ce que vous aimiez en elle, c'était donc sa beauté ? (Musique <1 l’orchestre.)

RODOLPHE

Oui, sa beauté, sa jeunesse, l'éclat de son sourire, la fanfare do sa gaieté.

h 1 "* db rouvris.

F.nfln, vos amours étaient de ceux qui naissent au printemps avec la première feuille et meurent à i’hiver avec la première neige.

RODOLPHE

Qu'y faire?... Voyez-vous, madame, l'amour dans mie petite chambre visitée du soleil et do la bise amaL.. rameur quiVatsaille à un couvert frugal et boit dans le même verre... cet amour- * à est quelque chose de charmant quand on est encore sous le soleil >v«tu de la première jeunesse... Mais il arrive un jour où rofgdetl de l'esprit commence à disputer au cœur la liberté de ses sympathie» et de ses enthousiasmes... Alors tout change I...

I« naïf vous parait vulgaire... te caquetage d’une jolie bouche vous semble monotone, et vous commencez h trouver tiède le baiser de sa lèvre ardente. ( Jl entoure h taille de M"* de Rouvres.)

!*• DE rouvres, sa tournant du côté de la porte.

Rodolphe!...

Rodolphe, se penchant sur ton épaule.

Cost alors qu'on rôvo un autre amour... Celui qui marchostir les tapis, se drape dans la soie eu le velours, se constelle do diamants, va au bois, à l'Opéra, parle un langage pur, écrit sur vélin couronné do vignettes héraldiques, cl «'appelle d’un nom qui a scs entrées dans l’histoire. (Il embrasse l'épaule de M m * de Rouvres. On entend un léger bruit dans le cabinet. A?*"* de Rouira te lève vivement et passe à gauche.)

rodolph k, se levant austi m .

11 y a quoiqu'un là?

M®* DE ROUVRIS

Ma femme de chambre...

luncEL, en dehors.

Un rentrant h la bouillotte!

**• de rouvres, un peu agitée.

On vous appelle, quittons-nous... Je vous reverrai tout h l'heure. . Allez, allez... h bientôt!

RODOLPHE

A bientôt ! (Il lui baise la main et sort par le fond.)

Page 1