LL1S
Moi, c'est gulre chose I i’a* voulu veudre mes livres; mais tous les bouquinistes étalent clos dans leur vie privée. Quand j’ai vu ça, je suis entré chez un épicier et j« lui ai négocié, au poids, une sério do philosophes grecs... Ça valait dix écus, mais ça ne pe sait que trois francs. J’ai pris, voilà! (Rodolphe est remonté prêt de la fenêtre.)
SCIUlNAftp.
L’art est dans le marasme... et à colt# heure, une moitié de Paris emprunte cent sous à l’autre moitié qui les lui refuse. {// patte à droite.)
MUSETTE, à Rodolphe .*
Est-ce que votre Providence habituelle vous abandonnerait? rodoifiii, toujours ironique.
La Providence! la Providence... { montrant la fenêtre) quand U fait co lemps-JA, elle reste au coin dé son feu.
mcsxtts.
Et votre oncle?
rodolfhs.
Je l’ai vu. Il montait en voiture pour se rendre au bal chez madamo do Rouvre?. (Schaunard vient s’asseoir à gauche, pris de la fenêtre.)
KUSKTTIi**
Eh bien?
RODOLFBB.
Il n’y a rien à attendre de lui.
■USETTE.
Vous ne lui avex donc pas dit...
RODOLFHE.
Je lui ai dit tout, mais il ne croit à rien; il dit qu’elle joue la eomedie, et quec estun moyen pour entortiller son monde et arriver h son but.
■usette, avec colin. *
Dieu! s’il est possible d’entendre ça do sang-froid I repasse à droite et s’assied dans le fauteuil. Colline s'est assis près de la cheminée.)
rodolfbr, allant entrouvrir les rideaux de lit.
Pauvre tille t... tu in’n* aimé, et dans mon amour égonte je t’ai associée h ma vie de misère... chaque jour j’ai assisté h ton martyre patient, et pendant que tu tremblais sous les frissons de la fièvre... ie me réchauffais A la chaleur de ton amour. (S’agenouillant.) h Ven demande pardon... oui... c’est A cause de moi que te voilà sitôt couchée sur ce lit où je vois déjà la mort naître »ur ton visage.
SCEITE X.
Lis Mêmes. M« DE ROUVRES, puis MARCEL et DURANDIN. (M m *de Rouvres est entrée silencieusement.)
Rodolphe, sa référant et rapercevant .*
Vous !... vous ici, madame ! (Tous se lèvent.)
■"* DE ROUVRES
Parlez bas. ( Montrant le lit.) Qu’elle ne vous entende point.
RODOLFHE.
Quoit vous savez?...
■"* DE ROUVRES
Monsieur Durandin est chez moi en co moment ; Q m’a tout •ppris.
RODOLFHE.
Madame...
H"* DE ROUVRIS
En d’autres temps, Rodolphe, j’ai pu laisser échapper sot celte jeune ûllo des paroles...
RonOLFns, vivement.
Et moi, madame, comment pourrai-je m’excuser pour ma conduite inconvenante chez vous?...
M“* DE ROUVRES
Ne vous excusez pas... il n’y a plus ioinl inconvenant» ni ri-
: valité. (Montrant le Ht ) T! y a le malheur et la pitié 1 ( Ptvepicnt.) la pitié sincère, qui souffrirait d’un refus... (Tirant un portefeuille.) Geite maladio peut ôlro longue... prenez... (Elle lut donne le portefeuille.)
rodolfhr, bas en fui Aaisavit fa main.
Ah! Césariue, merci.
H"* DE ROUVRES
Et maintenant, perurettez-moi de me retirer. {Duraptfin enfra en même temps que Marcel qui apports Us médicaments, qu’il pose sur la table.)
durandin, à M m « de /lout res.
Vous ôtes vcuuo? quelle folie!...
RODOLFI1B.**
Mon onclel
DURANDIN
Laisse-moi dire un mot A madame, je te parlerai ensuite. db rouvres, à Durundin.
Pas ici... Monsieur, reeonduisez-moi.
durand;*, à lf“* de Rourrtt.
Tout A l’heure, chez vous, quand jo vous ai parlé de co qui so p issait ici, vous m’avez accusé d’inscusjbililc, de cruauté môme? Lh bien! je suis venu exprès pour vous prouver que jo nu auts ni insensible ni cruel! seulement jo ne veux pas ôtrodupe.
RODOLPUE.
Mon onde !
DURANDIN
Et je ne veux pas que tu le sois non plus... car, ma parole ^'honneur, vous êtes fous tous lantquu vous êtes.
H"' DE ROUVRES
Monsieur, taisez-vous.
DORANDUf.
Je vous le répète, vous ôtes dupe d'une comédie ! (Il passe à droite.)
scraunard, mettant une chaise près du lit. *
Une comédie... Permettez-moi de vous offrir une stalle pour mieux la voir.
■usette, d Durandin.
Ah ! tenez... vous n’avtz pas do cœur!...
durandin, à Musette.**
Vous défendez votre pareille, je comprends ça.
■usette, éclatant, mais dune voix sourde.
Minai, ma pateille ! Mimi si bonne, si dévouée, si douco! oh I comme vous no me connaissiez guère!.. Ah! monsieur Million, si vous pouviez dire jeune pendant un carnaval?
' DURANDIN
Eh bien?
MUSETTE
Je n’en demanderais pas davamago pour faire fondre voire fortune au enuset do mes caprices Vous voyez bien ces p« fîtes dénis- là, elles croqueraient des lingots I ( Frappant du pied.) Vous ifavcz pas un fils en quelque part, quo jo le mette sur la (uiilo?
DURANDIN
Eh bien, A la bonno houre, vous, vous ôtes (raoche. (Il passe près de Rodolphe.)* Voyons, elle est molade, dis-tu ; rh bien, je la ferai entrer dans une maison de santé. ( Elevant de plus en plus la voix.) Mais jo ne veux pas quelle reste ici ! ( Pendant ce temps le rideau s'est entr'ouvert. On voit Mimi qui écoute. Musette f’aprrpoir et court à elle.) A cette condition jo donuerai de l'argon* mais cAtr parti»» !
DR ROUVRES, A Durandin.
Vous no donnerez rien, monsieur, et elle no partira pas I
DURANDIN
Madame...
rodolpbe, coyanf Mimi qui descend de ton ht aidée de MuuUt de Marcel.**
Mon oncle, allez-vous-en?
MIMI, voyant Durandin, à Musette.
Monsieur Durandin !... Laisse-moi partir...
DunANDtN, qui achève à part une discussion avec Rodolphe.
Tu es fou... je le dis quo tu es fou !
mut, marchant «i chancelant, soutenue par Muselle; elle arrive près de Durandin ***
Ne le grondez pas, monsieur, je m’en vais... (A Rodolphe, qui est venu près d ’ <Ue.) Laisse-moi partir... je no veux pas qu un te fasse l'aumône pour moi I
rodolphi, tenant Mtm%.
Ah!... (A Durandin.) Allez-vous-en, mon oncle. {Il eoutient Aluni dans ses bras, et, avec Musette , la conduit dans le fauteuil que Colline a approché. Musette lui donne son manchon.)
■USITIB****.
Vois coiL'&e il est joli.
■ni.
Oui... bien jo T i!... [Elle fourre ses mains dans le manchon et t'essuie les ytux arec.)
rodolphb, lui prenant la main.
Mimil
mm.
Oui, tu m’aimes bien, moi pauvre ami, mais je te gôno.
RODOLPHE
Tais-toi I
k.Ri, en se retoumant, elle aperçoit M m * de Rouvres ; elle pousse un cri et se dresse dtbouL
Madame de Rouvres!... Adieu, Rodolphe'... adieu! lll** ér Rouvres remonte.)
bodolphi. *
Mlmi!
■mi, faisant un pas.
Adieu... je veux partir, ne me retiens pas.... J’irai h... l'hôpi.al... Je reviendrai quan il je serai guérie. [Elis s’affaisse lentement dans le fauteuil. Durandin hausse les épaulés.)
or rouvris , assise prés ds la labls .“
Vous ôtes cruel, monsieur! CEUs se lève.)
RODOLPHE , ÇUi g*ett approche.
Oh! oui, bien cruel!...
Dtn ihdih , à voix busse, à Rodolphe et à Mme de Rouvres .
Eh bien!., voyons... elle est on danger, dites-vous?
IOMUN
Elle est raourauto, monsieur?
NlilDU.
Je vais la sauver... ( Il pose sa canne et son chapeau , et s’approche du fauteuil.)"* Mademoiselle Mirai, c'était une épreuve, c’est fini. {Il prend la main de Rodolphe et celle de Mimi.) Je vous le donne : i Mimi pousse un long soupir et ne répond pas ; musique à l'orchestre.) Vous i'aimez et il vous aime, vous ôtes bonne et il sera nebe; soyez heureuse... Allons , levez-vous et embrassez-moi. ‘Moment de silence; Musette. 7 m est penchée vert Mimi , se relève tout à coup, pousse un grand cri et tombe à genoux. lout le monde entoure Mimi ■ Dur and v . , après un mou* t «me»», loche la ma;n oe A/im» jui tombe inerte, t
1 DU a 4M DIP.
Ah ! mon Dieu !
IODCLPBB. "
Ah !... (Il s’agenouille pris de MimiA 8CH4C1URD , ouvrant la porte brusquement et apportant à Durovr dm ta canne et son chapeau. *"
Une comédie!... Eh bien, monsieur! la pièce est ûuio; am va éteindre.
MUSETTE
Adieu, Mimi.
rodolphs, se relevant et sangloUanL
O ma jeunesse! c'est vous qu'on enicrxs.