ACTE PREMIER
BARBANÇON , latinant Héloïse.
Ohl ravissante créature, canlinière de mon cœur, vos yeux ont fourragé mon existence...
Il lui prend la taille.
HÉLOÏSE, le repoussant.
A bas les pattes, monsieur Barbançon, ou je tape.
BARBANÇON.
Quoi ! quand je vous débite des douceurs...
' HÉLOÏSE
Moi, je débite des claques I
BARBANÇON.
Et aussi du fil en quatre... Mais ce n'est pas un hussard, c’est un dragon...
HÉLOÏSE
Pour la vertu, connu!
Air de la Vivandière du régiment.
Cantinière du régiment.
Chacun me dit gentille.
J’entends tous les propos, gaîment.
Tant je suis bonne fille.
Mais, pour c’ qu’est d’ la vertu, crënon,
Faut pas toucher, ou vrai sur mon nom,
J’ défends, au sabre à l’espadon L’honneur de mon guidon. (Bis.)
On entend un appel de clairon.
VABLOND, se bouchant les oreilles.
Qu’est-ce que c’est que ça ?
BARBANÇON.
La trompette qui les appelle à la soupe.
On voit passer des soldats qui courent tons dans la même direction. PRUNIER.
Oh! les goinfres 1 regardez couune ils courent !... esclaves de leur ventre !... Je m’en vais dîner, moi...
Sans tambour ni trompette.
VARLOND.
Et ma foi ! je vais en faire autant.
Air : Polka des deux vieilles gardes.
Puisque la troupe Ici court à la soupe,
Je cours, morbleu 1 Au pot-au-feu ;
Quand ma moitié m’attend pour le dîner.
Je m’ dis : j’entends l’heur’ de la soup’ sonner.