SCÈNE PREMIÈRE
Bonnes d’Enfants, Hussards, Promeneurs, LARISSOLLE, ROSALIE, allant et venant pour servir les pratiques. YARLOKD, PRUNIER, puis BICHON et BORÉE ^
C HCËUR.
Air : Sur le pont d'Avignon. '
Au boul’vard d’Avignon On s’ promène Tout’ la semaine;
Tablier et pompon Y vont d’ pair et d’ compagnon.
' LARISSOLLE, jouant ani cartes avec Barbezienz.
Fournis de l’aloul, conscrit!
BARBEZIEUX, accent allemand.
Je n’en ai bas.
* Varlond, Prunier, Barbozieux, Larissolle, au deuxième plan, promeneurs, hussards.
LA VIE DE GAHKlSOiN
LARISSOLLE.
Fournis-en toul de même.
PRUNIER, jouant de l’autre côld aux dames arec Varlood.
Je VOUS souffle.
VARLOND.
Soufflez !
PRUNIER, bas.
Vous observez les hussards, Varlond?
VARLOND, de même.
J’observe... D’ici, je vois ma porte.
Il la désigne»
PRUNIER
Et moi la mi^ne !
LARISSOLLE.
M’est avis, Barbczieux, que les bourgeois nous soupçonnent toi-z-et moi, et qu'ils se sont mis de faction devant leurs portes, à seule fin de nous empêcher de pénétrer dans leurs domiciles domestiques!
BARBEZIEUX
J’y adhère, supérieur!
LARISSOLLE.
C’est ici, Barbezieux, qu’il faut allier la prudence du serin’ au courage du serpent. La bonne du gros blond ne serait point éloignée de m’accabler de ses faveurs et la cuisinière du petit roux ne demande qu’à te faire goûter |ps siens!... Attention là 1... Atout !...
PRUNIER
Vous observez toujours, Varlond?
VARLOND.
J’observe!...
PRUNIER
Ce n’est pas sans motif que ces hussards se sont ainsi campés devant notre porte, et pour'qui connaît leurs mœurs.
VARLOND.
A qui le dites-vous, M. Prunier ! — A l’heure qu’il est, Avignon est un camp. On ne peut pas faire un pas sans rencontrer une paire de moustaches ou d’éperons. *
PRUNIER, toujours important.
Et quelle vie I quelles consomma lions elTrénées de liqueurs, de tabac 1 quels bruits, quels vacarmes, quels chants I
'' Entrée de Borée et Bichon, trompettes, qui restent au fond.