‹ La vie de jeune garconChapitre 29 sur 56 · LES DEFAUTS DE L AGE IO · texte numérisé non relu

LES DEFAUTS DE L AGE IO

VOUS avez un cerveau qui sert admirablement Tesprit, ce n'est pas vous qu'il faut féliciter, c'est Dieu le Créateur qu'il faut admirer et remercier. N'estil pas étrange qu'on se vante toujours d'un esprit qu'on n'a pas fait, d'une raison qu'on n'a pas créée, de qualités psychiques auxquelles on n'a aucune part personnelle? Mieux vaudrait être cité pour son cœur, pour son énergie, pour ses œuvres. Il y a là au moins une action propre, qui peut nous être imputée, un travail de la volonté qui doit être mis à notre compte. Mais, ô contradiction, on attache moins de prix à la volonté qu'à l'intelligence, et on est peu sensible, presque rebelle aux compliments que nous valent les triomphes de notre liberté !

So3^ons humbles. Tout nous y invite :

notre ignorance qui est profonde, nos

faiblesses qui sont incessantes, nos erreurs qui ne se comptent pas. Nous sommes accablés, comme écrasés sous de telles misères et obligés à avouer notre néant. Nous n'avons qu'à lever nos bras suppliants vers le Tout-Puissant et à réclamer son secours pour remplir nos devoirs et accomplir notre destinée.

La vanité est le péché mignon de la jeunesse, elle n'en est pas moins un vice détestable. Elle se rattache à l'orgueil comme à sa racine. Combien d'adolescents seraient parfaits sans ce travers qui les enfle et les dépare 1 Ils sont fiers de leur figure, de leur moustache, de leur col, de leur cravate ; ils ont une estime énorme pour des avantages apparents, superficiels, pour de pures frivolités, et ils ne pensent pas à acquérir et à cultiver ces vertus qui

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