‹ La vie de jeune garconChapitre 32 sur 56 · LE FOYER I I I · texte numérisé non relu

LE FOYER I I I

ment le centre de la famille, c'est aussi la cellule constitutive de la société.

Sans foyers vivants et stables, sans familles honorables et chrétiennes, il n'y a pas de société possible. Ne le voit-on pas clairement aujourd'hui, où l'anarchie déchaînée et croissante naît de la perte de la foi et des mœurs, de la corruption et de la ruine des foyers ? On parle de légiférer pour rendre à la famille sa stabilité, au foyer son honneur. QiUd Jeges sine moribiis? répond le bon sens, et la triste expérience lui fait écho. On ne peut rien bâtir sur le sable. Les passions humaines ne sont pas une règle de vie, elles entraînent le désordre, la dissolution et la mort. Il faut des foyers chrétiens pour assurer une société honnête et durable. Restaurons la famille dans ses vieilles mœurs, et tout sera sauvé.

Aimez, gardez le cher foyer, jeunes gens. Tous n'ont pas le bonheur d'en jouir. Plus d'un se voit jeté seul, sans parents, au milieu du monde : trahi par le cruel destin, privé de ses soutiens naturels par le fatal trépas, il n'a pas d'oreille amie à qui confier sa détresse, il manque d'appui et de réconfort. Isolé au milieu de gens indifférents ou intéressés, l'orphelin doit organiser sa vie et pourvoir à tout sans compter sur personne. Heureux encore quand l'adversité ne le terrasse pas, quand les maladies ou les infirmités ne viennent pas paralyser ses généreux efforts et le livrer pantelant à toutes les affres de la solitude, aux tortures de la désespérance !

En face de ces misères, il faut remercier le Ciel de ses gratuites bontés et se réjouir de posséder un foyer. Il faut

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