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et sa mère risque de ne > quelle ma- | compatible er toutes les er la singu- Ile fait vœu pn directeur
avec Dieu.
é. La sainte emps , mais . Sa douleur
‘Marie de l’Incarnation. Liv. V. 297
aaûs la ruine de la chrétienté des Hurons, elle secourt puissamment ces pauvres sauvages réfugiés à Québek. Incendie général de son Monastère , et ses dispositions intérieures à ce sujet. La Colonie française est en danger de périr; on la presse en vain de retourner en France. Elle est chargée de rebâtir le Monastère , et la sainte Vierge l’assiste d’une manière sensible.
N sucer par les apparences, il ne restait
1| plus rien à désirer à la Mère de l’In-
>| carnation. En possession du trésor qui faisait depuis tant d'années l’unique objet de ses vœux, au milieu d’un peuple de sauvages, à qui du matin au soir elle annonçait le royaume de son Epoux ; dans le centre de la plus fervente chrétienté qui fût peut-être alors dans l'Eglise , dans le continuel exercice de ce que la pénitence a de plus austère, et la charité de plus éminent;
rien ne se présentait à son esprit et à ses yeux, qui ne fût capable de la ravir dans l'admiration des
miséricordes de son Dieu. Mais la jouissance
n’est que pour le terme, et le Seigneur doit ce
semble à sa gloire, à son Eglise et à ses élus, de fournir sans cesse de nouvelles occasions d’agir et de souffrir pour son amour à ces grandes âmes qui, par leur fidélité, leur courage et leur pureté,
sont parvenues à cet heureux état, où tout se con- ; 17,
vertit pour elles en mérite. C’est aussi la conduite qu'il tint alors plus que jamais avec sa servante, qui décrit ainsi la situation où elle se trouvait, et dont nous avons vu qu'elle avait eu un pressentiment si vif avant son départ de Tours.
« Pour venir plus au particulier de mes dispositions intérieures, et de la conduite de Dieu sur moi, depuis notre embarquément, j'étais entrée dans l’expérience de ce que la divine Majesté m'avait fait connaître me devoir arri- : ver. Cela commença par le changement de la paix que je possédais auparavant, en telle qu’elle-me donna durant la navigation : paix solide et profonde, mais, quoique en moi, éloignée de moi; d'autant que pour sa subtilité, je ne la voyais que comme dans une région / fort éloignée; ce qui était très-pénible à la nature, et crucifiait fort l'esprit ; car les puissances de l’âme demeurèrent comme mortes et attachées à la croix. L’on conçoit dans cet élat ce que c’est que servir Dieu à ses dépens. De cette disposition j’entrai dans une autre bien plus crucifiante encore. Je me voyais dépouillée, ce me semblait, de tous les biens de la grâce, et de tous les talents naturels exté-
conduite servante, uvait, et pressenes dis- > de Dieu It, j'étais la divine
voir arri- :
ent de la en celle On : paix noi, éloisubtilité, 1e région ble à la les puise mortes dans cet dépens.
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Marie de l'Incarnation. Liv. V. 299
rieurs et intérieurs que Dieu avait mis en moi. Je perdais la confiance en ceux qui me conduisaient, et les personnes les plus saintes, et celles pour qui j'avais eu plus d'ouverture, étaient celles de qui je recevais les plus grands sujets de mortification, Dieu permettant qu’elles eus- » sent des ientations continuelles d’aversion contre moi. »
On apprend par quelques endroits de ses lettres, mais d’une manière assez confuse, qu’elle
eut beaucoup à souffrir de la Mère de Saint-Jo-
seph, et qu'elle fut quelque temps suspecte à la communauté de Tours au sujet de la réunion des deux congrégations de son Ordre, dont nous avons parlé; il paraît même que son Directeur s'indisposa contre elle. Et pour surcroît d’affliction, Madame de la Peltrie, après avoir demeuré un an avec les Religieuses, alla se loger ailleurs. Un gentilhomme et une demoiselle étant venus
| pour établir l’Ile de Montréal, elle se joignit à
eux, et reprit tous les meubles qu’elle avait prètés aux Ursulines, ce qui les réduisit à de fâcheuses extrémités. Le Gouverneur général et le Supérieur des Missions eurent beau l’avertir qu’elle n'était pas en sûreté à Montréal, elle s’opiniôtra
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à y rester ; on ‘eut ensuite quelques!avis qu’elle pensait plutôt à commencer un second établissement pour d’autres Religieuses | qu'à donner au premier, qui manquait de tout, les secours dont il avait un extrême besoin. Mais l'orage cessa lorsqu'on l’éspétait moins. Mädamé de la Peltrie retourna à Québek, et s’attacha plus que jamais à la maison des Ursulines, d’où elle ne sortit plus. Je n'ai pu savoir en quoi consistaient . et combien durèrent les peines que lui causa la Mère de Saint-Joseph. Ce qui est constant, c’est
que le cœur de cette sainte fille ny eut point de ÿ
part: que la croix fut commune, et qué rien ne contribua peut-être davantage à épuret cés deux grandes âmes, qui n'en furent que plus unies dans la suite. La Mère de l’Incarnation écrivit älors à son ancienne Supérieure de Tours, que . sa vie était toute tissue de croix, d’humiliations, dé mépris, et que Dieu lui faisait la gtâce d'y trouver urie manne secrète plus délicieuse que celle du désert de Sina, et qui lui semblait émanée de la main du Sauveur; que ce n’est pas peu entreprendre que de faire un établissement dans un autre bout du monde ; qu’elle pouvait dire hardiment : Mon Jésus est crucihé, et je
s qu’elle À établisà donner S SECOUrS .
s l'orage né de la plus que ù elle ne Sistaient .
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le suis avec lui , tant les croix lui étaient familières. Tout cela montre assez qu'elle eut au dehors des choses à souffrir qu'elle ne dit pas;
| maïs ce qu'elle souffrait au-dedans était encore
tout autrement sensible que ces contradictions extérieures ;'et voici comme elletontinue à parler de la disposition où se trouva son esprit pendant
cette rudé épreuve.
« Je me voyais infiniment digne de mépris ; » et la plus vile créature qui fût au monde. Dans
L » ce sentiment, je ne pouvais me lasser d’admi-
» rer la bonté et l'humilité de mes Sœurs, de vou- » loir bien me souffrir et dépendre de moi; je
|» n'osais presque lever les yeux, tant était pesant
» le poids de cette humiliation; et c'est ce qui » me portait à descendre aux actions les. plus » baS%es, ne m'’estimant pas digne d'en faire » d'autres. Aux récréations je n'osais presque
+» parler, et j'évitais pourtant toute singularité,
» autant qu'il m'était possible. J'avais l'esprit » libre pourles fonctions de ma charge, et étude » de la langue, et je n'ai pas su que personne se » fût aperçu de ce que je souffrais, quoiqu’alors
» je m'imaginasse que tout le monde voyait ma
» misère comme je la voyais. Je m'ouvrais peu
Marie de l'Incarnation: Liv. V. 501 -
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au Père le Jeune, me trouvant dans l’imipuis: sance de le faire davantage; mais ce grand serviteur de Dieu en connaissait assez. pour me porter compassion , et pour craindre les suites. Parmi ces ténèbres affligeantes, il s’élevait un rayon de lumière qui éclairait mon âme et l’embrasait d'amour. J'étais tout-à-coup saisie d'un transport extraordinaire ; en sorte qu'il me semblait être dans leparadis, et jouir de Dieu qui me caressait par ses embrassements. Mais que cela passait vite! Ce n'était que comme un de ces rayons du soleil |qui
percent inopinément la nue, et, disparaissant
dans l'instant, font paraître le jour encore plus obscur qu’il ne paraissait auparavant.
Aussi ces grandes caresses ne servaient-elles qu’à appesantir de plus en plus mes croix, et me rendit mes peines plus sensibles; car je passais d’un abîme de lumière et d'amour, dans un abîme de ténèbres douloureuses; du séjour de la gloire, je me sentais précipitée et plongée dans un enfer , où régnaient des tristesses mortelles. Ce qui me causait les peines les plus amères, était une tentation de désespoir, née en moi dans ces ténèbres, sans
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Marie de l'Incarnation. Liv. V. 303
». que j’en connusse la cause. Je me fusse per- » due dans cette tentation, si la bonté de Dieu » ne m'eût soutenue par une vertu secrète. Car » j'étais quelquefois arrêtée subitement, et je »: me voyais réellement sur le bord de l’enfer. » Là, il me semblait que de la bouche de l’abime » sorlissent des flammes pour m’engloutir. Je » sentais même en moi une disposition qui me » portait à m'y précipiter pour faire déplaisir à »: Dieu. Mais aussitôt la bonté divine, par un » écoulement de l’Esprit-Saint, semblait exciter » la partie supérieure à vouloir, en effet, être » précipitée dans l'enfer, non pour lui déplaire, » mais afin que sa justice fût satisfaite dans le » châtiment de mes indignités. Cet acte était une » simple vue de foi. Je voyais que je mérilais » l'enfer, et je voulais bien y être jetée pour un » temps, pourvu que je ne fusse point privée » de l’amitié de Dieu. »
Tout ce récit est bien instructif, et si les personnes tentées se comportaient toujours de la sorte, elles s'épargneraient bien des peines et en épargneraient aussi beaucoup à leurs conducteurs. Il n’est pas rare de trouver, même dans des âmes assez peu avancées , de ces sortes de
rs a - rt re, ge RE de at sn — + hémntge :
dispositions. Ce n’est pas toujours Dieu qui agit : il n’a qu’à laisser faire le tentateur, l’humeur même assez souvent y contribue. Le dessein de Dieu en le permettant est d’humilier l’âme ; ce qu’elle a à faire, est de pratiquer la patience, de garder le silence, d’être humble ét soumise.
Avec cela, on goûtera au milieu du trouble des passions et des sens révoltés une paix solide qui soutiendra. On ne s’abandonnéra point à l’inquiétude ni à l’humeur contre soi-même et contre son directeur. On ne jugera point son Juge; on neblâmera que soi-même, parce qu'on n’aura les yeux ouverts que sur ses défauts et sur sa misèrê, qu’on supportera avec douceur.
Dans Ja vérité, ces sortes de situations sont d'admirables moyens de se purifier de plus en plus ; car comme la nature, pour fortifier le corps, produit des dérangements d’humeurs qui nettoient les vaisseaux des impuretés qu'ils avaient contractées , et redonne aux esprits et aux " humeurs même un mouvement plus vif et plus réglé ; aussi, dans l’ordre de la grâce, rien n'établit plus solidement une âme dans la vertu, que ce désordre des passions qui se fait sentir de temps en temps à ceux mêmes qui ont plus tra-
Qui agit :
l'humeur essein de ’âme ; ce lence, de soumise, buble des olide qui It à l’inle et conon Juge; on n'aura ur sa mi-
ions sont plus en rlifier le eurs qui és qu'ils ts et aux f et plus rien n'éa vertu, sentir de lus tra-
Marie de l’Incarnation. Liv. V. 305
vaillé à les réprimer. On connaît alors ce que l’on 2 connaissait pas, qu’il y a dans nos vertus mêmes et dans nos meilleures actions, des imperfections et des impuretés qui nous retardent dans la voie de Dieu. Le mal est que ces crises n’ont pas toujours lessuites avantageuses qu’elles pourraient avoir ; parce que pour cela il faut pratiquer des vertus qui sont infiniment rares. La Mère de l’Incarnation exprime bien naïvement la manière dont elle prit l’épreuve dont nous parlons et le fruit qu’elle en tira.
» Je me souviens, dit-elle, d’une lumière que » Dieu me donna au commencement de ma ccn- » version, par laquelle il me fit voir que j'avais » derrière moi toutes les choses créées, et que » je courais nue à sa divine Majesté. Cela se fait » tous les jours aux dépens de mes sentiments. » Je pensais alors que ce fût fait, parce que
» j'avais toutes choses sous les pieds ; mais hé-
» las! je ne connaissais pas encore ce que j'avais » en moi de superflu , et c’est ce que le divin » Jésus Ôte tous les jours. Plus j'approche de lui, » plus je reconnais que j'ai encore quelque » chose qui me nuit ; et je crie sans cesse à ce » divin Époux qu'il retranche tout sans pitié. Il
le fait, etc’est un martyre continuel, tant dans l’intérieur que dans l’extérieur. Ce que j’aimais le plus, c’est ce qui me fait souffrir davantage. Or, bien que cet état soit crucifiant, je ne le voudrais pourtant pas changer pour toutes les délices imaginables, puisqu'il me conduit à mon céleste Époux, que je veux pardessus toutes choses. »
Si les âmes que Dieu éprouve pouvaient toujours parler ce langage, leurs épreuves leur seraient bien plus utiles. Mais pour n'être point abattu, pour être mème fortifié par la voie de la tribulation et de la tentation , il faut avoir jeté de profondes racines d’une sincère humilité.
Quelquefois , continue la servante de Dieu, je
voyais les diverses raisons des changements
d'état où je me trouvais, et j'avais le pouvoir d'en parler au suradorable Verbe incarné.
Un excès de douleur intérieure me poussait
à lui confesser toutes les fautes que j'avais
commises, et qui avaient souillé ses dons et
fait injure à l’esprit de grâce, par lequel il
m'avait conduite. Je lui déclarais dans l’amer-
tume de mon cœur , que par mes infidélités » j'avais donné de la vigueur à l’esprit de na-
ger pour squ'il me Veux par-
ient tou- ; leur setre point roie de la voir jeté humilité.
Dieu, je igements pouvoir incarné.
poussait e j'avais s dons et lequel il s l’amer- 1fidélités t de na-
Marie de l'Incarnaton. Liv. V. 307
ture, ce qui avait fait injure à ses adorables desseins. Comme je lui parlais avec des-soupirs touchants et des exclamations pressantes, toutes les impuretés que j'avais commises en la vie spirituelle se rendaient présentes à mon esprit ; et ce qui autrefois m'avait paru comme rien, me semblait horrible. Ah! qui pourrait exprimer les voies de cette divine pureté, ce qu'elle exige des âmes qui sont appelées à la vie intérieure ! Combien l’amour divin est terrible, pénétrant, inexorable et irréconciliable ennemi de la nature, dont il n’y a que lui qui connaisse les voies détournées et qui les puisse redresser ! Une fois, étant debout proche du saint Sacrement, il me parut une grande flamme qui sortait par un soupirail, lequel me semblait être celui de l’abime. Alors, par une certaine saillie, je me sentis portée en tout moimême par un mépris de Dieu à m'y jeter. Son infinie miséricorde me retint ; cette vue effroyable cessa, et avec elle son opération. Je crois que si je n’eusse rencontré à propos un lambris auquel je m’attachai, je fusse tombée. Je portais seule ma croix ; les créatures ne servaient qu’à l'appesantir. Il n’y avait que cette
vertu secrète de Dieu qui me soutenait. Elle me faisait porter mâ croix par acquiescement aux ordonnances divines, et avec soumission aux impressions de la divine justice que je reconnaissais très-équitable , excepté dans les moments où je ressentais ce vide total que j’ai dit : car alors mon âme était tout enveloppée de ténèbres. Elle ne voyait que ce qu’elle souffrait, à savoir qu'elle était entièrement contraire à Dieu. Mais ces moments passés , je n'étais pas plutôt revenue à moi, que je ons sentais à tout sans pouvoir demander ma! délivrance. »
- On voit dans quelques Mémoires particuliers, que la Mère de l’Incarnation regardait en partie ces souffrances comme une suite de l'offre qu’elle avait faite à Dieu, de souffrir pour son fils, dans le temps que cet enfant ne donnait pas lieu d'espérer qu’il suivit jamais les traces de sa sainte mère, et, pour une de ses nièces, qu'elle connut être dans un grand danger de se perdre, et qu'on a vue depuis prendre la place et le nom de sa vertueuse tante dans le Monastère des Ursulines, où elle est morte en grande odeur de vertu. Voici comme la servante
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