‹ La vie de Marianne; ou, Les aventures de Mme la comtesse de ***. Nouv. éd., précédée d'une noticeChapitre 21 sur 46 · NOTICE SUH MARIVAUX. XXV · texte numérisé non relu

NOTICE SUH MARIVAUX. XXV

de Sylla et d'Eucrate, cette admirable page d'histoire ([ue Tacite lui-même n'eût pas démentie. A la rigueur, on comprend fort bien que le traité du Je ne sais (juoi ait été attribué à l'anlcur du Temple de Gnide; mais donner le dialogue de Sylla Qià'Eucrate à l'auteur de Marianne, la méprise est trop violente, |convcuez-en.

Avec un pareil homme, plein de réflexions, de moralités, de sentences, de retours sur lui-même, il était bien facile de composer un recueil de pensées. En ceci même, consiste une des affectations innocentes de notre auteur ; il se plaît à couper ses phrases de façon qu'on les puisse extraire facilement de la page dans laquelle ellessontenfermees.il a plusieurs des réticences empesées du penseur; car je ne sache pas de métier plus triste que d'aller sans fin et sans cesse d'une formule à une autre formule, et d'enfermer entre quatre murailles une idée qui n'est souvent qu'une apparence d'idée. Voulez-vous cependant que nous tirions, nous aussi, quelques pensées sérieuses de tous ces badinages : — « Le négligé des femmes est l'équivalent de la nudité. — » Le négligé est le chef-d'œuvre de l'envie de plaire, » il finit les chicanes de l'amour-propre. — En amour, » querelle vaut encore mieux qu'éloge. — Les passions » des hypocrites sont naturellement lâches quand on les «désespère. — Il faut awir des vjertu^j2miL£aper^ )) qu'on en manque. — Le monde ne veut ni qu'on ' »"sê"donne à Dieu, ni qu'on le quitte. — L'hypo- » crisie, tout affreuse qu'elle est, sert à l'ordre. Un seul )) homme qui aime la vertu en force dix autres, qui n'en » ont point, à faire comme s'ils en avaient. — Kieu ne » flatte plus notre amour-propre que d'humilier ceux qui » nous méprisent. — Les dévots fâchent le monde, et )) les gens pieux l'édifient. — Il y a des âmes pensantes

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