‹ La vie de mon pere (volume 3)Chapitre 1 sur 7 · HONORABLE LECTEUR · texte numérisé non relu

HONORABLE LECTEUR

L/'AuTRES célèbrent les Guerriers qui triomphent par le« armes:

Les Académies décernent des- prix^ aux Ecrivains , qui donnent un nou-'

'vel éclat à la gloire des anciens Ministres , des Hommes-de-lettres distingués : Moi^ je vais jeter des fleurs sur la tombe d'un Honnête-

, homme , dont la vertu fu t commune & â tous les jours. Il ne fut que.

juste & laborieux: qualités qui sont le fondement de toute société y & sans lesquelles les Héros mourraient-de-faim.

J'ouvre une nouvelle carrière à la pîécé-filiale : Si le Fils de tout Homme en place était obligé d'écrire la Vie de son Père , cette

J. Partie» A

îngtîtutîon; serait une des plus utiles. Quel est le Père qui sachant que son propre Fils sera forcé d'être un jour son Historien veridique, n'acquerrait pas quelques vertus ; ne ferait pas quelques bon nés actions, dans la vue aumoîns de nêtre pas desKonoré par Celuimême qui doit perpétuer son nom.

Sans-doute que ce frein serait le plus puissant contre la corruption rapide de nos mœurs !

• On place à la tête de cette^ troisième Edition , itî titres autentiques , & dont les originaux qM. exi^lent , ont été vus du Ceosetir : Une autre pièce originale termine l'Ouvrage , qu'elle aurait dd commencer ;. mais on n'» rien voulu changer au premier texte ; on a seulement a)outé deux traits ^ mis en renvoi à la seconde Edition , & un rrolsiènM envoyé récemment , celui de Pascal Ber^ TiER , lit Pan* p. 75 &fuiy^

icrïptufn Pucrimeî^ &dvum trium Natorum Avi mti Petrl Rétif.

X^AH \6^7 le %9 décembre est née Magdlaine Rétif ( * ) fille de m.* Pierre Ret^f & tfhoneste Anne-Margueritte Simon; sonParain M.® Estîenne ' Daiguemorte son oncle , sa Marene Magdlaine Chappee : ( Decedée le i & novembre 175»-)

Moy Edme Rétif suis venu au monde l'année itf^o, mon Paràin , m.* Edme Rétif, Couzin germain de mon Père, m,* Pierre Rétif, & ma Mère, ladite Simon, ma Marene Marie Piaule , femme de mon Oncle m.® Jean Rétif, le 15 aoust a dix heures du soir: ( Decedé le 1^ décembre 17^3*)

Barbe Ferlet, issue des Seigneurs de Bertro. est morte le 6 juillet 1771 , à 4 heures après midi , âgée de é6 ans.

Lan 169P le dernier jour de mai est neé Marie fille dudit Rétif ôt de ladite Simon , moy Edme Retîf son Frère & Parain ; sa Marene , Anne Maudiné notre Sœur de Mère. J'ay tiré cet extrait d'un mémoire de deffunt notre cher Père, ce 13 avril 17} ^ [adhuc vivit Maria , novtmh^

(* ) Notre nom s'écrit indifFeremnietic , Retdf, Ree* Ûft ou Rxûf. : cepeodanc je prefôre le premier , c« é'gatd. â rétimologie , qui n'est pas ici seulement indicative « mais absolue f le mot de Itextif venant de rester^ Kestif, signifie « qui est,. porté à rester , k nipasavëa' €tr : mais si notre véritable nom était Rectift alors» son origine serait plus noble , & marquerait la recci*> l«de d'esptic qui semble natucelle dans notre FanUlle^

Aij

LETTRES de Monteur RestiP ie Grenoble.

Grenoble, le iz mars 1780. •

La T^ie de mon Pire , que }e viens de lire , Monsieur , ni*a singulièrement intéressé aux Pcr- SQBnages dont il eft fait mention dans cet Ouvrage, écrit avec autant d'esprit que de sublîmité. L'effet de cet intérêt a éto d'exciter nia curiosité , & de me donner le plus grand désir de savoir , si l'Auteur a composé cette histoire , d'après son imagination , ou d'après une tradition fondée. Vous ne serez point étonné , Monsieur, de ma curiosité, quand vous saurez que je suis petit-fils d'un m. Jean-Restif , avocat a Noyers , mort en 1743 i *1"^ "^°" ^"® ^^^^^ venu s'établir, ainsi que son Frère, en Daufiné, dès 175 pv ^^^^ qucM.Restif, Curéd'Auxonne , était fils d'un premier lit , de feu Jean- Bestif , mon grand-père. Ma courte généalogie suffit pour vous prouver que je suis de ia famille des Restif , & je vous prie de me donner des renseigneméns sur notre origine : Ce que vous en dites dans la Vie de mon Pire ^ est-il appuyé sujr des titres , ou sur une simple tradition? Voila, Monsieur, à quoi se réduisent mes questions > & si vous avez la bonté

tf y répofidre \ je tous prierai dé me dire : i . ? fl TOUS connaissez les Montroyal , qui sont en Angleterre ; si vous savez le lieu de leur resi7 dence ; si vous les croyez possesseurs des titres de la famille , 8c si vous êtes en correspondance avec Eux : ,î.** Si vous avez la généalogie de PierrcrRestif > père d'Edmond : 3.* Comment M» TAvocât Restif , mort à Noyers en 1743 9 '^^^^ ^^^^^ parent ^ 6c k quel degré ? 4.** Enfi^n, si vous croyez qu'avec des soins 8c de IVgent , on puisse recouvrer quelques titres , qui prouvent Tancienneté de notre Famille. Voi* la,''Moos2]Qur^ bien des demandes, qui sont peut-être in4Uore^a ; mais vous les pardonniez skns peine» i/un Homme qui désiré rous appartenir!, qui est curieux de connaître l'origine de sa Famille , 8c d'acquérir ou de recouvrer des titres qui en établissent l'anciennecé. J'ai ilion* neur d'être , Monsieur , avec unet re(pectueus$ eoasiâeration , Votre trèshumble & très-obeIs« sant seryiteur , Resdf* Mon adresse est à Mon« sieur Restif Neveu, Receveur des* tailles , â Grenoble»

Grenoble, le $ avril 27 So.

Je vous rens mille grâces, Monsieur, de la complaisance 8c de l'exactitude avec lesquelf toii^avez bien voulu repondre à ma Lettre* * Si

A iij

Irt renfeignemens ^e vous arez la botté de jpe donner ne suffisent pas pour m^édaircir sur une origine que j'aî Ignorée jusqu'à présent, . îl me satisfont toujours beaucoup , puîfqu'ils nae prouvent que j'ai Tavantage de vous apparte-^ nir ) & je regarde comme un beau titre pour une Famille ) d'avoir un Parent vertueux > sensible, remipU de piété filiale , & qui fait de son es^ prit & dé ses talehs un tfeage aussi respectable \ Si vous demeurez toujours à Paris , je ne désespère pas de me procurer le plaisir de faire connaissance avec vous : c'est un pays où je vais de temps-en-temps, 8c très-certainement , ^us entrerez pour beaueoiq^ dans le projet ^W je formerai d'y aler bientôt. Comtnent est-it possiole , Monsieur , qu^avec une tradiûonflttssj{ intéressante sur rhistoîre de votre Famille , vott^ n*ayièz pas imaginé de faire des reclierdies sur Torigine de votre Père,' pour vous instruire^ sur sa filiation afcendantef Avec le dessein de' rendre hommage aux vertus de ses Parens , avee^ là persuasion d'une origine ti*ès-honnéte , 31 mesemble qu'il aurait été possible de découvrir quel était le Père de Pierre-Restif , quel était celui de ce Dernier, &c.a, en remontant to«-% jours , & quelles alliances Ils avaient contractées. J'ai 46 ans. Monsieur^ jesulsnéàNoyèrt

en 1 75 S-* Mak j'en suis serti à Tige de 6zns eil ^735>> que mon Père tînt s'établir à Vienne fc mon Onde à Grenoble. A 80 lieues de ma Patrie ) n'ayant jamais entendu pader que de mon Grandpère , mort en 1 74^ ^ vous juge^ bien que je n'ai pu songer à connaître mdn orl«gine. C'est, comme je vous l'ai dit , La f^if de mon Pire^ qui m'a donné l'envie de m'e»

instruire, moins pour satisfaire mon amour*propre, que pour ne pas ignorer l'histoire de CeuS à qui je dois le jour. J'ai fait un mariage avantageux pour- la fortune, & agréable pour la naissance & pour le personnel \ j'ai eu deux Car* sens, qui sont morts; il ne me reste plus d'Ea- £yit;9saisje puis en avoir encored'uneFemine qui n'a ^ue) 6 ans, & s'il en venait, je ne serais pas £khé d'avoir à leur laisser des preuves authen*tiqoes d'une origine trèsfaor.néte* Mon Père est mort il y a i^ ans , à Page de 55 ans. Il a vécu à Vienne longtemps ; il y a exercé avec honpeur, la charge de Receveur ^dcs-tâiiles , £c a obtenu l'estime Bl les regrets du Publiq* Il a laissé quatre Filles & moi , après avoi^ perdu deux Garsgns , l'Un Officier dans le Régiment de Mailly , a été tué à la bataille de Rosbac , & l'Autre Officier dans la Compagnie des Indes, est mort à la côte d'Angok, en revenant de Canton. Mon Oncle qui ^'appelle

Kerre-Resdf , est ^é de 71 ans : Ha occupé pendant lo ans la charge de Recevenr-destailles de Grenoble? c*est on Homme da pins grand mérite ; il est honoré & respecté dans cette Ville, à cause de l'éminence de ses Tertus. J*ai communiqué à ce Dernier la Lettre que vous avez bien voulu m'écrire : il est fort aise de ma correspondance avec vous, parceque , d'après la lecture de La F'ie de mon Père » il a coDçQ la meilleure opinion de son Auteur , & qu^une partie de ceue histoire s^accorde avec ce qu*il a entendu dire à son Père. Mon Grand père Jean avait x métairies à Ni tri, deux antres i Villèrs , paroisse de Cour, à ^ lieues de Noyers ^ & Villèrs s'appelle je crois Villèrs-la-Grange. Il en avait à Sacî. U était Avocat an Par»

lement ;~ mais J'îgt'ore quel état avait son Père t cependant il serait L île <le le savoir, attendu que j'ai à Noyers un m*'- Boyer , mon Parent ^ qui pourra faire quelques recherches à cet égard* Voila, Monsieur, une trèspetite, trèsfastidieuse ' histoire de mon Père & de mon Grandpère; mais elle pourra vous intéresser un peu , parcequ'elle vous fera connaître les Descendans d'un Hommeà qui vous avezrendudes hommages bien flateurs pour sa mémoire & pour ses Enfans. Je suis trop franc. Monsieur, pour ne pas vous laisser voir tout le désir que j'ai de pousser mes

recherches sur notre origine ; Je voudrais réaliser une partie des idées que vous m'avez fàlf naître ^r la Famille; en conféquence , je vous prie d*écfîre à m. Po wd à Portsmouth , 8c de vouloir bien rengager à prendre de Messieurs De- Montroyal, Negocîans dans la Cité de Londres, les renseignemens qu'ils ont sur leur origine : peutétre pourrions-nous, par cette voie , constater ce que la tradition vous a appris. Si cette correspondance vous occasionne des frais, je vous prie de m'en, envoyer la note. Faîtesmoi le plaisir de me dire , si m, Lebeuf , Œanoine d'Aucerre , vit ^ s'il a fait mention de notreFamille dans ses ouvrages (*). Si vous avez des renseignemens certains sur notre alliance avec les Cœurde-Roi , vous m'obligerez de în'en faire part , ainsi que sur votre alliance avec h%'Benro» La Mère de ma Femme se dit parente aux Cœur-de-RoI* Puis- je vous demander , à qui vous avez ouï-dire que nos Ancêtres avaient eu une alliance avec la maison d'Harcourt f Vous me ferez un grand plaisir de me donner la liste de vos Ouvrages , & le nom ia Libraire chés lequel ils se trouvent ; je serai fort aise de me \t% procurer. Je suis avec reconnaissance & un respectueux attachement • Monsieur ^ Votre, &ca. Restif^

(•) Oui» dans l'Histoitc d'Aucerrc.

EXTRAIT d'un Ov^ragc nous^mi

Un Livre recommandable à tout I<^ monde , c'est La Vu de mon Père ; Oa- ¥rage céleste , par sa naïveté touchante , & par sa vérité historique. Voici comment un des Compatriotes de l'Auteur , établi en Normandie, s'exprime dan$ une Lettre au sujet de cet Ouvrage:

Lettre de m. Milran, Directeur des Vivres de la Marine.

A Cbcrboorg» % fevrier ij%s*

« Je viens de lire celui de vos Ouvrages, qui y. à mon avis , doit vous honorer le plus 5 c'est la Vie de mon Père. J avais »

^elon ma couttîme y le crayon à la main ^ pour marquer les endroits qui m*affectent , Se dont je veux me souvenir. J'ai eu bientôt noirci toutes les marges : & on lisait partout: Bon! très-bon! excellent! cj> cort mieux ! Ici |e me recriais sur la refîté d'un tableau champêtre j là, sur la ^uce image des mœurs villageoises : quel*

quefois j'écrivais : O la scène deRcieusei ensuite : O le généreux sacrifice ! O sainte vie des Patriarches ! tu conserves^ donc encore des Modèles parmi nous ! Enfin j avais achevé ma leccirre, sans avoir £iic une de ces notes, qui me servent, dans mes analises , d'indice de desapprobation :

car, excepté dans les sciences exactes, l'en suis pour le premier effet , pour le premier sentiment qu'on éprouve. Mais j'avais les yeux baignés de larmes. Se j'éprouvais une sorte d attendrissement qui alaic presque jusqu'à la défaillance : ft n'osai plus me considérer ; j'avais honte de moi Se de tout ce qui m'entoure» --^Hô t ( disais-je ) , qu'il y a loin de ces CitacUns contempteurs , à ces Campagnards méprisés ! oui , c'est parmi Ceux-ci qu'est la vraie vertu ^ 8c si les vices ont quel* quefois pénétré sous leurs loirs champêtres; il nous doivent cette contagion ! C'est dans nos enceintes qu'il sont venm U puiser ! Treb fois heureux donc le ga^

Av|

sible Hameau: éloigne de nos Villes, 6c rhumble Villageois qui ne les connaît p^s!

Content de peu , ne désirant rien , ses moeurs, sont pures , sa tranquilité fait sa richesse ! elle fit la tienne aussi, vénérable Berthierl toi , dont les leçons & l'exemple ■ produisirent plus de bien d'ans un Village , ' que tous les Pédagogues moraux n'en .

opérèrent jamais par leurs discours ou par leurs écrits ! c'est qu'il n'ont voulu que des Admirateurs, & que peu d'entr'eux ont pratique , ou même cru ce qu'ils enleignaieni !

Ce fut à l'ecple de ce Magister^ dont l'eloge fera sans doute sourire nos Dédaigneuses , c'est là qii Ednie Restifpuis^ les premières maximes de sagesse ^ ce fut-là qu'il apprit à faire le bien sans intérêt , & à se sacrifier à ses devoirs : c'est dans ce lycée rustique qu'il se forma aiix vertus qui lui méritèrent le glorieux surnom Ôl Hormête-homme ! Mais le trait le plus heroïijue dans la Fie de mon Père y

uonsîeur , c'ew: l'acre de son premier mariage: ; NoiH Tobesissance duFils SAhror hamnesi pas plus admirable à mes yeux!

Hâ! le bonheur esc*il moins que la vie!

Mais où je me plais â te contempler , respectable Citoyen , c'est dans ta maison, dans ta Famille >.& dans les fonctions délicates de la justice j c'est quand tu t'occupes du Pauvre &jde l'Affligé : aussi de quel amour payait-on cette charité, ces soins! Je me rapelle cette occasion, où une Epouse alarmée jète l'épouvante dans la Paroisse. Il était nuit j .les Ha- ^bitans se lèvetit en :hâte j ils s'arment i ils accourent j ÏHvnnctC'homme est en péril : ils vont le venger ou le défendre!

Hâl mon Ami, vous avez raison, de^daignez de compulser des papiers pour dreux, pour y déterrer de vains titres:

quels titres vous honorei^aient davantage, que le Père dont vous tenez le jour? ne vous glorifiez que de lui : laissez dans l'obscurité vos incertains Ayeux. Hé!

qui ne compterait pas dans sa Famille^

<[es Scélérats & des Rois ! Mais aassi ; Monsieur , ne vous avilissez point! vous êtes resté inférieur à votre Père , en étiezivous moins fiiit pour l'égaler , si ce Père , qu^aveugla sa tendresse , ne vous eût luimême arraché au genre d'occupation qui fit sa gloire, 6c lui permit d'être le bientireur de son pays? L amour Ôc la fortune avaient voulu deux fois couronner dans Paris le mérite modeste d'un Jeune^ homme, aussi aimable que sage; voila ce qui le séduisit. Mais , vertueux & naïf Edmond, quelle était votre erreur!

Cette immense Cité, Tadmiration & ref&oide Ceux qui la connaissent, n'est pa^ ce quelle vous parntj elle n'est pas telle que l'unr de vos Fils a voulu nous la peindre : l'illusion était toute dans votre âme ; c'est elle qui embellissait les ob* jets autour de vous I La belle Rose^Pombeltns eut assuré votre félicité domestique ; |e le veux : mais dans votre isolemeiv »

au-milieu de ce caos on tout est confbn^ ^, heureux pour vous seul, quel bien

exterîenr auriez vc^siait? Gontpacezlé Bourgeois de Paris sans autorité , au Juge mtègred*ttne Paroisse, au Père, auCon* solateur des Pauvres, au Défenseur des Opprimés } rappioche^-'Ie du Citoyen obscur cf une grande Ville , ou les vertus même sont enfouies , & vous sentirez à quel point ils difitèient î Dans ton pays , ô Edme! écouté, consulté comme un oracle , tes lumières éclairaient Pignon rance j & j aime à t*entendre , en traçant des sillons , instruire ton Valet sut l'utilité des impôts : mais qu'à Paris, ces justes maximes fussent sorties de la bouche d'un Marchand, Qui lt$ aurait entendues? Qui en aurait profité ? Là est le siégede Tégoïsme & du sot orgueil l Personne ne ve^t recevoir d^inscruction , & la vérité même y est contredite : famait nos Economistes, ix>s Philosophes, êc nos nombreux Législateurs , sans titres ou avec ritres , n'exposèrent sur cette ma^ tière tme doctrine plus évidente , ni plus fnrecise t mais chacun $*en tient à son opîr

aion y Se rejeté fièrement celle de sot) Voisin , que même il dédaigne de connaître. Non, non, vénérable Père de mon Âmi, tu naurais goûté ni tant de bonheur , ni tant de gloire , ni produit rant d'atilité, si la Providence ne trayait retenu ^dans ton Village ! Homme digne des plus grands respects ! reçois mon hommage pur! tes Enfans ne peuvent l'honorer plus que je le fais : la vertu n'appartient pas à une seu le Famille y elle est comme le Soleil, elle sert à tout le inonde !

: Mais que vous dirai- je des autres Personnages? de cette tendre & respectable AnnC'MargucnU'Simon ? . du Curé Foudriat ? de cet excellent Homme , de ce rare Pasteur, du vrai Philosophe Pande^ yant? de la simple, mais vertueuse Femme, qui fut la première épouse de votre Père ? & de cette Bibi-Fcrlet , dont je ne puis, sans m'attendrir, entendre prononcer le nom , tant je trouve de rapports entre cette Femme aimable , vive ,

spirituelle > prudente , & ma Mère J ma tendre Mère , qui emporta au tombeau une partie du bonheur de son Fils ?.•• O ma Mère! je ne me rappelé ton cher souvenir qu'avec larmes! mais il m'est doux de te nommer à côté de Barbe-Ferlet : vous êtes l'Une & l'Autre dans les demeures célestes : la simpathie de vos humeurs vous a rapprochées sans-doùte , & dans le sein de l'éternel repos, vous vous entretenez encore de vos Enfans!

Que cette idée me flate! Hâ! ouï, ma tendre Mère ! oui, malgré les liens qui m'attachent à la vie , je sens que la consolation de te revoir, ^ diminuera pour mol l'amertume de mes derniers momens !

Et il y a donc eu , Monsieur , des Cœurs froids , des âmes insensibles qui vous on;t lu d'un œil secl Mais je ne m'en étonne pas ! Est-ce un égoïste Parisien ? sont-ce des Femmes coquettes ou dissipées 9 qui peuvent goûter ces tableaux de la vie pure 4e nos ancieiis Pa«

marches? FrokîsEpilogueurs! âmes dé boue! vous osez critiquer , quand vous ttes instruits, quand vous êtes émus peutêtre? Vous vous défiez de cette émotion même, & vous nommez surprise lefFet infaillible de la vertu sur vous ! Que je vous plains!...

Mon Ami, j'aurais pu, comme tout autre Juge, éplucher ^tre Ouvrage, blâmer cette apparition de m. Pombejîns , puisque de la rencontre d*un Prêtre dans une église, il n'était pas besoin de faire un fantôme: } aurais, sans égard pour son profond sens , taxé de dureté votre Ayèul , & de bigotisme TAîné de vos Frères : j'aurais bien trouvé à dire stxs ce mariage à coté des funérailles , 8c sur la double avanture du Père & du Fils , avec une Rose 8c une Eugénie de la même famille, de la même maison , ^ à quarante ans d'intervale ! mais j'ai * dit : : : Si tout cela est vrai i doi$-je faire un crime à TAuteur du récit de la vérité ?•*• Des

Geos superficiels, à quî tout sert de prise ^ peuvent gloser sur les noms de Thomas* Dondaine^ de Pandevant^ de Pinard:

mais les noms ne sont rien ^ c'est l'Homme qu'il faut apprécier.

Par ma retraite du service ^ me trouvant. Monsieur, beaucoup plus de loisir , je m'occupe â lire vos ouvrages; mais |e n'en ai pas encore trouve. Se }e doute que vous en fassiez qui surpasse l'utilité de Celui do^t je vous entretiens»

Tant-pis , • véritablement tant-pis, si vous avez dru potrvott y mêler de la fiction!

pour moi, je n'en veux nen croire ; Si ce Livré me semble précieux , sous tel poifit-de-vue que je leconsidère. Toutes les phisionomies y sont bien marqujées«' l'Avocat RestifQst d'un caractère frappant, ainsi que votre Ayeul. On reconnaît M, Dc'Caylus , Evêque d'Au-cerre, dans les actions & les paroles que i^ous rapportez de lui : Mais j'ainie surtout votre Père- J^cri^, quand U dit i

Edme-Restifi : : j> A^ec votre conduite, mon Ami » tous les ^entimens sont bons:

entendez vous ? tous les sentitnens sont bons »

Telle fut la facile morale des Jésuites ! Hâl s'ib ne s'étaient jamais plus écartes .du vrai!

Q\\t J'aime encore votre longue table, où vingt-deux Personnes , Père , Mère, Enfans , Valets ncjangent tpus le même pain; & ces lectures 4q la Bible ^ vrai trésor de morale, sous^ tel point de yue quon envisage ce moi^umçnt anpcjwe K sacré! -, . . .! ^ ^ •. .

Hé! quoi de plus charmant, qae cette ôaïveté délicieuse A^Eugcnic-Pomielins !

que d'esprit & que de sens elle mec dans sa gaîté.

Croyez -vous que les refleîdons du Père Bras d* argent ne m'aient pas frappe aussi? Heureux & infortuné Vieillard, ta loqgue vie est sans-doute la recompense de ta vertu; mais qu'il ^^i dur de survivre à toiis les Siens!

On esc affligé, ;e l'avoue , de là ^urc correction cjc Pierre a Eilme son fils j pour une faute qui paraît légère ! Maïs :quand ensuite on trouve ce Maître inflexible, pleurant dans son jardin,- la tête appuyée contre un arbre, que les inains de son Fils ont planté; quand il ôte à ce Fils la bêche dont il remuait mïï •carré, & lui dit: w :-: MonFils, c'est assés de travail pour un jour; alez vous reposer ; je vais achever »*... Qui est-ce qui ne. voudrait pas supporter la dureté; four le dedomagement ? O saintes loix |de la nature î ce n'eàt que dans les Yilhi I qu'on s*efl&>ï€e de vous méconnaître!

Mon CoMpatridte , inettez-»moi toujours au rang de vos Amis Se de vos Admirateurs^ SU étatt vrai que vos grandes leçon« ne fussent que dans vos Livres , je vous plaindrais ; mais ces Livres n'en seraient pas moins précieux j Ils resteronc après vous ; savourez cep'en* dant les louanges que je vous donne , cair

elles panent d'une bouche amie de k vérité. Je vous ait fait preuve que k déguisement nét!aic pas dans mon caractère; & si vous aviez besoin d eti eue mieux convaincu , vous le seriez par une Bro** chure, que je prépare sous le titre de lettres impartiales sur les Coatemporaines, Vous verrez que je n/ déguise pas vos défauts, ni vos tprts: hé! pourquoi le ferais-je î vous ave» tant de qualités à vous , que vous n^avez pas be* soin qu'on vous en suppose! Adieu, mon Ami: y laissez, si vous lé voulez »

cette Lettre & les :precedentes sans réponses : vos loisirs sont précieux j voiw les consacrez à lamusement Se â Tinstruction publiques } j'irai puiser là avec tous les Autres : ne perdez pas un ma-; ment a vous entretenir avec moi.

On ne peut riea ajoutera cet éloge ^lerité.

L Un Médaillon à la tête de U / Part» repri* sentant Edme Restif à Tâge de près deyingt ans» pendant son séjour i Paris.

Ht Médaillon à la // Paru représentant Barbe . Ferlet, àrâgedeiTans» à son arrivée à Paris y d'après son portrait en mignatuxe. .

III. Frontispice de la I Paru JEdme Restif labourant les champsoù le bléd a péri en 170^ r , Son Père sur le seuil de sa porte dans le loin-i

taîn« L'art dbs arts*

IV • L'École tm vji.x.agb* LeMaitrè-d'ccolede

Nitri^ le jour de la rentrée en classe, fesant

Texamen de la conduite de ses Écoliers pendant

- les vacances. Edme Restif est le premier des

Enfans à droite* » Soyons bons ^ mes Enfans....

» rapproche de la mort est afireuse pour un

» méchant Homme y>. I Pan* p. 44

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