‹ La vie de N.-S. Jésus-Christ (volume 2)Chapitre 138 sur 589 · I.E JEUNE HOMME DE NA1M · texte numérisé non relu

I.E JEUNE HOMME DE NA1M

De plus , sur les tombeaux et les pierres sépulcrales on dessinait des os de mort; et ces peintures, lorsqu’elles avaient été effacées par la pluie, étaient renouvelées tous les ans avec des couleurs blanches , de sorte que , vues de loin, elles produisaient une impression terrible. Ce sont là les sépulcres blanchis auxquels Jésus -Christ compare les pharisiens. L’époque de ce renouvellement annuel tombait le 15 adar, c’est-à-dire dans le mois qui précédait la Pâque. C’était aussi le temps où l’on réparait les ponts détruits ou endommagés par les pluies torrentielles des derniers mois, où l’on travaillait aux chemins, où l’on restaurait les sources et les pavés des routes.

• Le Seigneur, ayant vu la mère, fut touché de com- « passion à son sujet, et lui dit : Ne pleurez point. Puis il « s’approcha de la bière et la toucha. Les porteurs s’arrè*

■ tèrent. » Les cadavres étaient ensevelis, ou du moins portés découverts, chez les Juifs. « Et Jésus dit : Jeune

• homme, lève - toi , je te l’ordonne. Alors le mort se leva

• et commença à parler ; et Jésus le rendit à sa mère. Tous

• furent saisis d’effroi; puis ils rendirent gloire à Dieu, en

■ disant : Un grand prophète a paru parmi nous; et Dieu

• a jeté un regard de grâce sur son peuple. Et le bruit de

• ce miracle se répandit dans toute la Judée et dans tous « les environs. »

Si Jésus-Christ, disent les incrédules, a ressuscité ici un jeune homme, là une jeune fille de douze ans, ceux qu'il a rappelés ainsi du tombeau doivent avoir vécu plus ou moins longtemps encore parmi leurs contemporains, comme des témoins irréfragables de sa divine puissance, et comme tels ils doivent avoir singulièrement attiré l’attention de ceux au milieu desquels ils vivaient. Comment

sc fait- il donc qu’il ne nous soit resté sur eux aucun document. Ce silence de l'histoire sur ce point ne nous paraîtra point inexpliquable si l’on se rappelle la ruine de

Jérusalem, qui a suivi tous ces faits, et qui en a comme

effacé la trace dans la mémoire des peuples, il nous est resté toutefois encore quelques documents historiques, qui témoignent de l’impression profonde que tirent, par le seul fait de leur existence, tous ces hommes que Jésus avait guéris ou ressuscités. Ainsi on a découvert, au xviie siècle, dans un cloître grec, le fragment manuscrit d’une apologie du christianisme qu’adressa à l’empereur Adrien un évangéliste, c’est-à-dire un messager de la foi , nommé Quadratus et contemporain des apôtres. C’est à cette apologie qu’Eusèbe, cet historien si exact, se rapporte par trois fois différentes, à propos des miracles de Jésus. Voici ses paroles : « Les actious de notre divin « Sauveur frappaient les yeux , parce qu’elles étaient « réelles; car ceux qu'il avait guéris et ressuscités étaient « visibles non -seulement au moment de leur guérison « ou de leur résurrection , mais encore pendant tout le « temps de leur vie; non -seulement pendant la vie ter- « restre de Notre -Seigneur, mais encore longtemps après « son ascension ; de sorte que plusieurs d’entre eux sont a restés vivants jusqu’à nos jours. » ( Hist ., m, 37, — v, 17.) Saint Jérôme , dans son Catalogue scriptorum , cap. \ 9, fait aussi mention de ce document.

Quadratus était disciple immédiat des apôtres, comme l’assure Eusèbe à diverses reprises dans sa Chronique, à la dixième année de l’empereur Adrien. Comme Agab, Judas et Silas, Ammias de Philadelphie et les prophétesses filles de Philippe, il était doué du don de prophétie. Bien plus,

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