DISCOURS PRONONCÉS DANS LE TEMPLE
« vous espérez. Car si vous croyiez à Moïse, vous croiriez « aussi à moi : car c’est de moi qu’il a écrit. Mais ne « croyant pas à ses écrits, comment croiriez-vous à mes « paroles? »
Pour la première fois donc les princes du peuple pensèrent à se débarrasser de Jésus par un crime * sous prétexte qu’il se disait semblable à Jéhova. Notre -Seigneur ne chercha point à leur prouver qu’ils avaient mal compris ses paroles; car il était vraiment le Fils de Dieu. Il se contenta d’exprimer son étonnement sur l’aveuglement de ces hommes qui scrutaient l’Écriture, et attachaient plus d’importance à la lettre et à des interprétations humaines qu’au témoignage manifeste de Dieu lui-même ; de ces hommes qui, après avoir envoyé consulter Jean et admiré sa réponse, fermaient opiniàtrément les yeux à la lumière. Ces caractères qui distinguaient les Juifs à cette époque, nous les retrouvons, hélas! chez les hommes de tous les temps et jusqu’à nos jours. Mais « qui- « conque juge d’après la lettre sera aussi jugé d’après la « lettre. »
Notre-Seigneur, dans ses discours, condamne ceux qui se séparent du corps vivant de l’Église, croyant trouver le salut et le bonheur éternel dans l’interprétation seule de la Bible. Celle-ci ne fait que rendre témoignage à celui qui est toujours présent et vivant dans son Église. Mais de même que les Juifs d’alors invoquaient la lettre morte et entendue à leur façon, pendant qu’ils songeaient à faire mourir le Christ, qui vivait au milieu d’eux, ainsi aujourd’hui encore tous les hérétiquçs cherchent à se débarrasser du Christ , qui s’est rendu vivant dans son Église , et qui manifeste incessamment en elle et par elle les
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secrets de la Divinité ; et ils s’imaginent le servir en s’attachant comme des esclaves à la lettre extérieure des livres saints.
« Or, les pharisiens lui ayant demandé quand viendrait « le royaume de Dieu , il leur répondit : Le royaume de
« Dieu ne vient point d’une manière visible : on ne vous
« dira point : 11 est ici , ou , Il est là ; mais le royaume de « Dieu est au dedans de vous-mêmes. » (Sam* Jean , v; — Saint Luc y xvii.) Saint Luc rattache cette provocation des pharisiens à la guérison des dix lépreux. Ce miracle et les autres qu’avait faits Notre-Seigneur devaient naturellement leur suggérer cette question ; mais ils croyaient que le Messie, quand il viendrait, descendrait au milieu des nuages du ciel, pour établir visiblement sur la terre son règne de mille ans. C’est pour combattre ce préjugé que Notre-Seigneur leur fit cette réponse, et leur dit que, s’ils ne changeaient pas leur vie, ils ne verraient point le règne de Dieu , et que la venue du Fils de l’homme ne leur serait d’aucun secours. Au reste , cette provocation des pharisiens n’est que le commencement d’une longue suite de pièges et de machinations par lesquelles ces hommes perfides et opiniâtres cherchèrent à compromettre Notre-Seigneur jusqu’à sa mort.