CHAPITRE XI
Compagnons de Jésus dans ses voyages. — Des femmes
qui raccompagnaient.
« Jésus traversait les villes et les villages, enseignait « dans les synagogues, et prêchait l’Évangile du royaume « de Dieu; et les douze étaient avec lui, comme aussi « quelques femmes, et parmi elles Marie de Magdala, « Jeanne, femme de Chuza, intendant d’Hérode, Susannc « et quelques autres, qui l’assistaient de leurs biens, i> Elles étaient ses diaconesses et le servaient, de même que plus tard saint Pierre était accompagné d’une sœur dans ses missions évangéliques.
Les sages et les docteurs juifs ne marchaient guère sans être accompagnés de leurs disciples, afin de pouvoir s’entretenir toujours avec eux sur la loi ; et souvent ces maîtres errants étaient suivis de femmes qui les servaient comme des sœurs. Il en était ainsi de notre divin maître. Couvert de la tunique brune de Galilée, les pieds chaussés de sandales de bois, ou de jonc, ou d’écorce de palmier, retenues et attachées avec des cordons de cuir, il parcourait humblement les routes de sa patrie terrestre, accompagné de ses disciples, qui devaient plus tard convertir l’univers. Ceux-ci n’avaient comme lui qu’une seule tunique , point de souliers, ni de bâton, point de sac pour le
COMPAGNONS DE JÉSUS DANS SES VOYAGES. 3ü*
voyage, ni or ni argent, ni même de monnaie de cuivre dans leur ceinture , à l’exception de Judas. Ils portaient seulement autour de l’épaule une bouteille d’huile, selon l’usage des voyageurs et des pèlerins en. Orient, pour oindre et fortifier leurs membres épuisés par l’excès de la chaleur. Lorsque Jacob voyagea en Mésopotamie , un bâton à la main, il portait de l’huile avec lui, et en oignit la pierre où il se reposa, près de Béthel, quand il vit l’échelle céleste, consacrant ainsi cette pierre comme un autel au Seigneur. Des rabbins disent, il est vrai, que les anges lui apportèrent du ciel une fiole d’huile. Le bon Samaritain portait aussi de l’huile avec lui , et il en oignit le pauvre blessé qu’il rencontra sur sa route, avant de le transporter dans une hôtellerie. 11 y a donc tout lieu de croire qu’il en était ainsi de Notre -Seigneur Jésus -Christ et de ses compagnons. 11 est certain du moins que plus tard les apôtres, dans leurs missions, portaient de l’huile avec eux pour fonction des malades.
Enveloppées dans un long voile, partie essentielle du costume des femmes juives, les compagnes de Jésus marchaient après lui. C’était, outre celles qui ont été nommées plus haut, Marie, la mère de Jésus; Salotné, mère des Zébédées; Marie Cléophas, mère de trois autres apôtres fils d’Alphée et frères de Jésus, et sans doute aussi les Nazaréennes sœurs de Notre -Seigneur, Estheret Thamar, dont la tradition ne nous a conservé que les noms. Elles formaient, avec Marthe, Marie de Béthanie et Marie Marc de Jérusalem , le nombre douze , correspondant aux douze apôtres.
LA ME i>L N. -S. JÉSUS-CHRIST.