GUÉRISON D’UN ÉPILEPTIQUE
Transporter les montagnes, c’était au temps de Notre- Seigneur un proverbe commun chez tous les Juifs pour exprimer une force et une puissance considérables. Ainsi , la légende rapportait que le grand Og avait lancé une montagne contre les enfants d’Israël , et que Samson avait arraché de la terre les collines de Zora et d’Esthaol, et les avait roulées l’une par-dessus l’autre. Mais comme dans la vie de Jésus tout est plastique et réel , en prononçant ces paroles il montrait sans doute à ses disciples le Thabor et la mer de Galilée. Le Thabor, en effet, est de 200 pieds plus haut que les montagnes environnantes. Il s’élève à 1,300 pieds au-dessus de la vallée, à 1,748 pieds audessus du niveau de la Méditerranée, et à 2,300 pieds au-dessus du lac de Gennésareth; de sorte que l’image dont il se sert en cette circonstance, quand il dit que la - montagne se jetterait dans la mer , n’avait rien que de très- naturel. — Mais Jésus, continuant, dit à ses disciples : « Ce genre de démons n’est chassé que par la prière et le « jeûne. » C’est ainsi que nous lisons dans la Vie de saint Antoine le Solitaire qu’un démon qui lui avait résisté ne peut être chassé que par saint Paul l’Ermite , à cause de la merveilleuse humilité de celui-ci. « Jean, prenant la « parole, lui dit : Maître, nous avons vu un homme qui « chassait les démons en votre nom, et nous l’en avons « empêché, parce qu’il ne vient pas avec nous. Mais « Jésus lui dit : Ne l’en empêchez point; car il est impos- « sible que celui qui fait des miracles en mon nom me « blasphème aussitôt. Qui n’est pas contre vous est pour « vous. »
Cet homme était sans doute un disciple de ces pharisiens qui, comme nous l’apprenons de la bouche de Notre-
Seigneur lui -même, s'occupaient à chasser les démons. Pour mieux réussir dans cette entreprise, iis s'étaient rais aies conjurer au nom de Jésus, comme nous le verrons plus tard dans les Actes des Apôtres. Il se faisait alors, en effet, tant de choses merveilleuses au nom de Jésus que le Talmud lui-même en raconte des exemples. ( Hieros . Schabbat , fol. xiv, 4. — Avoda Sara , fol. xl, 4.)