‹ La vie de N.-S. Jésus-Christ (volume 2)Chapitre 231 sur 589 · PASSAGE PAR LA DÉCAPOLE · texte numérisé non relu

PASSAGE PAR LA DÉCAPOLE

Sauveur, et dont les habitants s’assemblèrent particulièrement en ces jours autour de lui, comprenait dix villes, parmi lesquelles Pline compte aussi Damas. Ces villes, au fond, notaient point rentrées dans la possession des Juifs depuis leur retour de la captivité, et, quoiqu’elles fussent situées dans la Palestine, elles étaient restées aux païens. Elles avaient une constitution municipale particulière, et étaient unies entre elles par des liens politiques. Aussi les Juifs les voyaient d’un mauvais œil. L’historien Josèphc nous apprend leurs noms lorsqu’il raconte comment, dès que la guerre des Juifs commença d’éclater, ceux-ci se jetèrent avec fureur sur les villes païennes de la Syrie, et y mirent tout à feu et à sang. C’était Philadelphie, Sébonis, Gérasa, Pella, Scylhopolis, Gadara, Hippos et Gamala. C’est à Peila que les chrétiens cherchèrent un asile avant la ruine de Jérusalem. Les rabbins ajoutent à ces villes Capharzémach , sur les frontières de la Cœlésyrie ; Bethgubrin ou Gabara, à 40 stades de Jotapata, prèsdeZipporis et de Tibériade, l’une des principales villes de la Galilée; Caphar Carnaïm dans le pays de Basan. Cette ville était vraiment païenne, elle portait aussi le nom d’Astaroth Carnaïm , à cause d’un temple célèbre de la déesse phénicienne. Elle s’appelle aussi Camion Àtargation dans les livres des Machabées , à cause du culte qu’on y rendait à la déesse Dercéto. Il est certain que la Décapole comprenait plus de 10 villes, comme [on le voit déjà chez Pline. Àbila, entre autres, était considérée comme en faisant partie.

La Décapole , que Notre -Seigneur favorisa de sa divine présence, était située en face de l’ancienne Pentacole, que Dieu avait détruite dans sa colère. Les populations de

ces villes et de leurs environs , ayant appris que la vie de Notre -Seigneur était en danger, accouraient en foule vers lui. 11 y avait parmi eux et des païens et des enfants d’Israël. Ils venaient non-seulement pour l’entendre, mais bien plus encore pour le protéger contre les embûches dont ils le savaient entouré. C’était ce même peuple à qui Hérode avait enlevé son prophète Jean -Baptiste, et dont il craignait, à cause de cela, la révolte. Us voulaient défendre le Sauveur, et le préserver du sort auquel avait succombé Jean -Baptiste, ou bien encore venger la mort de celui-ci. Et en effet la vie de Jésus était menacée, et c’est pour cela qu’il avait pris des chemins détournés; c’est pour cela qu’il s’était séparé de ses disciples, et qu'il les avait envoyés ailleurs, afin de mieux rester caché. Depuis qu’il était descendu du Thabor, la souffrance avait commencé pour lui. Il n’y était monté que pour être fortifié par son Père céleste, et accomplir ensuite la seconde moitié de sa vie publique.

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