JÉSUS NOURRIT MIRACULEUSEMENT CINQ MILLE HOMMES
« multitude de peuple qui était venue vers lui, il en eut « une tendre compassion : car ils étaient épuisés et disa perses comme des brebis sans pasteur ; et il guérit leurs « malades. Ensuite il dit à ses disciples : La moisson est « abondante ; mais il y a peu d’ouvriers. Priez donc le « maître de la moisson qu’il envoie des ouvriers dans sa « vigne. Et voyant qu’ils n’avaient point d’aliments, il « dit : Voilà déjà trois jours qu’ils m’attendent, et ils n’ont « rien à manger. » Ils avaient, pendant ces trois jours, épuisé leurs provisions. L’histoire des Juifs nous offre de remarquables exemples de’ cette persévérance. Nous avons déjà vu plus haut qu’ils étaient restés une fois cinq à six jours sans boire ni manger devant le tribunal de Pilate à Césarée, le suppliant de faire disparaître de Jérusalem les enseignes des légions , qui étaientpour eux un objet de scandale.
« Mais comme le jour commençait à décliner, les douze « vinrent aussi à lui et lui dirent : Congédiez le peuple , « pour qu’ils aillent dans les bourgs et villages des envi- « rons trouver un gîte et des aliments; carie lieu ici est o désert, et il est déjà tard. Mais Jésus dit : Si je les ren- « voie avant qu’ils aient mangé , ils tomberont en défaii- « lance sur la route; car plusieurs d’entre eux sont venus « de loin. Et, se tournant vers Philippe de Belhsaïda, « qui était du pays, il lui dit : Où acheter du pain pour « qu’ils aient de quoi manger? C’était seulemeut pour a l’éprouver qu’il parlait ainsi ; car il savait bien ce qu’il « voulait faire. Philippe lui répondit : Deux cent deniers « ne suffisent pas pour acheter du pain de quoi lesnour- « rir, même en n’en donnant que peu à chacun. Mais les « autres disciples dirent: Où pourra- 1 -on, dans ce lieu
« désert, trouver du pain de quoi nourrir une si grande « multitude? 11 leur demanda : Combien avez- vous de « pains! Allez voir. Et lorsqu’ils l’eurent fait, André, « un de ses disciples et frère de Simon -Pierre , lui dit : « 11 y a ici un jeune homme qui a cinq pains d’orge et « deux petits poissons ; mais qu’est-ce que cela pour tant « de monde? Jésus leur répondit : Il n’est pas nécessaire « qu’ils s’en aillent; donnez-leur à manger. Et il dit : « Apportez- moi les cinq pains et quelques poissons, et « faites asseoir ces gens par rangs; car il y avait beau- « coup d’herbe en ce lieu. Ils firent donc asseoir la foule « comme il le leur avait dit. Ils s’assirent tous sur l’herbe » par tribus ou communes, ou comme cela se rencontrait, « par division de cent et de cinquante , et il se trouva « de quatre à cinq mille personnes. » C’était du moins l’estimation qu’avait faite dès le commencement Philippe. En effet, en supposant que chacun eût reçu pour un as de pain, la somme serait montée à 200 deniers ou à 90 fr. environ de notre monnaie.
« Jésus prit les pains, leva les yeux vers le ciel , rendit « grâces, les bénit, les rompit et les donna à ses dis- « ciples pour qu’ils les servissent à la foule. Ses disciples « les partagèrent au peuple. Il en fit de meme des pois- « sons, les bénit et les fit distribuer. Or, après qu’ils « eurent mangé et se furent rassasiés, il dit à ses dis- « ciples : Recueillez les morceaux qui sont restés ; et on « en recueillit tant qu’on en remplit douze corbeilles. » Chaque apôtre, allant à la ronde, remplit sa corbeille. C’étaient des corbeilles de voyage comme les Juifs avaient coutume d’en apporter avec eux lorsqu’ils allaient aux fêtes. Aussi Juvénal, parlant des Hébreux pauvres, dit que