‹ La vie de N.-S. Jésus-Christ (volume 2)Chapitre 272 sur 589 · LE CHKIST BON PASTEUR · texte numérisé non relu

LE CHKIST BON PASTEUR

« leur donne sa vie pour ses brebis ; mais le mercenaire, « qui n’est point le berger, et à qui les brebis n’appara tiennent point, abandonne les brebis et prend la fuite « quand il voit venir le loup, et le loup enlève et disperse « les brebis. Le mercenaire fuit, parce qu’il est merce- « naire, et qu’il s'inquiète peu des brebis. Je suis le bon « pasteur; et jfrconnais les miens, et les miens me con- « naissent, comme mon Père me connaît et comme je « connais le Père. Le Pcre aime le Fils, et lui a tout « remis entre les mains; et je donne ma vie pour mes « brebis. Mais j’ai encore d’autres brebis qui ne sont

« point de ce bercail : il faut aussi que je les amène :

« elles entendront ma voix; et il y aura un seul troupeau a et un seul pasteur. Mon Père m’aime, parce que je « donne ma vie, pour la reprendre ensuite. Personne ne « peut me l’ôter; c’est moi qui la donne de moi -meme. « J’ai le pouvoir de la donner, et j’ai le pouvoir aussi de

« la reprendre. J’ai reçu cet ordre de mon Père. »

Telle est la touchante allégorie du bon pasteur. Elle porte, comme tout le reste de l’Évangile, l’empreinte et le reflet des rapports qui existaient dans le pays à cette époque. En Orient, et encore aujourd’hui au mont Carmel, où les bêtes fauves, la panthère et le chacal guettent les troupeaux, et assiègent pendant la nuit les haies on les autres remparts qu’on oppose à leur voracité , les bergers , là même où les étables sont en pierre, peuvent à peine, au risque de leur vie et avec le secours de leurs serviteurs, repousser ces bêtes féroces. De là l’image où le Sauveur prédit à son Église les combats qui l’attendent dans la suite des siècles. Les mercenaires sont ces ministres de l’Église qui, se tenant à la lettre de la loi, sans en

prendre l'esprit, semblent avoir peur de faire trop, et. dans les circonstances les plus pressantes, restent insensibles au cri d’alarme qui retentit autour d’eux. Les étrangers sont ceux qui, n’étant pas appelés, n'entrent pas par la porte, mais viennent comme des voleurs et des meurtriers sous le prétexte de réformer l’Eglise, et dispersent le troupeau de Jésus-Christ au lieu de le défendre.

La maladie principale des brebis est la gale. C’est sous . ce nom que les Juifs désignaient les prosélytes ou les étrangers. Ils se nommaient eux -memes les brebis choisies, et partageaient en trois classes ces étrangers qu’ils appelaient la gale d’Israël. Les uns étaient les prosélytes de justice. Us recevaient la circoncision, et devenaient tout à fait Israélites. Les autres étaient les étrangers de la porte. Ils avaient le droit de demeurer en Israël; mais iis restaient incirconcis, et n’étaient tenus qu’aux sept commandements de Noé. Enfin, le nom de mercenaires était donné à ceux qui servaient en Israël pour une récompense, et c'étaient les moins estimes. Au reste, beaucoup de Juifs croyaient que ce qu’il y avait de mieux c’était d'exclure de l’alliance tous les païens qui n’étaient pas du sang d’ Abraham, et tous les apostats, afin de conserver ainsi le troupeau d’Israël. Mais de même que le grand nombre d’aveugles qui existaient à cette époque représentait d’une manière symbolique l’aveuglement spirituel dont le peuple juif était frappé, ainsi les lépreux , si nombreux alors, étaient comme le symbole de la corruption qui infectait l’Église et l’État. C’est pour cela que Notre- Seigneur reproche aux membres du grand conseil d’être des loups, des voleurs, des meurtriers, des étrangers et des mercenaires en même temps, au lieu d’être des ber-

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